Prowein: tout schuss !

ça c’est quand je suis trop contente d’avoir de nouveaux badges dans ma collec’

Prowein, pour celles et ceux qui l’ignorent c’est un énorme salon professionnel du vin (et de certains spiritueux) basé à Düsseldorf.  C’est plutôt très sérieux, très gigantesque, et très compliqué.  Entre les vins de Bolivie (si si, ça existe), de l’Uruguay, d’Argentine, les sakés et autres au Japon, les vins très nombreux de méditerranée (Portugal, Espagne, Grèce, Italie), ou les Suisses, Autrichiens et bien sûr allemands, puis tout le reste, le choix est cornélien.

Difficile en effet de se refréner: on aimerait bien tout goûter, mais physiquement, c’est un peu impossible (à moins d’être soudain doté des pouvoirs de Flash Gordon et d’une hypermnésie, ainsi que d’un estomac bien résistant car on a beau cracher…).

N’y faisant qu’un saut de quelques heures, j’ai privilégié la France. Hé ouais. Je suis comme ça, moi. La chance aux français·e·s!

Je vous le dis de suite: j’ai failli prendre mes clics et mes claques et me barrer vite fait, pourtant. Premier arrêt à un stand. Je vous plante le décor: mon binôme et moi (munie de mon badge ORANGE women do wine, qui est un peu VISIBLE donc) nous accostons le monsieur derrière les bouteilles soigneusement alignées.

– Bonjour monsieur

-Bonjour monsieur

-(…)

(Moi je tricote un pull en poils de yack)

-Blablablablabla 

-Blablablablabl

-(…)

(mon pull avance hyper vite, vu que personne ne me parle/ ne fait attention à moi)

-Voulez-vous déguster?

– Bien sûr! 

(Ouf, je vais ptet laisser tomber le tricot)

Le monsieur sort UN verre de dégustation, le pose sur le comptoir. Un seul verre, pour le mec à ma droite – ce traître –  qui me regarde en coin, l’œil qui frise. Un SEUL. VERRE.

(Manifestement, moi je reste au tricot )

J’ai du tout de même faire une drôle de tête, parce qu’enfin, il m’a proposé un verre: j’ai décliné. Non mais.

S’en sont suivies de longues minutes d’ennui (de ma part), de rigolage dans sa barbe (de mon binôme), avant d’enfin prendre congé. Les messieurs se sont serrés la main, moi je ne pouvais pas, rapport au pull, et à la traite du yack.  La morale de cette histoire? Prochaine fois, je me fais tatouer sur le front « MOI AUSSI JE DÉGUSTE » comme ça c’est plus clair.

Anybref.

C’est d’un pas énervé que nous (enfin je, mon acolyte se marrant comme une baleine torve), arrivons dans les stands Loire.

Et là, le cool est descendu sur terre: d’abord, le grand sourire de Marie Luneau-Papin (leurs muscadets, faits avec Pierre-Marie, le mari de Marie, c’est vraiment de la bombe bébé).

Marie: « Moi, ma passion c’est manger. Tenez, un peu de crottin, et de saucisson de sanglier »

Ensuite, celui un poil plus retenu d’Emmanuel Ogereau. Puis ses ch’nins. Je le confesse d’emblée: j’ai beaucoup d’amour pour le chenin. Ça veut aussi dire que je ne lui pardonne pas ses excès, sa lourdinguerie quelquefois quand on ne sait pas (où) le conduire. Et alleluia: lui, il sait. Faire des vins purs, dépouillés (mais pas maigres), élégants (mais sans se la péter).  Les blancs secs jouent tous dans cette gamme singulière, expressifs et traçants: énorme coup de cœur pour le spilite (du nom du terroir en question). Au rayon douceurs, le quart-de-chaume, nouvelle acquisition familiale est un chouchou. Un nez incroyable, très exotique mais aussi floral, une bouche qui rappelle le bonbon à l’ananas, avec une finale longue et fraîche: longtemps que je n’avais plus goûté un liquoreux aussi grand.

 

Je suis un peu moins fan des rouges, même si l’Anjouée, le « p’tit » rouge est une belle démonstration de fruits. Bref, le jeune Ogereau fait du beau.

De la Loire, cap sur Bordeaux (si si, y en a des biens). Les frères Todeschini au sommet de l’art capillaire (et du support à WDW, visez-moi les badges).

Les jaloux diront photoshop, alors que non, fiers comme des bars-tabac

Leurs nouveaux bébés ont de l’allure: le petit dernier, tout fruit, cerise noire en tête est destiné à être bu très vite (trop?). L’ Autre, c’est une expérience: pas de passage sous bois, que de l’amphore pour conserver un maximum de gourmand-croquant. Et ça fonctionne plutôt bien.

Dans les bacs aussi, titiller le goût du blanc: presqu’un hectare qui sera consacré à faire un blanc, avec de la roussanne (?!) le rêve secret des frérots depuis un petit moment. Les deux millésimes disponibles ne sont pas vinifiés par les frères, il faudra attendre 2018 pour déguster le fruit de leur réflexion.

Les saint-em’ sont comme d’habitude de très belle facture, pas grand chose à jeter, juste des préférences sur un millésime ou l’autre (beaucoup aimé pour ma part les 2011 et 2014).

Dans la famille ils osent tout ces vignerons je demande le mec qui fait de la bière car il « faut faire des expériences et c’est marrant ». Mon sang patriotique n’a fait qu’un tour. Comment, un FRANÇAIS qui veut faire de la BIÈRE? Comme si un suisse voulait se mêler de faire du chocolat, n’importe quoi.

me dicen el clandestino (moi aussi je connais Manu Chao, ça va)

Je ne pouvais pas laisser perdurer cette infamie sans réagir, j’ai donc goûté. Et ben… C’est plutôt bon, dans le genre bière de large soif quand t’as épuisé tout l’album de Led Zep en le hurlant, brosse à cheveux en guise de micro, car c’est comme ça qu’on écoute du rock. Germain a eu beaucoup de chance (et puis, soyons honnêtes, ses cahors sont tellement bons que je lui aurais pardonné même s’il avait fait de la pisse d’âne)(je vous ai déjà confessé mon amour des vins de cahors, et de toute cette génération incroyable de vigneron·ne·s là-bas?) (oui, je radote, c’est l’âge).

Tout cela est fait, cela va sans dire en courant, tel le proverbial lapin blanc: et en parlant de lapin, voici la bout de la quille du Lelièvre. Grosse surprise avec cette méthode trad’ de Moselle tendre, joyeuse, et qui donne à rêver aux après-midi de printemps; épaules à peine réchauffées d’un gilet, à en siroter sans fin en terrasse.

And last but not least on clôt ce billet foutraque avec une néo-vigneronne: Cécile de Escher et Thomas fait des bulles originales à base de melon de Bourgogne, de sauvignon, de grolleau et/ ou de gamay, en Loire. C’est pourtant pour son gamay que j’ai craqué (bien que j’aime aussi les gars mais jeunes, moins): une bulle rigolote, qui appelle à en re-siffler un verre, puis deux, avec les potes ou sa, son amoureux·se … Gros plaisir en vue! Il va falloir suivre son boulot, ça augure de jolies choses déjà.

Düsseldorf, c’est fini: à l’année prochaine!

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s