Virée en Ritalie: les Dolomites, au zénith

12195035_861577520624889_7556301847803030480_oJ’ai très envie de vous raconter ces quelques jours passés dans les Dolomites. Mais comme je le disais à cette Ritale en Chef de Flonot, j’ai très peur de passer mon billet à écrire COMME CA PARCE QUE NOM D’UNE PIPE EN BOIS J’AI GOUTE AU MEILLEUR RISOTTO ALLA ZUCCA DE MA VIE.

C’est juste un exemple.

Hem.

Ceci posé en guise d’avertissement, attaquons. Les Dolomites sont un massif des pré-Alpes, qui s’étendent en Italie sur les régions Alto-adige, Trentino et Veneto. On va laisser les gondoles, ce n’est pas le propos et puis c’est peu pratique, et souligner qu’elles sont classées au patrimoine Mondial par l’Unesco. Pas les gondoles, les Dolomites, hein.

Autant le dire de suite, c’est beau!

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de la vigne!

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Chat blasé par les touristes

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Fresques qu’on retrouve un peu partout sur les maisons et églises

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A Castelrotto

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Encore des vignes

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Ici, on sculpte. Y a plein de bois, et l’hiver est long, donc on suppose que c’est l’explication à la spécialité du coin

 

Et je me retiens de pas vous balancer l’intégralité des trois cent  cinquante-quatre clichés que j’ai pris, sans talent ok, mais avec tout mon coeur.

Bref la région est assez incroyable:

  • si on a le coeur bien accroché: c’est la montagne. Donc ça implique des cols, des routes qui sinuent et serpentent, des à-pics, des « je crois qu’on va crever au secours ». Ceux qui savent mon appréhension du vide, savent.
  • si on aime manger: partout, je dis bien partout, on a toujours super bien mangé. Jamais pour très cher, en plus. Et putain de merde ce risotto all’zu… mais je vais trop vite.
  • si les langues ne posent pas souci: en effet ici, on parle autant -si pas plus- allemand qu’italien. Ne maîtrisant aucune des deux, j’ai beaucoup utilisé l’anglais. Et les mains, bon.
  • si on aime la variété des paysages. Entre Ortisei, où nous séjournions région purement « montagnarde » où le ski et la rando sont rois, et où tu croises trois vaches tous les cent sapins, la région de Bolzano où tu vois de la vigne à foison, et la descente vers le lac de Garde qui d’un coup devient presque méditérranéen, avec ses oliviers et ses abricotiers, t’en prends plein la tronche de beauté.
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c’est bien un palmier. UN FUCKIN’PALMIER

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Admirons le photobombing

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Le touriste a les mêmes habitudes à-la-con partout

Attaquons de suite la partie bouffe. Comme souligné plus haut on est en Italie, ok mais un poil germanophile. Donc des pâtes, oui, mais aussi une cuisine assez roborative, à base de fromage, de viandes (gibiers, puisque c’est de saison), bref tu sors de table t’as plus faim. Et stop au cliché: les pâtes ici, ce ne sont jamais les plats principaux. C’est une entrée. Des pâtes, oui, en entrée. Ces gens sont magnifiquement fous. Du coup, t’as l’estomac calé en permanence.

Limite tu as oublié ce qu’était la sensation de la faim.

Limite tu pleures et tu ne sais plus si c’est de reconnaissance ou du fait du gavage. J’exagère à peine: en fait, tout est si délicieux que tu entrevois les anges souvent. Imaginez déjà: on produit du vin. Rien que pour ça, je suis amoureuse de la région. C’est beau, c’est grand, on respire, et c’est plein de jolis produits, partout!

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Bouquet de piments d’amour

Du coup, on s’est dévoués et on a TOUT GOUTE ANDIAMO.

On a testé les carbonara, les vraies, celles où l’oeuf et le fromage forment un duvet pour la pasta, réveillée d’un poil de poivre. Pour déconner j’ai failli demander où était la crème, j’ai pas osé. On a goûté toutes sortes de pasta, d’ailleurs, des rustiques, des raffinées, des qui-n’avait-l’air-de-rien, des fourrées, des courtes, des longues mais toujours al dente. Meilleur souvenir? J’hésite entre les spaghetti ail-piment-oignons et un nuage de parmesan, ou les orechiette au pesto, voire des espèces de bonbons (j’ai oublié le nom de ces pâtes) au gorgonzola. Mamma mia. 

Malgré le fait qu’on l’ait prévenu plusieurs fois que ce n’était pas VRAIMENT la région IDEALE pour la pizza, le môme a voulu manger des pizzas. DES TAS DE PIZZAS. 

805En tant que parents modèles, on s’est sacrifiés. La pâte, fine, légère, croustillante te donne envie d’envoyer tous les hérétiques qui te font des pizzas comme si il fallait que ce soit de la brioche en rééducation par là-bas.

wpid-dsc_5334.jpg On a découvert les boulettes d’ici, gentiment garnies de fromages et d’herbes puis arrosées de beurre frais. Une tuerie pure, ce truc. Nourries au pain moelleux, ça fond dans ta bouche comme un nuage, plaisir du bon gras en plus.On me signale dans l’oreille que ça s’appelle canerdeli. C’est beau!

J’ai fait des photos, mais honnêtement, je ne peux pas publier ça. C’est le plat le moins photogénique du monde. Sorry. Mais ça tue. Mais c’est cheum.

Sur les rives du Lago di garda, autrement dénommé lac de Garde, on aurait bien récité du Lamartine mais on ne se souvenait plus de rien. Dante Alighieri trop loin, et je te parle même pas de Catulle ou Kafka. Du coup je jete un slam sur le risotto.

Oh, riz rond, translucide et craquant
Qui dans l’assiette devient moelleux et gourmand.
Sans déconner, le risotto est une religion dont je pourrais devenir missionnaire. Juste cuit, parfumé, alla zuca ou all’ porcini, (les porcini, tellement bons qu’ils te rendent muette. La muette de Porcini, tu l’as?) avec un chtouille de speck pour la ponctuation, c’est le bonheur pour trois sous, l’illusion d’un paradis sur porcelaine, dégusté en trois coups de fourchette.
La plénitude heureuse du risotto, le lago en toile de fond, on pourrait être plus mal et ce serait plus cher.

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During risotto

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after risotto

Questions pifs, on a bu avec plaisir du nebbiolo, du teroldego, et des assemblages de blanc, frais et pinpants. Je pense très fort là à celui d’Helena Walch, un plaisir délicat et bien foutu.

J’ai attrapé un coup de soleil, bêtement, en terrasse, on a beau être en novembre, là-haut ça tape dur, et je parle pas du teroldego qui chante joliment, un peu aigu peut-être, un peu rocaille sur les dernières notes mais on va pas lui reprocher de ressembler aux paysages d’ici, aux vignes accrochées jusqu’au ciel ou en plaines monotones qui d’un coup se hissent en croupes désordonnées et galbées dans les lumières oranges, bleutées, crues ou chaudes, entre les ombres et les grandes clartés.

Ok, il tapait un peu le téroldego.

Du pinot nero, aussi appellé ici blauburgunder, qui glisse tout seul. Du Gewürtz, qu’on a eu du mal à trouver sans (trop) de résiduels. D’ailleurs, gai savoir: les italiens s’adjugent la paternité du cépage gewürztraminer, pour la simple et bonne raison qu’il viendrait du village de Tramin.

Et paf, la preuve en photo:

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Je ne sais pas qui a raison mais vous pourrez briller en société en sortant cette anecdote rutilante. 

La meilleure surprise est venue du San Leonardo, évolué à merveille, avec sa texture presque crémeuse, son velours qui nous a enchanté.

wpid-img_20151108_150758.jpgY a pas, c’est toujours meilleur quand on est sur place.

Caffè?

Le caffè. Bordel de merde, le CAFFE (oui, là, je mets des caps lock, parce que je suis du genre intraitable sur le café). Je l’aime fort, je l’aime expressif, je l’aime avec du caractère. Bonheur quotidien du caffè du matin, qui te réveille avec amour. Oh, la la.

Et puis, parce que sinon, ces vacances auraient eu un goût de trop parfait, on a eu quelques … déconvenues. C’est de notre faute: quand ça veut pas, quand la terre entière t’envoie des signes, tu te recouches et t’attends la journée suivante. Quand tu prends la bagnole, qu’un voyant inconnu s’allume avec un achtung moteur, déjà tu devrais te méfier. Tu traces jusqu’au garage de ta marque le plus proche. Sauf que le GPS t’a mené en rase campagne. Tu finis par dégotter un charmant garagiste germanophone et roux, qui te déleste de 50 euros avec l’accent mais en te rassurant. C’est là que l’absence de cours d’allemand te manque, une première fois. Va expliquer des soucis techniques de bagnole avec un anglais approximatif et des dessins.

Bon.

À ce point t’aurais du rentrer et buller à la piscine. Mais non: ça s’est enchaîné. Tu fais une heure de route pour entendre que la vigneronne que t’aurais voulu voir est pas là.   Toujours de bonne humeur, on va pas se laisser abattre hein.

C’est là que j’ai environ la meilleure idée du séjour: « viens, on va là ». 

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Je tombe sur un charmant jeune homme qui m’explique que bien sûr, il y a une visite prévue dans 5 minutes, on peut se joindre au groupe. Cool.

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Un groupe de touristes ALLEMANDS. Et la visite se fait donc… EN ALLEMAND, bingo.

Deuxième meilleure idée du monde, dire, brave: « M’en fous le néerlandais c’est quasi pareil, vas-y on y va j’assurerai la traduction ».

Mes petits bonshommes, j’ai un peu souffert. Mais j’ai compris presque tout. Bon, ok le monologue de 25 minutes du type je te le traduisais en 3 phrases, mais j’ai un don pour la concision, non? 966

963Bref: le passage le plus intéressant, outre la découverte d’une machinerie bien pensée, de découvrir qu’ils bossent en biodynamie, et qu’ils sont plutôts ecolo-friendly, c’est « WEIN PROBER » (étonnamment, j’ai pas eu à faire d’efforts pour piger).

Le bilan, c’est que les blancs sont vachement plus aboutis pour moi que les rouges. Goûté notamment un vieux chardonnay de 2001, le sud-tyrol se fout pas de nos gueules.Le lagrein ne m’a toujours pas eue: je lui ai trouvé un côté viande fumée qui ne me plaisait guère. On réessayera.

Heureusement en Italie quand t’as le seum il y a les gelati.916Couleurs et goûts exubérants (parfois t’arrives pas à détailler l’ensemble des ingrédients), profusion de machins chose mais surtout c’est exquis et pour rien du tout. Trois énormes gelati consolatrices pour 6 euros ça se voit pas partout.wpid-dsc_5315.jpg

On est donc totalement conquis, y a pas à tortiller du cul. Et je dis pas ça que pour le risotto alla zucca.*

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La montagne, ça vous gagne

Et comme on dit en Italie, auf wiedersehen!

*zucca, c’est courge, and c’est so me, hein?

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2 réflexions sur “Virée en Ritalie: les Dolomites, au zénith

  1. Merci, Sandrine,
    pour ce compte rendu sur cette très belle region. Je partage ton opinion sur le Lagrein. Il faut l’ attendre et parfois ça réussit très bien. Mais, ne fusse que que pour les blancs, la region mérite d’être visitée.
    Comme d’habitude, la lecture nous à peint plus qu’un sourire sur le visage mais je n’attendais pas moins de toi. Auf wiedersehen!

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