L’hummer du samedi: triple boum

Allons bon, voilà que wordpress me propose d’écrire « sans distraction »: plutôt rigolo quand on sait comment je rédige. Entre deux averses, trois cafés, un « maman, elle est où ma DS », quatre claquement de portes… Bref c’est l’humeur du samedi, back dans vos bacs (à fleurs). J’ai le mood primesautier et positif, en ce moment: le soleil, l’été, les gens, les amis? Une conjugaison parfaite: pourvu que ça dure. Ce sera donc un billet d’humeur sans gueulante et râlerie, c’est ouf, je sais. Causons vrai.

coulée

Mas Coris, cabrières, la Coulée douce 2014

Parler d’amour, parler d’amour d’accord mais d’amour tendre alors! C’est une -encore jeune- femme pétillante. Du moins, c’est comme ça que je la vois ma Véro… L’oeil malicieux, celle qui n’oublie jamais de vous faire sourire le matin, malgré ses (petits ou gros) tracas. Celle qui est amoureuse, au moins autant de son coin de Languedoc que de Jean. C’est un bonbon.

Je sais, pour en avoir discuté avec elle, à quel point elle tient à ce qu’on percoive son rosé pour ce qu’il est: du vin! Pas un ersatz pâle et pas folichon, pas une cochonnerie à servir sur glaçons. Un vin.

Je dois vous dire qu’elle a mille fois raison: la coulée douce  dans sa robe saumon commence en douceur: des petits fruits rouges en appetizer font friser les narines, saliver les papilles, les lèvres s’entrouvrent… La bouteille (se)  descend  à vitesse grand V, tant la coulée est délicate, fraîche, joyeuse. C’est un rosé qui n’oublie pas sa fonction première, désaltérer tout en gardant suffisamment de jolies choses sous le pied pour ceux qui veulent prendre le temps de l’analyser.

Pour les techniciens: assemblage de cinsault et grenache, mûris sur schistes gréseux (ou schistes carbonatés).

Pour les esthètes: Vas-tu finir ton verre, parce que sinon, moi je le fais.

Très belle bouteille, madame! (et monsieur J, sinon elle va râler).

Tout autre chose, une première fois pour ce domaine, et un rouge surprenant. Si je vous dis coteaux-d’aix-en-provence, vous imaginez bien sûr des rosés presque transparents, parfois des blancs épicés…

chateaub

Chateau Bas, coteaux-d’aix-en-provence, Alvernègue 2011

Pourtant là, on a de quoi s’étonner: un rouge avec un nez charmeur, tout en rondeur. La bouche est pleine de fruits, veloutée, intense, et en fait un compagnon de route adéquat pour une belle entrecôte ou même un magret.

Pour les techniciens: cette cuvée Alvernègue est issue de grenache, syrah et cabernet, sur sol calcaire, et le vin ne voit pas  le fût.

Pour les esthètes: cette quille est ce qu’il faut sortir en cas de grosse soif de rouge, et on voit vite le fond du verre.

Je vous salue, Marie.

(prénom de la vigneronne, c’était hyper fastoche, mais fallait la faire, désolée)

Et maintenant, pour quelque chose de complètement différent: direction beaujolais.

Je crois que j’ai dégotté  un authentique allumé: au sens le plus noble du terme, allez pas croire que j’irais reprocher ce genre de choses à quelqu’un (regardez qui parle). Il aurait tout pour (m’) agacer.

  • Le mec fait des photos sublimes, déjà, ça énerve, les gens doués.
  • Le mec tient un blog, aussi. Il y a son langage, ses rythmes, et de l’inventivité (présenter les vins du Rhône avec des chanteurs de rap, fallait l’oser). C’est énervant, les gens qui ont une plume.

Manquerait plus qu’il fasse du bon pif.

david

Domaine David Large, beaujolais-villages-blanc, dos Argenté 2014

Ben… c’est le cas! Y m’énerve!

Ce dos argenté est une grosse méga-claque dans la gueule, qui laisse des traces et tout et tout: au moins équivalente à la découverte, sous des pochettes cheloues et fluo de ton premier 45Tours de Bowie. Si tu as moins de trente ans, que t’as pas connu les tâtonnements pour mettre l’aiguille bien en place , le micro-sillon, le scraaaatch quand tu te foires, le « je me remets Sound and Vision au début », avance rapide, retour auto connait pas, le corps penché à 45° pour placer le diamant comme il faut et pas perdre 15 secondes de chanson, le drame quand t’as une gratte sur ton beau vinyle, … t’as raté un truc.

Beau comme Bowie: ça te gratouille et ça te retourne, c’est aigu et mélodieux, c’est pop et somptueusement sauvage, il y a quelque chose d’éminemment classieux autant qu’étrange. Le vin pareil: fluide, comme une anguille il glisse, nerveux, ça allume des trucs dans ton cerveau, électrique. T’as pas du goûter ça souvent, du beaujolais blanc. Du clapant comme ça, encore moins.

Revenons à notre vigneron, David, dont je dois encore goûter d’autres vins. Rapport illico quand  c’est fait promis. Mais déjà, rien que pour son dos argenté, ça valait grave de s’y intéresser.

Pour les techniciens: du chardonnay on est en beaujolais blanc, fieu. Sans malolactique, tout cuve, tout schuss.

Pour les esthètes: bois ça, nom d’une pipe en bois!

Dans un esprit de vengeance sournoise, parce qu’il m’éneeeeeeerve,  j’ai même pas pris la peine de chercher une photo de bouteille avec une étiquette mieux collée sur le net. On n’aura qu’à dire, que voilà, on lui a trouvé un défaut, au mec.

Trois belles bouteilles pour passer le week-end, buvez-bien, coulez-vous la douce, soyez un peu fous, et n’oubliez pas d’écouter Bowie. C’est jamais trop.

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Une réflexion sur “L’hummer du samedi: triple boum

  1. Là ,je dois dire que çà déménage, çà secoue mes vieux neurones, mais surtout il alerte mes papilles, me fait mourir de soif de vrai, de jus rouge ou blanc, de vieille paysannerie, même de rap!!!!
    Formidable blog!

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