Hummer de mai: j’écris ce qui me plait

Ce billet d’humour et d’humeur va être complètement décousu (de fil blanc). Je pose en vrac mes idées là, pour pas qu’elles se barrent à Kouda. 

Je regardais ces petites meufs, iphones à la main, selfiant à tour de bras, gloussant pour les beaux yeux d’un Kevin ou d’un Kendji, dans leurs jeans savamment troués. Comme un réflexe m’est venu: « Pfff, je portais les mêmes à 15 ans » avant de me souvenir que ma mère m’avait dit exactement pareil à cette époque. Rien ne change au fond, on évolue, le mascara quand il coule s’enfonce un peu dans les rides, on continue à glousser pour les beaux yeux d’un Laurent ou d’un Thierry, sauf qu’on ne porte plus de jeans troué.

Le temps passe. Le temps file. Le temps fait tout: il apaise, rassure, colle une furieuse part de doute aussi: comment je serai dans cinq ans, dans dix ?

Je n’en sais rien, et c’est tant mieux.

En attendant, je gère le présent. J’ai moins écrit ici, parce que … J’écrivais.

Logique pure: des trucs d’aubépine (de cheval), et de melon, mais aussi d’autres machin. Si tout se déroule sans accroc, je devrais gribouiller une chronique vin chez Elle France chaque semaine. coupcoup

Bien que la première soit parue, et les suivantes programmées, j’ai encore peine à croire que c’est réel. Bon, ça me passera. OU pas. L’incertitude évite le piège de l’ennui, j’imagine. Elle permet de se laisser encore surprendre, à aimer la rectitude, le classicisme d’un bordeaux bien fait. Un listrac-médoc, exactement. Le chateau Fonréaud pour être précis. Sans grande découverte, mais avec le plaisir d’une certaine familiarité. Dégusté seul, il aurait sûrement été à son affaire sur des petites côtes d’agneau grillées. unnamed

Bordeaux toujours, le Jaugueyron.

jauguey

Bouteilles choppées sur un site de vente aux enchères: les malheureux ne savaient pas ce qu’ils laissaient partir à vil prix: une suavité, du fruit, un élevage encore un peu présent mais qui – après un repos dans ma cave, du moins si j’arrive à ne pas y toucher – devrait être fondu totalement. C’est joli, c’est classe, c’est du bordeaux.

Après les classiques, les hurluberlus. Quentin en est un fameux! Ses vins appellent à rigoler, à se détendre, et à …

sec

Bon, j’avoue, c’est osé ! Mais zut, que serait le vin s’il ne nous poussait à jouir de la vie, dans ses grandes largesses. Le temps passe, et bizarrement, on ne trinque plus quand on est mort. Alors c’est maintenant là, tout de suite qu’il faut profiter: voilà un chenin qui vous déshabille, et qui se met à nu très vite. Simple, de soif, sans se prendre le chou on vide la septante-cinq en moins de deux. Beau boulot, le sec! rosé

Le rosé n’est pas moins bien: charnu, tenu, il donne vite son joli corps framboise, claque sur la langue sans péter plus haut que son cul, bien qu’il soit de la haute… Couture ! Un nom de parcelle qui lui va bien au teint de pêche. Bravo Quentin ! (il vient de fêter les un an du Sot de l’Ange, et bravo, le bébé marche d’un pas bien assuré, déjà).

morgonMorgon est une mine: j’y trouve souvent mon bonheur, en lettres capitales. Ici, foin d’encre bleue: le nez est pétant de fraise, et il évolue vers une pointe de poivre. En bouche, c’est tendre, c’est vrai, ça ronronne et on prolonge idéalement jusqu’à la dernière goutte qu’on regrettera, ha. Goûter à ce plaisir là c’est laisser courir sa paume sur le dos élastique d’un félin endormi. Chamonard – le Chat- c’est bon, buvez-en.

J’en reviens à mes petites meufs, figeant leurs duckfaces sur des photos qu’elles regarderont peut-être avec horreur ou amusement dans quinze ans. Le regard en arrière est toujours un mélange de consternation – mon dieu j’ai porté des hauts fluos et des fuseaux* ?- et de tendresse pour celle qu’on n’est plus.

Les adolescentes sont des créatures fascinantes. Comme les vins pas finis, ou pas encore prêts. On leur souhaite le meilleur, on se moque gentiment de leurs pas de travers, on sait bien, on espère que tout finira bien.

sttrop

 Un jour, toi aussi, tu seras une petite meuf ado. Je ne sais pas ce que la mode ou les copines te feront porter comme fringues. Peut-être enverras-tu le monde chier et t’habilleras-tu selon tes propres goûts. Je sais qu’on passe tous par une phase grégaire: on aime ressembler aux autres, appartenir au clan, qu’il soit celui des jeans troué ou des hauts fluos. Au fond, je souhaite que tu aies l’énergie pour envoyer bien se faire cuire le cul ceux qui t’emmerderont majuscule, ou qui t’obligeront à rentrer dans un moule. Mais ne grandis pas trop vite: le temps s’enfuit si vite, plus vite que les anges ne prélèvent leur part d’ivresse.

* le fuseau est l’ancêtre du legging, lui possédait en sus des élastiques à glisser sous la plante des pieds, jamais compris le concept. 

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2 réflexions sur “Hummer de mai: j’écris ce qui me plait

  1. Très bien vu pour Clos du Jaugueyron.Je connais et déguste ce vin depuis plus de 10 ans. Vous ne serez pas déçue même sur un millésime moyen.D’ailleurs les copains Alternatifs de Rennes( Christophe et Guy) proposent ce vin.Si vous avez l’occasion gôutez le Margaux,c’est énorme.Michel Théron est un grand vigneron. Tant qu’à Chamonard,c’est un rafraichissement de haute tenue.
    Bernard

  2. T’as jamais compris le concept du fuseau ? Ben banane, c’était pour qu’il ne remonte pas, qu’il soit bien étiré et qu’il n’y ait absolument jamais aucun pli ! tant de valeurs qui se sont perdues depuis…

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