Un effet bœuf !

Une dédicace cool

On est bien peu de choses, et mon amie la rose me l’a dit ce matin… vous connaissez la suite j’espère?

Cette entame poétique pour vous parler de mon weekend quelque peu… riche en enseignements? On dira ça.

Mardi, coup de fil: l’organisateur d’un salon dans la région me contacte. Il a vu mon portrait dans la presse locale et souhaite m’inviter à venir faire une dédicace. Samedi. Ok, c’est un peu court jeune homme mais pourquoi pas? C’est local, ce n’est donc pas compliqué niveau transport, et rappelle-toi: j’aime l’humour.

Mercredi, j’annonce le dit événement et donc l’heure prévue de la dédicace.

Du côté de l’organisateur, rien, mais bon je suppute allégrement qu’il a autre chose à penser/ faire donc je ne m’inquiète pas trop.

A l’heure dite le samedi, je me pointe au fameux salon, et là: c’est le drame!

(Disclaimer: je n’ai pas peur des araignées, des serpents, des souris mais j’ai la phobie des vaches. Un genre de terreur irraisonnée et incontrôlable qui peut paraitre absurde, mais pas bien plus qu’avoir peur d’une araignée de 2 cm, si? Puis on n’a jamais vu une araignée charger… tandis qu’une vache, bref.)

J’arrive donc, avec ma caisse de bouquins quand soudain, devant moi, une vache. Une vraie, genre elle bouge et rumine.  A moins de 5 mètres de la table où je suis censée faire la dédicace. Je fais appel à tout mon self control pour ne pas au choix: hurler, pleurer, m’enfuir en courant. Je tiens bon: tu es une adulte, tu as 36 ans, la vache est dans un enclos, CA VA ALLER.

Sauf que j’entends que la coquine (meuh) a déjà tenté de déménager un peu son coin, haha la bonne blague lol si elle s’échappe je vous préviens je hurle (borborigmais-je en mon for intérieur).

Mais allez, on en a connu de plus dures: j’installe les livres, regrette un peu de ne pas avoir prévu au moins un panneau mentionnant ma présence, et tourne résolument le dos à la vache.

Ce que je n’avais pas prévu, ce sont deux problèmes majeurs: j’ai un stroboscope dans la tronche, qui revient environ toutes les trois minutes, ce qui m’oblige à grimacer fort peu élégamment et juste devant moi, un grand écran s’allume. Où l’on diffuse un reportage. SUR DES VACHES. Je suis cernée (dans les deux sens du terme).

Commence alors une longue attente, car sur un salon du vin et des alcools, les gens viennent… goûter des vins et des alcools. Manifestement, l’arrêt « tiens allons voir ce que la dame a comme livres »n’est pas au programme, malgré un emplacement stratégique: je suis à l’entrée, donc je vois la foule arriver. Et passer devant moi #fail

Après presque trois-quart d’heure, j’ai eu deux personnes qui se sont arrêtées. L’une ne boit pas de vin. L’autre n’aime pas lire. Ballot.

Mais toujours vaillante, entre deux grimaces je fais mon plus beau sourire et salue gentiment les gens qui passent.

Ce qui donne lieu à des conversations… étranges.

Florilège:

« Ha c’est vous qui écrivez? Non? Jurez! Vous vous faites pas aider un peu? » (je dois pas avoir une tête d’écrivaine, y-a-t-il des tronches d’écrivaines, vous avez deux heures).

« MAIS CA PARLE DE BORDEAUX OU PAS PARCE QU’IL N’Y A DE GRAND VIN QU’À BORDEAUX HEIN? » (oui, sur ce ton là)

« Le vin en nature à la vigne pourquoi pas mais en vinification faut rester sérieux, c’est dégueulasse » (note pour plus tard: on a encore beaucoup, beaucoup de travail d’info à faire).

Je réponds le plus gentiment possible, mais j’avoue que je sens le vent de la défaite gonfler mes cheveux. Plus d’une heure et demie et zéro dédicace. La bulle, nada. Pas un seul livre. Une gosse vient m’apporter un truc pas identifiable à manger (rapport à mon aveuglement partiel du au stroboscope, suivez).  Poliment je prends. C’était du BŒUF. Vous sentez  vaguement un thème ou pas? TANDIS QUE SUR L’ÉCRAN DES IMAGES DE GENS QUI METTENT LA MAIN DANS DES CULS DE VACHES.

Je pourrais me noyer dans l’alcool mais:

  • C’est pas mon genre, je sais me tenir
  • Mon verre est vide

Les minutes passent, lentement, des gens (rares) viennent me causer, je crois, par pitié de mon air terrorisé. Ou de mes grimaces. Ou les deux. Et personne ne veut de livres.  Ah mais si attendez. Monsieur va en prendre un! Oui, il va me prendre un livre. Cet acmé aura duré 17 secondes: « ha ben non, désolé, je n’ai plus assez de sous sur moi ».

De bout en bout, sur les deux heures et demi, non seulement j’ai dédicacé zéro livre, wallou, mais j’ai du prendre sur moi grave rapport aux vaches. C’est simple, quand je suis sortie à 19h, j’étais rendue à l’état liquide.

Seul moment à retenir: ce môme de 10 ans à peine  qui est venu me dire «ils sont jolis vos livres même si je suis trop petit pour en acheter».

La morale de cette histoire? Et bien, c’est que la frayeur passée (et j’avoue, avec un peu de recul, et sans plus aucune vache à l’horizon, j’ai eu un moment de fou rire, tant toute cette séance de dédicace était surréaliste) c’est l’occasion de prendre une bonne leçon.

Déjà, fin d’un mythe: les dédicaces, ce n’est pas toujours un moment de joie, de plénitude et de rencontres avec des lectrices et lecteurs. Quand tu sors de tes sphères habituelles, là où personne ne te connait, c’est une autre chanson. Ça fait bien relativiser les petits succès de ci de là (et si d’aventure un jour je prenais la grosse tête, rappelez-moi bien cette dédicace ratée, bon pour l’égo).

Ceci dit, samedi 25/11 je serai à nouveau en dédicaces (suis-je donc masochiste?), au salon Vini, birre ribelli!

J’espère de tout mon cœur que cette fois il n’y aura pas de vaches.

C’est un super chouette salon, venez-y faire un tour, plus de 170 exposants vigneron·ne·s et brasseur et brasseuses (et des auteurs et autrices, hem). Il est encore possible d’acheter des places en prévente, d’ailleurs.

Et autre info: je fais partie des nominées pour un prix en Belgique qui s’intitule Wine Lady Of the Year. Le principe est simple: il faut voter pour élire la gagnante, à savoir une femme qui :

a fourni une contribution réelle au rayonnement de la femme dans le monde vinicole (commerce du vin, viticulture, journalisme ou à toutes celles qui sont de dignes ambassadrices de la promotion du vin en Belgique).

Si vous voulez donner de la voix, c’est là.

D’après ce qui m’a été dit en off,  il faut la jouer détachée mais organisée en envoyant des mails aux gens leur demandant de voter (mais avec détachement tu vois). Bon, moi je pose ça ici, vous en ferez que bon vous semble. Soyez pas vaches!

 

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