Be Causse the night *

*belongs to lovers

J’ai parlé de Cahors, il n’y a pas longtemps vous vous souvenez? Et depuis, hasard, coïncidence, un truc rigolo (not) se passe. Ma boite mail déborde de choses comme ceci:

cock

Et ça ne s’arrête plus: champagnes sur-mesure pour servir avec des glaçons, cocktails au muscat-de-rivesaltes, frosé (oui oui, vous lisez bien, de « frozen » et « rosé », une sorte de sorbet réalisé avec du vin rosé )… Faut-il ne pas aimer le vin pour lui faire subir ça?

Et last but not least, le vin bleu.

blue

Anticonformiste (je ris) et naturellement bleu (je ris plus fort). Prix de vente 14 euros (je m’étouffe de rire).

Notez que je ne juge pas les gens qui ont envie de s’envoyer un truc qui ressemble à un mix entre du liquide pour simuler les règles dans les publicités et du canard-WC, un cercle de l’enfer leur est déjà spécialement dédié.

Bref, au milieu de toutes ces absurderies marketées, il fallait remettre l’église au milieu du village.

Quand y a trop de cons dehors, bois donc du cahors.

Je parlais de ces « jeunes » vignerons qui font bouger l’appellation: en voici encore un. Ilbert, Julien Ilbert.

Si vous voulez un peu faire connaissance, il y a un joli portrait ici.

Moi j’ai fait simple: la vérité est dans le verre, donc goûtons.

Premier jus, tout fruit, tout simple, tout sympa. On me demanderait un vin pour apprendre, un vin d’été, un vin de copains, un vin pas prise-de-tronche, je dirais ça:

fruitcah

Le pur fruit du causse c’est joli, ça se balade entre fraises et cerises acidulées, avec un pet de poivre pour réveiller. C’est tonique, c’est rapide, emballé c’est vidé et hop plus de pinard. L’inconvénient c’est qu’il faut avoir pensé à se procurer deux bouteilles:  75 cl, c’est un peu court jeune homme (disait la jeune mariée).

Comme on est bien là, sur la route du Causse, on réitère. Bam! La cuvée « château ». Serious bizness, comme disent nos amis du bordelais.

Ça, mes cocos, c’est un vin qui a de l’ambition, ce qui n’est pas rien, mais surtout de l’envergure, ce qui est beaucoup.

Tu goûtes ça, tu te dis que nom de dieu, les « penseurs » qui veulent te vendre du cahors comme du vin argentin, en misant tout sur le cépage sont adorablement à côté de la plaque. Tu as envie d’aller leur tapoter le crâne, de leur dire de dé-serrer la cravate, et de leur servir un grand verre de ça.

Sans même de glaçons dedans ou de liqueur, rien (rien pas de sexe rien**) Parce qu’au delà d’être buvable, c’est surtout élégant, très fin, maîtrisé. Y a du fruit – ben oui, et pas du rajouté – y a de la matière: on pourrait l’attendre encore un peu, mais c’est si bon que comment tu veux être patient? Hein?

combe

Bref buvez-en, vivez contents.

** private joke pour fétichistes du panard

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4 réflexions sur “Be Causse the night *

  1. Ca m’a encore bien fait rire cet article, à mon dieu le vin bleu à 14 balles !!
    J’ai goûté les vins de Julien Ilbert et j’ai surtout était scotchée par « au cerisier » et envoûtée par le « lac aux cochons »… Merci de remettre les choses à l’endroit 🙂

  2. En tant que cadurcien (et non Cahorsin pour les béotiens) je suis toujours ravi de voir que la terre de mes ancêtres, de mes aïeuls, de mes parents …produisent (enfin) des vins sains et de qualité. C’était sans compter sur la nouvelle garde de vignerons qui ont su se départir des vielles recettes familiales pour se réinventer, innover, quite à se mettre au ban de l’interprofessionnelle parfois. Des profils comme Julien Ilbert, il y en a d’autre et tu en as déjà parlé je pense (Fabien Jouves, mais aussi Emmanuel Rybinski, ou Mathieu Cosse…).
    Sans jeter le bébé avec l’eau du bain, il ne faut pas oublier de remercier les viticulteurs qui ont su donner leur lettre de noblesse à un vignoble longtemps décrié et déprécié par des vins « qui tachent » (cf. Carte Noire qui a fait beaucoup de mal à l’appellation); J’espère seulement, que les vins natures ou en biodynamie seront plus légion dans la région…
    P.

  3. Merci de ce bel article ! Alors bien sûr, je ne suis pas neutre mais j’m’en fous. J’ai adoré vous lire, c’était une première – je ne vous connaissais pas – mais une chose et sûre, c’est que je reviendrai jeter un œil par ici ! Pierre Beulaygue, je me permets de rajouter un nom parmi ceux que vous citez concernant la nouvelle génération de Cahors: Germain Croisille, pour Château les Croisille: un mec génial, des vins superbes…!

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