Skin contact: au plus près du raisin

Bizarrement, alors que je peine à trouver le temps de faire plein de choses, je trouve toujours celui de lire. On ne se refait pas: c’est pourquoi j’ai dévoré (c’est une image) ce livre-ci, très intriguée par ce que j’allais y découvrir.

Et le moins que l’on puisse dire c’est que je ne n’ai pas été déçue du voyage.

Le pitch: Alice Feiring, inlassable inconditionnelle des vins nature.l.s part à la recherche des sources de celui-ci, un trip qui l’amène en Géorgie, une fois, deux fois… et plus encore, car les affinités sont là.

L’autrice: Alice – allez, je l’appelle par son prénom, j’espère qu’elle me pardonnera cette familiarité – est une autrice et journaliste américaine, spécialisée dans le vin nature.l. Elle voyage énormément, goûte tant et plus, et écrit ses impressions dans la Feiring line. 

Les promesses: apprendre des choses sur les vins et les vinifications naturelles en Géorgie.

Verdict: j’ai adoré! Non seulement les promesses sont parfaitement tenues – on apprend pas mal sur les techniques, les qvevris (ou kvevris), sur les différentes terres dont ils proviennent, sur le goût des vins, sur leur histoire – mais en sus l’écriture fine et sensible d’Alice* construit un récit à la première personne qui le rend intéressant  et même attachant de bout en bout. On y découvre une galerie de personnages assez incroyables, qu’on a évidemment envie de rencontrer, mais aussi – et c’est là qu’est la touche en plus – l’autrice laisse filtrer pas mal d’elle-même, notamment via sa relation à son frère. C’est émouvant, joyeux, instructif, ça donne soif et faim aussi: certaines recettes géorgiennes y sont retranscrites, si vous avez envie d’essayer.  Au-delà de cet aspect purement hédoniste, il y a une vraie interrogation sur l’avenir du vin, et sur la dangereuse « modernité » qui peut les transfigurer, voire leur faire perdre une partie de leur âme. Oui, les chardonnay et merlot dupliquables à l’infini, qu’on retrouve partout, lassent. Oui, l’appétence pour des vins standards est un danger pour la préservation de cépages anciens et de goûts naturels. Oui l’invasion de la technologie risque de mettre à mal le goût des vins … On le sait, déjà, et on tremble de voir disparaitre un pan de cette culture: mais le portrait brossé par Alice est rassurant. Il restera toujours des vignerons un peu fous pour les faire vivre, pour se jeter corps et biens dans l’aventure et c’est tant mieux pour nous.

Passionné, et passionnant, dépaysant, un livre absolument à lire, pour qui s’intéresse un minimum au vin naturel, mais pas que. Parce qu’au delà de la Géorgie et de ses vignerons, c’est aussi une réflexion sur le respect de la tradition, du vivant et de l’authenticité: des thèmes qui doivent causer, forcément, à beaucoup de monde.

Alice, à droite sur la photo, est (bien) accompagnée d’Olivia Mann de Raisin, l’application du vin naturel. Fred a déjà commis à ce sujet un excellent billet donc hop, je vous file le lien. Et je vous encourage, après lecture, à soutenir Raisin: c’est une belle idée, un chouette projet, et c’est mené par des gens très bien.

En résumé: le 9 mai,  courrez chez votre libraire acheter « Skin contact », éditions Nouriturfu. 

Et pour accompagner la lecture, dites Raisin!

* l’occasion de souligner l’excellente traduction de Sophie Brissaud: on oublie souvent de les mentionner, les traducteurs et traductrices, pourtant ce sont eux qui font – aussi – qu’un livre vit sa vie en dehors de ses frontières linguistiques, en respectant la plume de l’auteur (ou de l’autrice). Merci Sophie! 

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4 réflexions sur “Skin contact: au plus près du raisin

  1. Je ne sais si vous avez entendu parler du livre suivant :

    Azélina JABOULET-VERCHERRE, « Accords hommes et vins », 2017, éd Féret, 112 p.

    Je l’ai découvert, hier, en surfant. L’autrice est qualifiée de « sensuelle » par la presse. En résumé, il faut trouver un vin en fonction de la personne avec qui on va le déguster.

    Je voulais connaître votre avis dessus.

    Merci à Vous des plus profonds pour votre blog.

    • Moi je l’ai lu, et relu…c’est un grand plaisir de haute voltige ! Un talent d’écrivain incomparable! Il ouvre une voie culturelle jamais explorée jusque là. C’est sublime et génial comme tout ce que Azélina Jaboulet-Vercherre écrit ! Courez vite vous procurer cette pépite! Bien bacchiquement vôtre !

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