Vini Birre Ribelli: 4ème de folie

Il faut saluer l’inconscience de Patrick. Vraiment. Qui, complètement pragmatique, oserait faire un salon en plein cœur de Bruxelles, réunissant à la fois des producteur·trice·s de vins rebelles et la crème des beergeeks, comme on les appelle quand on est un peu introduit?

Le Bottcher, y en a qu’un. Et s’il a le cœur sur la main, cela lui permet tout de même de se remuer joliment pour que ce monde coloré, riche, fort en gueule et en passions trouve son harmonie, avec une cohérence jusqu’au-boutiste qui force le respect.

Le Pat’, on l’aime parce qu’on ne peut pas faire autrement: sa grande carcasse qui se traine en fin de journée, parce que tout de même on n’a plus vingt ans, sa ride sur le front parce qu’il y a un petit souci à régler (et c’est toujours fait), son grand sourire de gamin content de sa farce quand tout va bien. Car oui, c’en est une fameuse de farce: un tour de chenapan, où non seulement la sélection est belle, mais on bouffe bien – et c’est assez rare pour le souligner, bio – on ne génère pas trop de déchets, bref, on a en sus de passer un bon moment, bonne conscience! Sacré Pat’.

Cette année j’ai eu la chance de faire un 10/19h au salon: on est passés par toutes les nuances. Des heures du matin, peu fréquentées, où ce sont les vigneron·ne·s qui sont devant et derrière les tables, goûtant les uns chez les autres, rigolant un coup, prenant des nouvelles de la vigne. Du midi, où les odeurs de pizza frites, les plateaux d’huîtres ou de fromage voire les boulets titillaient généreusement les narines et faisaient gargouiller les estomac. De la ruée de l’après-midi, avec le passage qui s’étrécit, les stands auxquels il faut jouer des coudes pour se faire une chtite place, …

VBR, ce sont des émotions: ce pauvre Théo qui se fait piquer son pinard pendant la nuit, et bien embêté de rien avoir à faire goûter, puis qui reçoit un appel de la police belge (big up) qui a réussi à remettre la main sur presque toutes les caisses dérobées.

Des rencontres: j’ai eu une espèce de coup de foudre pour une jeune femme. Elle m’a approché, timidement: « on est amies FB ».

(j’en profite pour faire une parenthèse: j’ai un  vrai souci, j’ai beaucoup de mal à associer les visages et les gens. Sauf à avoir rencontré la personne en question plusieurs fois, j’ai beaucoup de mal, les traits me sont familiers mais incapable de faire le lien. Pire, si c’est une personne que je croise habituellement dans un certain contexte, si on change ce contexte, il est possible que je ne la reconnaisse pas. Donc, désolée mais voilà).

Constance est une jeune sommelière qui a décidé pour parfaire sa connaissance des vins, de passer un BTS puis une licence. Elle fait donc en ce moment un stage chez Quentin Bourse (le Sot de l’Ange, Loire). Et c’est un régal de nana: d’abord, elle aime sincèrement le vin. Elle déguste très bien. Et elle est d’accord avec moi.

Pour être plus juste: nous avons vite compris qu’on était sur la même longueur d’ondes, lorsque nous avons entrepris d’aller titiller un producteur de champagnes vegan (impossible à louper, un immense roll-up derrière son stand affichait les couleurs). Sans entrer dans le détail, la morale de cette rencontre c’est « méfiez-vous des gens qui vous disent « avoir un certificat vegan parce que c’est facile à obtenir et bosser comme en bio mais qu’un passage à la certification bio leur coûterait 150 000 € car cela inclurait de changer ses méthodes de travail et d’avoir plus de personnel ». Je croyais que c’était déjà comme en bio. Ha?

Revenons à notre Constance: je pressens – même si elle n’est pas fixée encore sur ce qu’elle veut faire plus tard – que cette jeune femme fera de jolies choses dans / pour le vin dans les années à venir. Go, Constance, you rock.

Trêve de plaisanteries, je n’ai pas goûté autant de vin que j’aurais voulu, dédicace oblige, papotage faisant loi, mais quelques coups de cœur:

– Larcin, château Barouillet: un sublime rouge, abouti, profond, noir comme un secret à partager à deux, qui pète de cerise noire et finit sur le noyau à sucer. Grand.

Prima Vendemia domaine Delettre: à côté du géant Herlin, il y avait ce jeune homme un peu timide. Bien m’en a pris de goûter: pur fruit, que du glou, c’est pour les moments de plaisir.

Saint Joseph, les sabots de Coppi, domaine de l’Iserand: à côté de l’Alezan (décidément, les bons s’attirent). Jean-François s’est lancé récemment, et son saint-jo veut déjà le coup d’œil (de langue?). C’est précis, net, en place, poivré juste ce qu’il faut.

Un gros coup de cœur général pour l’Alsace, avec les éblouissants Geschikt et le talentueux Schloegel du domaine Lissner, l’excellent Beck-Hartweg (Y a bien aussi Kumpf-Meyer mais je veux pas qu’il prenne la grosse tête, Yapuka)… mais on le savait déjà.

En ce qui concerne la dédicace, elle eut une thématique « jaune d’abord » avec le toujours coloré Olif (ce pantalon). Venu pour signer De profundis degustatibus, mais aussi quelques Tronches 2 (le 1 est épuisé) et 10 façons d’accompagner le vin jaune, le prince de la Cancoillotte était en forme.

Jamais sans son jaune, dit-on. La preuve en image:

On salue les nombreuses #Womendowine présentes, dont une a réussi l’exploit de me faire goûter une bière alors que j’y avais subtilement échappé jusque là. Il faut dire que Catherine, à l’argument « elle est passée en fûts de vin jaune » m’a eue. Coquine.

Bref, un salon humain, rempli de gens biens, d’amour, de folie, de passions, de bières, de vins, de rebelles, de bonne bouffe, de rigolade, de smouacks, de mercis, de love je l’ai dit déjà, de petites mains qui font un travail de titans pour que tout fonctionne, d’une équipe du tonnerre, et de chef·fe·s d’orchestre vachement à la hauteur.

A l’année prochaine, Bruxelles, t’es vraiment la plus belle quand tu deviens rebelle.

 

 

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Une réflexion sur “Vini Birre Ribelli: 4ème de folie

  1. J’ai rencontré Jean-François Malsert (Domaine de l’Iserand) à Lyon lors de Sous Les Pavés La Vigne – il écume les salons, le bonhomme ! C’est sûr que son Saint-Jo dépote ! Un super jus qui laisse bien la Syrah et son terroir s’exprimer. Son viognier est assez addictif également 🙂

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