Sur les ailes d’un papillon

papiUne petite humeur du week-end, vite torchée parce que la vie va vite. Trop? A la démesure.

On passe du rire aux larmes en trois secondes: qu’importe qu’une rencontre ne soit, n’aie été que virtuelle. Un sourire nous a transpercé, un jour. On a suivi le combat, on a imaginé les petits poings serrés, les mâchoires idem. On n’a pas pu comprendre, pu qu’imaginer la douleur, la force, le courage, qui peut à moins de le vivre?  Il n’y a plus rien à dire, aucun mot ne sera suffisant pour consoler. Il faudrait des bras, et des baisers, et des regards: il les faudrait légers et beaux comme le bruissement d’ailes des papillons. 

La vie va vite.

Trois ans à écrire ici, presque. Du partage, des bouteilles, des coups de gueule, de l’amour, de la vie: plein!

Ecrire est un refuge, une arme, un confort, un plaisir, une nécessité. Ecrire m’a toujours parlé: alors imaginez la fierté quand on vient me chercher « Hé toi, t’écrirais un billet pour nous? ». Qui plus est quand je suis libre du sujet. Je trouve  ça inouï qu’on me fasse confiance, pour de vrai. Ces papiers qui me font me creuser le ciboulot, parce qu’il faut respecter des règles, des histoires de signes, être pédago et aussi rigolote me font prendre un pied, vous n’avez pas idée.

La vie va vite.

Je goûte à certains vins comme des secrets. Je plonge mon nez dedans, je voudrais les garder pour moi tant ils me ravissent, tant égoïstement je voudrais être seule à les savoir. Les vins d’Ariana sont déjà très connus des amateurs. Damned, encore raté. L’Italie a mes faveurs et mon amour depuis longtemps, ses blancs m’ont souvent surpris. Celui-ci m’a retourné.

sp68

Domaine Occhipinti, terre siciliane, SP68 (cépages albanello et muscat d’Alexandrie, alexandra)

Imaginez: vous êtes là, au beau milieu d’amandiers et vous croquez dans une pêche blanche juteuse. Le soleil plombe votre front, jusqu’à ce qu’une légère brise se lève et agace une mèche de cheveu. On est à ce point d’été où tout languit et vit au ralenti.

On vous tend un verre, et c’est le meilleur truc que vous ayez jamais goûté: la sensation qui inonde vos papilles est indescriptible: comme si une par une, elles étaient revigorées, rafraîchies, excitées. La soif ne vous tient plus, ne reste que le plaisir et l’amertume d’arriver bientôt au bout.

Ce vin, c’est ça: fleuri et fruité au nez, il  est en bouche d’une extrême netteté, droit au but, long avec une finale amère grandiose.

La vie va, mal ou bien, toujours trop vite.

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3 réflexions sur “Sur les ailes d’un papillon

  1. Trop vite, en effet. Un jour, je prendrai le temps de vous écrire sur ce sujet et ce qui se ressent comme une contraction de la mémoire. Le temps devient un battement d’aile ou de cils.
    J’ai récemment bu un Occhipinti rouge (2011 ou 12, je ne sais plus) et ce fut un grand bonheur.
    JM

  2. Rouges et blancs sont merveilleux à cette adresse;c’est le genre de vin que l’on a envie d’ouvrir même ou plutôt après une dégustation de cab francs un peu difficile et frustrante….Enfin l’ambiance était super ,détendue , conviviale.C’est normal c’était chez les Ligeron à Rennes,à « Un Midi dans les Vignes ».Et pourtant beaucoup avaient et j’en suis sûr de la peine mais il n’y a plus rien à dire comme le souligne l’auteure de ce beau texte.
    Bernard.

  3. Sans parler de Arianna elle même. Pour l’avoir rencontré hier à Houston (si si) c’est quelqu’un d’extra avec un gros coeur et qui veut toujours parfaire ses vins, ce qui ce ressent dans toutes ses cuvées. J’adore!

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