Onfray: le vin mauvais?

Et je pleure et je m’en vais, au vent mauvais.

Restez, restez, car c’est d’une nouvelle sortie livre dont je vais vous parler aujourd’hui. Oui, encore! Ce n’est pas de ma faute si la rentrée littéraire regorge de bouquins à dévorer. Enfin, si un peu, mais ce n’est pas le propos.

Revenons-en donc à nos moutons: ceux-ci auront pour nom philosophie et biodynamie.

Ce sont ces deux sujets hautement compliqués, malmenés, qu’Olivier Humbrecht et Thierry Weber ont choisi de traiter, aidés par les illustrations de Bertrand Mac Gaw.

Visée ici, une partie de l’ouvrage « Cosmos » de Michel Onfray, qui avait à l’époque provoqué quelques roulis sur les réseaux vitivinifriendly, et particulièrement des vignerons en biodynamie, puisque ce cher Mimich’ n’avait rien trouvé de mieux que de faire subir à l’agriculture biodynamique et tout particulièrement à ses vins, un dézinguage en règle et admettons-le, avec la louche de mauvaise foi qui assaisonne, voire assassine.

Extrait du livre : Cosmos Spirituel, Ed. Flammarion.

Chapitre 4 : Théorie du fumier spirituel

J’aime le vin et si j’avais pu boire une seule fois dans ma vie un bon flacon conçu selon les principes de l’agriculture biodynamique, je ne me serais pas interdit la philosophie de Rudolf Steiner, car sa pensée aurait été validée par ses produits. Hélas, je n’ai jamais bu de vin issu de la biodynamie qui ne soit une exécrable piquette.

Partant de là, il y avait deux solutions: celle de s’en foutre royalement (Onfray bien de l’ignorer, s’est-il murmuré), et de continuer à patauger joyeusement dans la bouse de vache (qui est, elle, utile) ou bien d’affronter sur son terrain le philosophe. Une solution qui oblige à mettre les mains dans la merde, mais pas la même, du coup. Vous suivez?

Forcément puisque j’ai ce bouquin entre les mains, c’est qu’Humbrecht et Weber ont opté pour la solution deux. Le tout est de savoir: l’ont-ils bien fait?

J’ai tout lu: je peux affirmer que si vous êtes intéressés par aller un peu plus loin que les bases pratiques de la biodynamie, ce bouquin est pour vous. Non dénué d’humour (surtout grâce aux illustrations), le propos est large, entrecroisant les différents apports philosophiques, racontant des expériences vigneronnes, remettant au centre du débat l’agriculture.

Il rappelle au passage que loin d’être des ignorants « qui n’on pas lu Steiner » nombre de biodynamistes lisent, beaucoup, Steiner ou non, et que certains même écrivent (coucou Isabelle Guichard). Encore un cliché qui a la peau dure, celui-là: choisir une agriculture paysanne devrait être uniquement le fait de gens sans formation scientifique? Allons bon. Ceci dit, c’est assez symptomatique de ceux qui considèrent la biodynamie comme une charlatanerie, lui déniant toute démarche scientifique, avant même de s’y être penché. Pourtant, c’est bien de science qu’il s’agit: observer, tester, constater des résultats.

Sans opposer, comme cela est systématiquement le cas avec les supporters de l’agriculture conventionnelle, sans faire de délation, mais en montrant qu’elle est – la biodynamie – une alternative, que l’on peut choisir en toute conscience, pour des raisons qui sont les constatations de son efficacité, et pas juste par « bête opposition au modernisme » ou par « fainéantise et ignorance » comme on le lit parfois. Il est inutile d’instruire pour défendre la biodynamie un procès à charge de l’agriculture conventionnelle, il suffit de démontrer qu’elle fonctionne.

Je ne vais pas vous mentir: la lecture de cet opus va vous mobiliser les méninges. Les passages traitant de philosophie réclament un peu plus d’attention qu’une lecture distraite, à moitié surfant sur facebook (éteignez-moi ça, nom di djù). Sans compter les nombreuses annotations en fin de bouquin qui enrichissent et nourrissent d’autres questionnements… C’est sans fin, d’apprendre.

Mais vous sortirez de cette lecture plus malins que vous n’y êtes entrés, et c’est déjà pas si mal. Et si cela vous a donné soif de vins en biodynamie, c’est tout bénèf.

Michel Onfray… le vin mauvais? par Olivier Humbrecht, Thierry Weber, Bertrand Mac Gaw

Editions Tonnerre de l’Est, 24 €

Ouvrage envoyé par l’éditeur

 

 

 

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Une réflexion sur “Onfray: le vin mauvais?

  1. Malheureusement, j’ai l’impression qu’il y a souvent beaucoup trop de sectarisme des deux côtés.

    Enfin, en tout cas, un livre co-écrit par Olivier Humbrecht, ça donne envie ! Le côté peut-être moins pratique doit être intéressant, à rajouter donc à la longue liste des choses que j’ai à lire sur le sujet.

    Merci du partage 😉

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