Bruxelles, ma belle!

gueuze
Dans un souci constant d’entretenir les relations amicales entre les peuples de Belgique, et de renforcer nos liens, il m’arrive d’aller à Bruxelles. Peuples avec un -s, pas moins car oui, un bruxellois – ou brusselleir- est aussi fondamentalement différent d’un liégeois (un lidjeù) qu’un stoemp d’un boulet. Qu’un waterzooi d’une gaufre au sucre. Qu’un zennepot d’une cùte peùre.

Les accents, déjà, le vocabulaire ensuite. Mais heureusement nous nous accordons sur deux choses: l’humour et la bouffe. Belges après tout.

Monter à Bruxelles, c’est faire preuve d’une volonté sans faille et d’un courage hors-du-commun! Songez: une heure de bagnole AU MOINS, des embouteillages, et pour couronner le tout, un nouveau plan de « mobilité » mis en oeuvre le matin même (blague très belge: les plans de mobilité servent en premier à créer des files monstres et donc à immobiliser l’automobiliste qui tenterait de prendre ça pour un cadeau: « le centre au piéton, ailleurs les bouchons »).

On mérite donc bien de se faire plaisir !

J’ai trouvé le lieu parfait: en préambule, il m’arrive assez peu de m’extasier du début à la fin dans un resto. J’ai toujours – mon côté flamand- quelque chose à redire et à pointer. Sauf qu’ici, je n’ai rien à reprocher: peau d’balle. brigi2

Les Brigitinnes ce sont de petites Brigitte?

L’humour du fiston: on se demande de qui il tient. En fait, ce galopin n’a pas tort: les Brigitinnes sont un ordre religieux (et cela vient de sainte-Brigitte). Quant aux marches de la chapelle, attendu qu’on est:

  • place de la Chapelle
  • qu’il y a une église en face

je vous laisse deviner pourquoi ça fait partie du nom de ce bistrot.

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Recommandé chaudement par Patrick (merci, fieu), l’endroit quand on y pénètre en met plein les mirettes. On fait un bond de quelques dizaines d’années en arrière, un temps où Bruxelles brussellait.

Le service est souriant, amène, et discret. La carte n’est pas très longue (un seul menu), mais il y a du choix.  Un jambon-melon  pour le grand est vite englouti, des pieds de cochon dépiautés avec gourmandise par mon barbu, la petite savoure un oeuf mollet-crevettes grises et poireaux…

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Je ne sais si c’est la chance, la génétique, l’éducation ou un mélange de tout ça: les gosses adorent manger « comme des grands » et je crois qu’on kiffe autant qu’eux de les voir goûter, et apprécier.

Et mon entrée?

Attention: la déclaration ci-après pourrait choquer les âmes sensibles, remettre en cause pas mal de choses, faire vaciller l’Italie sur ses fondements.

J’ai mangé la meilleure tomate-mozzarella de toute ma vie: onctueuse, croquante, fraîche, cuisinée, acidulée… Il y avait une palette complète de saveurs dans l’assiette, terminée -c’est amusant- devant moi en salle.

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Au plat de passer sur le grill: un vrai tartare au couteau relevé de gingembre pour le barbu ravi, du cabillaud avec plein de légumes pour fiston, quant à moi une joue de veau tendre et fondante. « C’est le propre de la joue de veau » me dit-on: j’ai du en rencontrer de très sales alors…

Cuite dans la Cantillon, c’est parfumé, savoureux: bref c’est bonheur dans yeule.brigi3

L’accompagnement est au top, aussi: à noter la carotte! Quelle carotte.

Le dessert sera un classique sorbet framboise pour les mômes, une crème brûlée bien exécutée pour l’homme et une assiette de fromages affinés comme il faut pour moi (avec du HERVE, non di djù!). brigi4Elle est servie accompagnée d’une cantillon: ce qui a porté mon compteur à deux gueuzes le même jour, incroyable tous ces efforts d’intégration, oufti!

En réalité, était-ce la chaleur, l’ambiance, ou le fait qu’elle soit servie au fût: je l’ai trouvée délicieuse la gueuze, moins dérangée par l’acidité que d’habitude. Comme quoi, y a que les imbéciles qui…

Un mot sur le vin tout de même: un marsannay 2012 de Sylvain Pataille, impeccablement servi (bonne température et carafé): malheureusement la bouteille a été évacuée avant que je la prenne en photo, il faudra se contenter de sa jolie robe. brigi5

Le vin en un mot: dé-li-cieux. En un peu plus: un vin à la fois puissant et tendre avec de la complexité, du fruit, un nez parfait. Encore!

Pour résumer: la cuisine est une vraie cuisine de bistrot. De bons produits, travaillés au plus frais et au plus près, une carte des vins joyeuse, de très belles références « nature »(avec un gros penchant pour le riesling alsacien, tiens tiens).

Le seul bémol, les prix très « bruxellois », mais quand on aime…

De passage à Bruxelles, courrez-y ! Loin des attrape-touristes, voilà la bonne adresse à se refiler entre initiés.

LES BRIGITTINES – AUX MARCHES DE LA CHAPELLE – Restaurant De Brasserie 

Place de la Chapelle 5 – 1000 BRUXELLES CENTRE 02.512.68.91

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2 réflexions sur “Bruxelles, ma belle!

  1. Je confirme la belle adresse et la belle cuisine qui ne se prend pas la tête mais nous régale !
    À recommander sans retenue.

  2. Nous l’avons essayé il y a quelques mois et ce fut… une vraie déception. Les plats proposés n’étaient pas à la hauteur du prix : je me souviens notamment de couteaux qui avaient cuit dans un bouillon et qui étaient sans goût. Comme dessert, je me souviens aussi d’un tiramisu assez étouffe-chrétien. Sans parler de l’attitude bizarre du chef qui n’arrêtait pas d’aller et venir dans la salle, comme s’il surveillait les clients.
    Cela dit, ils ont peut-être changé et tant mieux si tout était délicieux pour toi!
    Les fromages (s’ils n’ont pas changé de fournisseur) viennent de chez Catherine qui a son magasin à la rue du Midi, une des meilleures fromagères (si pas la meilleure) de Bruxelles!

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