L’abécédaire de Beau

Si quand vous voyez quelque part écrit  « Beau » et que vous pensez « oui, comme Bowie », c’est indiscutablement la preuve que vous avez un goût merveilleux en matière musicale (David, tu nous manques) et qu’indubitablement, vous êtes quelqu’un de bien. Si quand vous lisez « Beau » et que vous pensez à Beauthorey, c’est que vous avez une belle culture P (p, comme pinard, qu’alliez-vous imaginer?) Vigneron, depuis une bonne trentaine d’année en Languedoc mais aussi au Chili, le bonhomme a expérimenté, fait, vinifié et partage son expérience dans un livre sous forme d’abécédaire*, un format décidément très à la mode. 

Christophe Beau prend le parti de nous montrer sa vision de vigneron, ancré dans son sol et ses convictions, pratiquant la biodynamie. Il nous prévient: c’est un livre destiné avant tout aux autres vigneron·ne·s, pour enrichir leur réflexion, pour peut-être être un point de départ aux volontés de s’installer.

Et c’est plutôt bien vu, bien rédigé**, avec un soupçon d’esprit taquin quand il faut (vision notamment des réseaux et du monde des blogs), avec beaucoup de pragmatisme et sans dogme. Nature, rebelle mais pas sans raison, capable de prôner le « bordel organisé » quand il s’agit de la paperasse (s’agirait de pas se laisser bouffer par elle), c’est à lire, car apaisant: on n’y aborde jamais la viticulture comme une lutte déraisonnable, on n’y présente pas l’homme comme ayant forcément raison, mais Christophe Beau évoque au contraire les nécessaires tâtonnements, les éventuels couacs, sans édulcorer et tomber dans un remake de « la petite vigne dans la prairie ». Pour autant, Beau prône le partage (d’expériences) et l’entraide, selon lui indissociables de l’aventure vignes.

De A à Z, on aborde pas mal de thématiques, notamment – et ça c’est intéressant car assez peu évoqué – comment vendre son vin quand on est vigneron·ne, comment gérer sa « présence » dans les salons… Après, ce ne sont que des pistes et des conseils, jamais des voies à sens uniques. J’aurais bien aimé d’ailleurs un F comme filiation (son fils, Victor, est lui aussi vigneron au domaine Inebriati: curieuse de voir comment cet « héritage » se passe… Est-ce qu’avoir un fiston qui met ses pas  dans les pas du père, tout en étant indépendant, est facile à gérer? Source de fierté? D’inquiétudes?).

Dessin @Sinthia Gonzales extrait du livre

Pour ne pas faire les choses à moitié, on soulignera tout de même que le travail d’illustration de Sinthia Gonzales est impeccable (et puis y a un chien sur chaque dessin, forcément, j’adore). C’eut été un comble de s’appeler Beau et d’avoir un livre moche.

Bref, c’est un bouquin dont on ressort avec l’envie d’aller taper sur l’épaule du type qui l’a écrit, histoire de boire avec lui un canon ou deux, de découvrir ses vignes et de prolonger la discussion.

ABCédaire: être vigneron en liberté, Christophe Beau Sinthia Gonzalès

Tonnerre de l’est, Collection Grapillages, 17 €

*livre envoyé par l’éditeur

**décidément, voilà une maison d’édition qui sait sélectionner ses plumes vigneronnes, voir Onfray: le vin mauvais?

 

 

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