Brosé in arms

menenough

Instagram @leo_eat.capture.write

Ce matin, je découvre le terme « Brosé ». La tendance à décréter des normes et des modes en reprenant des mots existants ou en les customisant (cf les hipsters devenus depuis peu yuccies) ne cesse d’être un ravissement. Néanmoins ce terme ne manque pas de m’interpeller, comme tout ce qui touche de près ou de loin au vin. Bro-sé est astucieusement formé des termes « bro » (de brother, le pote ou l’ami voire simplement un individu mâle) et de rosé, je vous fait pas un dessin: le brosé est donc le rosé des mecs.

schar

Instagram @broseseason

Bien évidemment, google est mon ami, et je cherche des explications complémentaires. Le phénomène semble très localisé aux états-unis (mais je ne doute pas que cela parvienne jusqu’à nous un jour, il semble que d’autres anglophones soient déjà dans le bain).

C’est devenu cool, hype, tendance, bath pour les mecs de boire du rosé aux states? C’est marrant, ça… et si on cherchait pourquoi?

D’abord, et il semble que ce soit une tendance générale aux états-unis, le rosé est de plus en plus consommé: en 2013, la consommation a grimpé de 40%, et d’encore 25 % en 2014. A eux seuls, les américains éclusent 12 % de la production mondiale. Et les mecs dans tout ça? Ils représentent 45% des buveurs de rosé, hé ouais.

C’est la nouvelle obsession amerloque: du rose très pâle au pink intense, du fuchsia au presque rouge, le rosé s’affiche. Reste à progresser encore, et à conquérir voire fidéliser encore plus les consommateurs, a fortiori les mâles.

Oui mais: le rosé aux états-unis, c’est avant tout dans l’esprit du mâle alpha une chose doucereuse, sucrée, légère, merci le zinfandel rosé. La bière, c’est un truc de bonhomme: pas le vin, et encore moins le rosé. Comment conquérir encore plus de parts de marché et en faire un truc juteux?

Mettons-nous à la place d’un marketeux quelconque: appelons-le John-Paul Tweed.

John-Paul est loin d’être un con, il analyse parfaitement pourquoi les mecs ne boivent pas autant de rosé que les filles: la peur de perdre ses couilles, au moins symboliquement. D’être assimilé à une gonzesse, ou pire (comprendre: un homosexuel).

En premier, il faut donc casser l’image du rosé lui-même: introduire de vrais bons vins rosés, secs mais fruités, bien équilibrés. La partie la plus facile du job: la France ou d’autres pays n’en manquent pas, on peut y aller franco (de porc).

Ensuite il faut convaincre: non, le rosé c’est pas un vin de femme (et encore moins de « tapette », de « pédale » et autres épithètes gracieux). On ne perd pas son permis de masculinité en en buvant, on reste même parfaitement hétérosexuel (scoop).

Qui aurait cru que l’enjeu de la virilité se niche encore dans un verre de rosé? Étonnant, hein?

inst

Instagram @roseseason

Pour dé-féminiser le rosé, voire le rendre moins « gay », il faut donc lui créer une image virile: understood, bro?

Brosé.

Bro-sé.

Explorons?

On passe vite du « bro » à « real men drink rosé »

When offered a beer it takes courage for guys to choose a glass of wine instead, and even more strength for said guy to accept a glass of pink wine.

Du courage. Il faut du courage aux mecs pour choisir du vin à la place de la bière. Petits choux.

« Les hommes réalisent enfin que le rosé est le meilleur (des vins).  » dixit cet autre article.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s