David dans la brume *

Photo @ David Large

Photo @ David Large (même que tu peux aller voir sur son site http://www.davidlarge.fr)

*brume, brouillard…

J’aime bien les vins qui me prennent par surprise. J’adore ouvrir une bouteille, après l’avoir tâtée, observée, soupesée, imaginé comment le liquide serait, et puis… Bam, aouch, uppercut, pas le temps de riposter. T’es un peu sur le cul, tu te poses des questions. C’est bon. Lire la suite

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Grêle, gel, et manque d’assurance(s).

source @vitisphère

Chablis, cognac, saint-bris, fleurie, morgon*… Toutes ces appellations ont la triste particularité commune d’avoir été touchées par la grêle, ces jours derniers. Parfois déjà par le gel, aussi.

Les premiers dégâts visibles sont à la vigne: bourgeons morts, branches cassées, tâches marrons sur le feuillage qui indiquent des nécroses dues à l’impact des grêlons. Certaines parcelles sont déjà vendangées: il ne reste qu’à faire tomber les bourgeons morts. Si la vigne se reprenait, et arrivait à ressortir des bourgeons, beaucoup de chances qu’ils soient non fructifères, ou ne donnent que des grappillons insignifiants, et impropres à vinifier. Lire la suite

En attendant

cropped-1944.jpgC’est pas moi, c’est vous!

Oui, bon, ok, c’est moi ma très grande faute. Un mois, un mois presque complet que je n’avais pas remis les papattes ici. Pas faute de n’avoir rien à dire, ou de ne rien avoir bu d’intéressant: juste pas le temps. Les foutues journées ne faisant toujours que vingt-quatre foutues heures, et mon satané cerveau quémandant ses huit bonnes heures de sommeil…

Ceci dit, vous n’en avez peut-être rien à carrer, et  vous auriez raison. En guise de pardon, un survol de ce qui se goûte bien là, tout de suite maintenant (je préfère vivre de mon vivant, tant qu’à faire).

Une surprise de boite-à-lettres, vin vers lequel je n’aurais pas été spontanément. J’aurais eu tort: sans me surprendre, il a le confort du vieil amant qu’on retrouve, des baisers faciles et des odeurs familières. On repart comblée, gentiment heureuse, avec la fatigue amoureuse qui tombe sur les reins: c’est bien!

barmes

Les vins du Jura, c’est mon Amérique à moi (peut-être qu’elle est trop bien pour moi, et alors?). Quand on vous offre du divin, quand on vous met des étoiles plein les yeux, il ne faut pas craindre le retour du bâton(nage). Ce chardonnay, ample, mignon, titillant la langue et l’intellect, faisant resurgir des goûters chez mamy, la bonne tartine de beurre frais, quelques abricots en guise de garniture, ça vaut tout.

divin

Je ne suis plus jeune fille en fleurs depuis longtemps, pourtant j’irais bien refaire un tour du côté de ce coquin là. Les Acacias, fleurs faussement graciles et entêtantes, à la légère note poivrée, on en cueillerait des brassées. Finalement la jeunesse, c’est très surfait: là, c’est la maturité qui s’exprime. De caractère mais sans l’avoir mauvais, puissant mais maîtrisé, ce n’est pas du cahors, c’est un poème élégant.

cahors

L’effronté fronton est ce joli petit jus qui vous claque dans la bouche, vous retapisse le palais de mûres mûres, et vlan que je te flanque cerises, puis macis, puis un poil de zan pour compléter l’affaire. Moi je suis raide: c’est bon quand ça file droit.

gui

Agitant ses grelots
Elle avança
Et prononça ce mot:
Aldérica!

Presque. Sur un malentendu: comme celui de la contre-étiquette (et mes contre, tu les aimes mes contre?) vraisemblablement mal collée, annonçant pour ce blanc gracieux et sauvage à la fois « carignan et mourvèdre ». Le maccabeu riait sous cape, je m’y suis fait prendre, la victime était si belle, et le crime si gai.

alde

Et on termine avec une belle paire: l’une est fluide, souple, se faufile comme une anguille, violette entre les dents, langue rose à peine dardée, c’est la Fleurie. L’autre, bien campé sur ses deux pieds, solide, joue les maîtres de cérémonie. Trois coups et bam, entrée en scène. Le beaujolais a trouvé de merveilleux acteurs: profitons-en!

poq

Never mind the bojo!

*merci Remy, pour le titre

Ha, Novembre, ses premiers brouillards matinaux, son crachin, les trottoirs mouillés dans les villes tentaculaires, et son beaujolais nouveau. Paf !

Le beaujolais nouveau, porté au pinacle par certains, honni par d’autres, ne laisse jamais indifférent. C’est sûr.

C’est la semaine où, accessoirement je souffre -pas toujours en silence- tant le journaliste lambda s’en donne à cœur joie, à coup de micro-trottoir et d’interviews de comptoir à rabâcher des clichés mille fois éculés. On en écrit à son sujet, de kilomètres de commentaires, le plus souvent désagréables.

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Des couilles et du S&X

wpid-img_20150821_223926.jpg« Hé mais les bouteilles que tu goûtes, tu les choisis avec combien de grammes dans le sang » me fis-je héler par un vigneron sudiste dont – parce que je suis une gentille fille- je préserverai l’anonymat.

Le gaillard s’avisait de mon alcoolisme latent après que j’eus partagé successivement des « couilles d’âne » et puis un « lapin de Noël ». Hors contexte, ça peut troubler. Les coupables, les voici: Lire la suite

L’hummer du samedi: triple boum

Allons bon, voilà que wordpress me propose d’écrire « sans distraction »: plutôt rigolo quand on sait comment je rédige. Entre deux averses, trois cafés, un « maman, elle est où ma DS », quatre claquement de portes… Bref c’est l’humeur du samedi, back dans vos bacs (à fleurs). J’ai le mood primesautier et positif, en ce moment: le soleil, l’été, les gens, les amis? Une conjugaison parfaite: pourvu que ça dure. Ce sera donc un billet d’humeur sans gueulante et râlerie, c’est ouf, je sais. Causons vrai. Lire la suite

Extension du domaine de la soif

houeSoyons polémiques tout de suite: j’aime beaucoup Houellebecq. Pas l’homme que je ne connais pas, mais l’écrivain. J’aime sa façon d’écrire, j’aime l’ordonnance de ses mots, j’aime ses poses, j’aime la façon qu’il a de dépeindre une réalité, la sienne. Je n’y adhère pas, mais c’est le propre d’un auteur: nous emmener dans des endroits où nous pensions ne pas aller, nous hurler dessus un peu, nous bousculer. On ne sort pas de ses romans sans réfléchir. Chaque fois que j’en ouvre un, je sais que je vais tiquer sur certains passages: c’est bien pour ça que je les lis. Ceci mis à part, causons pinard. 

Parfois on cherche, en ouvrant une bouteille de la complexité, à jouir indéfiniment de décrire telle ou telle strate, tel ou tel état, la façon dont le vin va évoluer dans le verre. On est bien content de faire appel à tout un vocabulaire compliqué, codé, bien en place. On prendra du temps à mettre son pif dedans, à laisser ses narines s’emplir de nuances, fruits, épices, fleurs, fumée. En bouche, il sera décortiqué, disséqué, on observera chaque frémissement, on fera rouler chaque goutte entre langue et palais, puis minutieusement on lui donnera vie avec des détails, du verbe et des images. Lire la suite

Hummer de mai: j’écris ce qui me plait

Ce billet d’humour et d’humeur va être complètement décousu (de fil blanc). Je pose en vrac mes idées là, pour pas qu’elles se barrent à Kouda. 

Je regardais ces petites meufs, iphones à la main, selfiant à tour de bras, gloussant pour les beaux yeux d’un Kevin ou d’un Kendji, dans leurs jeans savamment troués. Comme un réflexe m’est venu: « Pfff, je portais les mêmes à 15 ans » avant de me souvenir que ma mère m’avait dit exactement pareil à cette époque. Rien ne change au fond, on évolue, le mascara quand il coule s’enfonce un peu dans les rides, on continue à glousser pour les beaux yeux d’un Laurent ou d’un Thierry, sauf qu’on ne porte plus de jeans troué.

Le temps passe. Le temps file. Le temps fait tout: il apaise, rassure, colle une furieuse part de doute aussi: comment je serai dans cinq ans, dans dix ? Lire la suite