Manuel (pas Valls) pour s’initier au vin naturel: la lecture

manuel

L’éducation, ça commence tout de suite #goodparenting

Le milieu du vin nature.l est un tout petit monde: on se connait, plus ou moins bien, on se côtoie, on s’apprécie, ou pas, et la sortie d’un ouvrage entièrement consacré à ces vins « hors norme » est de toute évidence un événement.

Qui plus est quand ce manuel (pour s’initier au vin naturel) est porté par une figure telle qu’Antonin Iommi-Amunategui.

Que dire du bonhomme, qu’on n’a pas déjà écrit?

D’abord, pour lever tous doutes, et puisque je m’apprête à critiquer sa prose, c’est un « copain » (amis facebook depuis 2012, c’est dire). Je l’aime bien, d’ailleurs, il m’a fait une dédicace longue comme le bras, et mon nom figure dans cet opus, au titre de conseilleuse en « première fois avec un vin nature.l ». Pour être honnête, je ne me souvenais même pas qu’il m’avait demandé ça, du coup, ma tête en lisant … hé mais c’est moi, ça?! Bref.

Le personnage – car il en est un, médiatisé-tique – a ses outrances. Oui, son discours flirte avec l’excès, et un poil de mauvaise foi, parfois.  Antonin, je t’assure, j’ai beau l’avoir lu sous ta plume plusieurs fois déjà, non le vin nature.l n’évite pas l’effet gueule de bois, ma pharmacie en témoigne. Mais dans l’ensemble, il est comme les vins qu’il défend: il est sincère, avec des aspérités (des défauts) qui le rendent attachant.

Qu’est-ce donc que ce mini-livre vert? (le rouge, ça faisait trop communiste).

Un manuel, oui, mais pas au sens classique: on n’ y apprend rien par exemple des techniques des « vins nature.l.s ». Mis à part une évocation de la carbonique, rien dans ces pages ne décrit comment les vignerons font. Si vous vouliez en apprendre sur eux, ou sur leur travail, passez votre chemin. Il est par contre beaucoup question de consommation: avec qui, comment, pourquoi. Le vin nature.l est replacé sur l’échiquier du buveur normal: on explique pourquoi il existe, quel but il poursuit, outre le fait de donner du plaisir aux gens.

Antonin pose des bases: oui, le vin nature.l est à minima bio, sinon, ce serait un non-sens. Non, il n’a pas toujours d’appellation et ce n’est pas grave. Oui, il offre d’autres goûts: après, sont-ils toujours agréables à tous, c’est un sacré débat… Là où certains verront des défauts, d’autres trouveront une originalité: chacun voit midi à sa porte, personnellement, le chou fermenté me fait plutôt fuir… Et c’est là toute la difficulté: sans cadre, précisément parce qu’il est « hors norme » on pourrait faire tout boire et tout croire à n’importe qui. De l’importance, plus encore qu’avec les autres vins, de s’en remettre à des pros: on ne doit pas tout accepter sous prétexte que c’est nature.l, mais à comparer avec un vin « pas naturel » (dira-t-on conventionnel? Chimique? Normal?) les meilleurs nature.l.s ont une longueur d’avance.

Croire, le mot est lâché: Antonin a la plume engagée, bien trempée et parfois un peu exaltée. On le lit, pour lui, le vin naturel est politique, éminemment. Car il se veut à contre-courant, plus libertaire, …

Il va même jusqu’à affirmer que le vin nature.l est plus féministe.

femininLà, je dois dire que ma mâchoire s’est un peu décrochée: le vin étant inanimé, il me semble compliqué de le doter de jugement, et donc, encore plus de militantisme. En revanche, ses aficionados le seraient-ils? J’ai des sentiments mêlés, un milieu composé de gens relativement à gauche, éduqués, abriterait en théorie peut-être plus de gens sensibles à la cause féministe… Peut-être aussi que ce milieu moins tradi accueillerait plus facilement des vigneronnes… Mais, au vu de certaines étiquettes, et de certains discours entendus, j’ai un peu de doutes, permettez-les moi.

Là où nous sommes d’accord, c’est sur l’urgence de désacraliser le vin. Oui, on n’est pas obligés, si on n’en a pas envie, de le disséquer longuement, de le boire dans de grands verres en cristal, et de lui réserver une soirée entière. On n’est pas non plus obligés de le coller à table, avec des plats, de chercher des accords parfaits et précis, sauf si l’on en a envie. On n’est obligés de rien, c’est ça qui est beau: pas plus de picoler du nature dans des gobelets en carton – laissez-moi mes verres j’y tiens – que de jouer les snobinards à renifler des plombes un picrate qui n’a aucune espèce d’intérêt car trop « maquillé ». On fait et on boit ce qu’on veut!

Ce qui est valable pour le vin nature.l l’est autant pour les autres vins: il faut avant tout écouter ses envies, et ne pas rester soumis à des diktats, ou à des idées toutes faites. Tester, s’écouter, rester ouvert.

Bref: si vous avez envie de comprendre un peu le vin nature.l, de l’appréhender, d’en picoler, foncez: 7 euros, c’est à peine une quille. Mais attention, ce livre pose plus de questions qu’il n’en résout: soyez donc prêts à vous triturer et puis à nourrir votre cerveau. Pour le reste, hydratez-vous… au glou!

Manuel pour s’initier au vin naturel, A. Iommi-Amunategui, éditions de l’Epure 7 €

Du l’auteur, lire aussi le Manifeste pour le vin naturel, même éditeur.

 

 

 

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3 réflexions sur “Manuel (pas Valls) pour s’initier au vin naturel: la lecture

  1. utiliser une image d’un si jeune enfant pour promouvoir un livre sur le vin c’est assez scandaleux…. l’apprentissage du vin ne commence pas si tôt !

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