Qui m’aime me Suisse!

Parlons peu mais parlons bien: je ne suis pas du tout contente après vous. Pas du tout, du tout.

Quand je dis « vous » c’est la France, les français, les cavistes tout spécialement…Pourquoi est-ce que personne -ou presque- ne s’intéresse aux vins suisses? 

« Bah, concurrencer des vins français avec des vins qui y ressemblent mais beaucoup plus cher, normal que ça déchaîne pas les foules » 

ou

« Il y a des vins suisses? C’est comme les vins belges, ou bien? » 

Ces deux tirades font partie des phrases que j’ai entendues quand je m’en étonnais. Alors, d’une, la Belgique et moi on vous dit prout: même si nous ne brillons pas exactement au firmament des productions oenologiques, on a tout de même quelques vins qui valent un peu plus qu’un pet de lapin.  De deux, les vins suisses et les vins français ont à peu près autant en commun que moi et disons… Lorie?

Prenons au hasard, ceci:

arv

Très franchement, petite arvine, ça vous évoque quoi comme vin français? Hé ouais, gros malins. Le vignoble suisse a ceci de particulièrement génial qu’y subsiste bon nombre de cépages rares/ oubliés/ uniquement produits en Suisse. Issus de croisement comme le gamaret, ou originaux comme les humagnes blanches et rouges, ils permettent de découvrir un panel de vins complètement fous. Des blancs secs et cristallins, plus minéraux ou plus gras, des rouges puissants, charnus ou légers comme un bas de soie, sans compter l’infinie palette des doux.

La Suisse, le vignoble suisse mérite qu’on se sorte les doigts du fion (insérer ici une blague avec Fendant de Sion).

Ce vin-ci  est fait au domaine Henri Valloton, dans le secteur de Fully.

Fully c’est un peu de 300 hectares de vignes dans le Valais où dominent en blanc chasselas, petite arvine, johannisberg, humagne blanche… et en rouge gamay, pinot noir, syrah, cornalin, diolinoir, gamaret, durize…

Le terroir est plus spécifiquement du gneiss, associé aux granites, et par endroit, rougi par l’oxyde de fer. Certaines parties sont plus riches en calcaires, mais la grosse particularité de Fully, c’est une alternance de crêtes et de vallons, avec des pentes relativement fortes.

C’est un vignoble assez « jeune » en terme d’AOC, puisque celles-ci datent de 1991 dans le Valais, pour application en 1992.

Ca, c’est pour situer en gros. Henri Valloton possède environ huit hectares sur le secteur, où il vinifie blancs, rouges, et vins doux (surmaturés).

La petite arvine, devenue de nos jours un sex-symbol valaisan, a longtemps été délaissée aux profits d’autres cépages. Connue depuis plus de quatre siècles ici, son origine n’est pas franchement certaine. Cépage un peu tardif, exigeant, elle donne à ceux qui savent lui causer des vins expressifs, minéraux, et longs.

Ok, très bien, et ça goûte quoi?

L’arvine est une jolie demoiselle en robe or pâle. Elle laisse dans son sillage un parfum frais, où le citron invite à croquer la peau, où la sauge titille le nez et fait saliver. Son baiser est doux, tendre, le sel de la salive et le fruit délicat mêlés, c’est un de ces moments jolis et presqu’inracontables, tant le vin est devenu plaisir.

Avec quoi on peut le boire? 

Avec un verre, c’est déjà pas mal. Sinon, on lui réserve un poisson de rivière avec quelques amandes, et paf, le tour est joué.

Et puis? 

Cavistes je vous en conjure, sortez un peu et allez goûter les vins suisses. Okay, les prix en sont un peu élevés, et y a pas beaucoup à vendre, mais s’ouvrir les chakras du palais, ça fait pas mal au cul.

Clients des cavistes, tannez-les pour qu’ils en goûtent et vous en fassent profiter. Ben oui. Des fois, le caviste est un peu dur de la feuille, faut insister.

Santé? Santé!

 

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4 réflexions sur “Qui m’aime me Suisse!

  1. c’est effectivement pas simple d’en avoir faut aller en suisse car pour trouver un mec qui te les vend ben c’est pas fastoche et quand , d’aventure , tu trouves , tu casses le PEL
    Aprés, comme tu dis, faut faire des choix et effectivement c’est pas celui là !
    dans cet article le cul semble te démanger t’as eu un blem avec les prix ?

  2. Prix « un peu élevés » ? Huhuhu …
    J’organise régulièrement des dégustations pour des « néophytes », lors de la dernière session on s’est baladé en Suisse/Autriche/Allemagne. J’ai eu beau leur montrer plein de photos du vignoble valaisan, leur expliquer la penibilité du truc, je crains que le rapport plaisir/prix des 2 cuvées bues (le Fendant et la Dole de MT Chappaz ) leur soit resté en travers du palais …

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