La positive attitude

Qu’est-ce que vous n’aimez pas chez vous?

Les cons!

Oui, mais chez vous?

Y a parfois des cons qui viennent chez moi

On pourrait penser qu’avec Internet, le monde du vin serait plus libre: de goûter ce que bon lui semble, de donner son avis, de critiquer. Après tout, puisque désormais il est très facile de mettre en ligne ses impressions, pourquoi se contenter de les partager seulement avec un cercle restreint d’amis?

En réalité, si au départ c’est peut-être ce qui s’est passé, de plus en plus, on assiste à une espèce de (d’auto) censure. Résultat: n’ont plus droit de cité que les commentaires positifs. Exit ceux qui doutent, ceux qui émettent des réserves, voire ceux qui condamnent carrément: ce vin est imbitable et imbuvable, à l’évier.

Ter-mi-né: plus un ne s’y risque, et ce dans toutes les catégories de gens du vin, sous peine d’être prestement renvoyé à ses chères études de terroir. C’est le règne de « surtout, ne dites pas du mal! » Une sentence largement hypocrite, qui ne pourra que réjouir les attachées de presse: imaginez, cela leur donnera moins de travail.

Les raisons de ce silence sont diverses et variées selon les catégories auxquelles on appartient.

En résumé: les blogueurs ne peuvent plus dire d’un mal d’un vin parce que bon, c’est rien que des branleurs derrière leurs claviers, mais des branleurs qu’on écoute (ou alors c’est des cons).
Les cavistes ne peuvent plus dire du mal d’un vin, parce que c’est pas sympa pour leurs collègues qui en vendraient, et que de toute façon, c’est rien que des jaloux politicards.
Les vignerons ne peuvent plus dire du mal d’un vin, parce que c’est pas sympa de décauser ses collègues, et qu’il faut être solidaire, merde (même si c’est vrai que le glyphosate est très photogénique).
Les sommeliers ne peuvent plus dire du mal d’un vin, parce qu’ils n’ont qu’à enfiler des bottes et aller respirer le terroir plutôt que de se pavaner avec leurs pin’s en grappe de raisin (c’est des cons).
Les gens en général ne peuvent plus dire du mal d’un vin, parce que soit ils n’ont pas encore atteint les hautes sphères de la connaissance (c’est des cons), soit qu’ils n’ont pas compris la philosophie du vigneron-éclairé et le retour au vrai goût des choses (c’est des cons).
Les critiques ne peuvent plus dire du mal d’un vin, parce que de toute façon, ils ne savent goûter que des vins faits pour leur palais, sur-mesure et qui n’atteindront jamais le public sous cette forme.
Les journalistes ne peuve… Ha non, autant pour moi: ils sont de toute façon tous achetés ils diront pas de mal.

Je vais vous dire, on est pas dans la merde: pourtant, j’estime qu’il serait presque mission de salubrité publique de dénoncer ce rosé dégueu qui a failli me faire un trou dans l’estomac, mais qui a fait reluire l’inox de l’évier. C’est vrai, vu comme ça, j’en ai au moins tiré un truc positif …

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5 réflexions sur “La positive attitude

  1. Je pars du principe, par expérience et réflexion sur le sujet (réflexion sur les blogs de vin en fait), qu’il n’y a que 3 catégories de personnes qui gravitent autour du vin :
    – ceux qui font le vin,
    – ceux qui boivent le vin,
    – et entre les 2 : ceux qui vendent le vin.
    Bien sûr l’une n’empêche pas l’autre.

    Parler du vin n’est qu’une façon de vendre du vin. « Blog », « indépendant » blablabla et bla c’est juste « vendre du vin ». Car au fond il n’y a pas grand chose à dire sur le vin qui ne serve pas à le vendre. En tout cas j’ai jamais rien lu de captivant sur le plan intellectuel Même si c’est pas le but premier, c’est la seule finalité pratique : vendre.
    Alors c’est vrai, « ce vin est dégueu », même tourné autrement, … ça booste pas les ventes en effet.

    C’est juste une piste de réflexion…

  2. Il y a internet et internet, certains forums d’amateurs dont certains très éclairés ne se gênent pas pour déboulonner les idoles, et c’est justement la diversité des avis qui en fait des prescripteurs en train de faire vaciller les critiques « à l’ancienne ». Après pour les autres c’est comme tout, l’hypocrisie est un calcul peut-être payant à court terme, mais qui voudra encore écouter quelqu’un dont on a progressivement réalisé qu’il n’écrivait pas ce qu’on ressentait en bouteille? A l’inverse les lieux d’indépendance comme ici auront toujours un goût de reviens-y plus prononcés (enfin je parle pour moi :)).

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