Alerte canicule

basa

ça c’est de la joie dans ta bouche: super cidre du pays basque, c’est bon, c’est Bordatto

Comme je suis d’une mansuétude qui n’a d’égale que ma modestie, aujourd’hui, j’ai décidé de vous faire un cadeau.

C’est l’alerte canicule: tels de petits porcelets en quête d’ombre, nous suons de concert. Et donc, nous déshydratons! Halte-là, il faut y remédier.

Oui, mais que boire par cette chaleur? De l’eau, évidemment.

Contrairement à ce qu’on pense, ce petit vin blanc tout frais, ou cette bière dont le verre perle (huuuuuuum) n’aura que peu d’effets sur l’hydratation. Pire, il aurait même tendance à faire l’inverse.

Cela ne veut pas dire – bien entendu – qu’on doive y renoncer. Juste, on est prudents, on boit aussi de l’eau et tant qu’à faire, on ne boit pas n’importe quoi n’importe comment.

Les types de vins:

  •  Tous les blancs secs, jeunes, à boire sur leur fruit => bonne idée. Quoi par exemple? Sauvignon de Touraine, muscadet, côtes-de-gascogne, saint-véran, macon, vin de savoie, savagnin du jura... On en trouve plein: si on a peu d’idées, on demande à son caviste préféré.
  • Les vins blancs plus complexes ou élevés dans le bois: pas forcément à conseiller. Ils auront tendance à paraitre un peu mous des genoux. Laissez-les en cave, et ressortez-les quand la température baissera.
  • Les blancs doux: attention à l’excès de sucre, combiné à l’alcool. Un peu ça va, beaucoup, bonjour les beaux dégâts (ha la la la bodega).  Pour siroter tranquille, un jurançon ou un pacherenc-de-vic-bilh présentent l’avantage d’avoir du punch, et de l’acidité qui contrebalance.
  • Les rosés: je ne vous ferais pas l’injure de vous expliquer encore une fois que non le rosé n’est pas un mélange de rouge et… (vous connaissez ça par coeur) et si vous me lisez régulièrement, vous savez qu’il en existe autant que de cheveux sur la tête de Marouane Fellaini. Faites-vous plaisir, donc. Secs, doux (mêmes remarques que pour les blancs, attention à l’excès), légers comme des plumes ou un peu plus corsés, vous avez de quoi étancher, moussaillons.
  • Les oranges: non, pas les fruits, les vins oranges. Ces vins peuvent être – pour leur légère amertume – très agréables en cas de grosses chaleurs. Mais, pour beaucoup, la température est une question vraiment très sensible: à 11 ° ou à 15 ils ne s’expriment pas du tout pareil. Faites un choix en conséquence.
  • Les effervescents: je dis oui à la bulle, un grand oui, un oui enthousiaste et manifeste. Elle titille le palais, elle fait plaisir, elle réconforte. Du champagne aux crémants, des pet’ nat’ aux cidres de bon aloi, la bulle est reine de la canicule. D’ailleurs ça rime, c’est bien la preuve.
  • Les rouges légers: vous avez le droit (et même le gauche) de préférer le rouge en été. Et aussi de les servir un peu plus frais: c’est mieux pour eux. Pinot noir d’Alsace, gamay en beaujolais ou en côtes-du-forez, voire en côtes-roannaises, grolleau en Touraine, poulsard du Jura… Là encore, si vous manquez d’idées => help caviste !
  • les rouges tanniques (ta mère). Écoutez-moi bien, et une fois pour toutes. FORBIDDEN. VERBODEN. CAN NOT (comme dirait Maurice Chevalier). Vraiment, si vous voulez faire du mal à ces pauvres syrah, ces cabernets, ces vins riches, structurés, épicés, je décline toute responsabilité. Parce qu’ils ne souffrent pas d’approximations: imaginez cette scène…

Il fait chaud, vous pourriez cuire des oeufs sur votre ventre (ou celui de votre partenaire, ça ne me regarde pas). Vous sortez un saint-joseph. Comme on vous a dit de « le laisser respirer » vous l’ouvrez et le laissez là, dans le salon. Le vin dans la bouteille chauffe. Les verres dans lesquels vous allez le verser lui feront encore gagner un ou deux degrés. Hé oui: plus qu’à sortir le bâton de cannelle et de l’orange, vous l’avez, votre vin chaud. Dommage, non? Surtout qu’avec la température, l’alcool et les tannins risquent:

  1. de vous assommer
  2. de vous donner une impression pâteuse en bouche
  3. de vous faire entrer dans le cercle de l’enfer spécialement destinés aux personnes qui boivent leurs vins sans aucun respect.

Le MUST en été: venez-là que je vous fesse. Car vous êtes encore, hélas, bien trop peu nombreux à connaitre cette petite merveille qu’est le sherry (xérès) fino. C’est vraiment le vin de chaleur parfait. Son côté salin évoque la mer, et les vacances. Ses arômes de fruits secs vous rappellent de picorer, un petit peu (on n’a pas très faim quand il fait 37°). Et sa légère amertume fait du bien au palais. Que demande le peuple? Un autre pardi! (pour rester en France, les oxydatifs du Jura font merveille aussi. Sans aller jusqu’au jaune, un savagnin d’un voile ou deux, et mmmmh)

La théorie des températures:

Il est temps de vous dire la vérité: on ne sert JAMAIS sous aucun prétexte en aucun cas never un vin glacé. Ça c’est bon pour la flotte (ou le rosé-pamplemousse, nierk). Pour se désoiffer, un grand verre d’eau. Et après, le vin.

Je l’écris une fois pour toutes, vous faites ce que vous voulez, vous l’imprimez, vous vous le collez en post-it sur le frigo, ou vous l’apprenez par cœur.

  • On ne met JAMAIS une bouteille de vin, quelle que soit sa couleur au congélateur.
  • Les vins blancs se servent entre 10 et 13° pour les plus complexes. Un vin blanc frais et simple, plus vers 10, plus le vin est évolué et ample, plus la température peut monter. Au départ, pour pas jouer les kamikazes, on peut s’acheter un thermomètre. Après, ça viendra tout seul, vous verrez. Même que vous serez capable d’estimer la bonne température à la joue (on prend une bouteille, on la fiche contre sa joue, et à l’impression on sait si c’est juste bon ou trop froid).
  • Les vins rosés? PAREIL que les blancs. Pour la simple et bonne raison que le rosé n’est pas un sous-vin, et qu’on lui doit autant de respect qu’aux autres vins. Mécréants.
  • Les vins rouges peuvent être un peu rafraichis, vers 16°  jusqu’à 14/15° pour les vins légers.
  • Les effervescents:  JAMAIS en dessous de 9° pour un bel effervescent, le plus souvent autour de 10/11° et là, c’est le bonheur dans ta bouche.

Mais par cette chaleur:

On ne pourrait pas vivre en théorie? Parce qu’en théorie, tout se passe bien. Bref, dans des conditions de températures normales, il n’est pas très compliqué de gérer la température des vins. Par plus de trente degrés, il faut prendre en compte le fait que:

  • on a chaud, bordel!
  • le vin se réchauffe plus vite aussi
  • on a tendance à sous-estimer les températures réelles: 10° nous paraitra moins froid qu’en temps normal

Donc, on n’hésite pas: on fait appel au thermomètre!

Pour rafraichir rapidement, ou maintenir frais, seau-glace-eau, éventuellement additionnée d’un peu de sel, pour toutes les couleurs de vins. Et on n’hésite pas à replonger la bouteille dedans si elle réchauffe trop.  Option possible aussi: maintenir la bouteille de  vin dans un « seau » en terre cuite. Rien de plus con que ça, ni de moins onéreux, et pourtant elle tourne ça marche. Autre choix, celui des matelas réfrigérants: des « poches » qu’on place au congélateur, puis autour de la bouteille. Ca fonctionne bien, c’est réutilisable à l’infini. Conseil: achetez-en deux, quand l’une sert l’autre refroidit.

Mon truc en plus: n’hésitez pas à rafraichir également vos verres. Hé oui, c’est tout con, mais une demi-heure au frigo, et bam.

Parés? Ho.

(en revanche si à la terrasse d’un café, on vous propose de mettre des glaçons dans votre rouge: souriez, aimablement, et demandez une bière NOM DE DIEU).

Notabéné(dicte): quand on achète du vin par temps de canicule, on y fait gaffe. On ne le laisse jamais, JAMAIS dans le coffre de la bagnole, à surchauffer des plombes. Parce qu’il peut arriver – c’est de la physique – qu’il se produise une dilatation du liquide à l’intérieur, et hop, le bouchon qui remonte, voire qui saute. Si on ne peut pas faire autrement (voyages longs, etc), on fait comme pour la bouffe, on garde au frais dans des sacs isothermes, par exemple. 

 

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5 réflexions sur “Alerte canicule

  1. suggestion un contenant frais,
    vous allez chez un céramiste et vous lui demandez de vous faire des beaux pots.
    Les mettre au frigo avant la dégustation, ils tiendront plus longtemps le frais que les verres.
    ca n’a pas la même classe qu’un verre mais super sympa quand c’est chaud
    moi j’aime bien

  2. Je ne comprendrais jamais cet a priori communément partagé vis à vis des glaçons dans le vin!
    C’est quoi le vin? 95% ou plus d’eau. Un glaçon diluera quelque peu votre vin mais surtout il le mettra à la bonne température qui est spécifique à chaque vin. Il ne s’agit pas de faire une pataugeoire en laissant fondre le glaçon mais juste de le tremper, l’enlever, goûter le vin & répéter l’opération x fois. Le vin c’est comme une sauce: quand il est à « sa » température il est comme une sauce réussie et non (mal) tournée.

    • Cet a priori communément partagé est essentiellement du au fait, ne vous en déplaise, que la plupart des personnes qui remplissent leurs verres de glaçons ne le font pas pour boire « à bonne T° » mais glacé. Et dilué, oui.

      Donc effectivement, on peut, avec de grandes précautions user du glaçon, ce n’est pas l’objet en soi le problème, mais son usage maladroit. C’est plus clair?

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