Derenoncourt on tour

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Derenoncourt a indubitablement une gueule. Il aurait pu être marin, voyou, ou qu’en sait-on? Il a choisi la vigne, un peu par accident, un peu comme une heureuse coïncidence. Besoin de changer de vie pile en septembre, il fait les vendanges. La terre, le raisin, les chais: rencontre(s)! C’est le début d’une longue histoire, et tout le propos du bouquin Wine on Tour, qui sortira en librairie le 22 octobre. De Dunkerque aux grands châteaux du bordelais, mais aussi aux domaines du Liban, du Maroc, des Etats-unis, il raconte son parcours assez atypique et rock’n’roll.
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Hummer de mai: j’écris ce qui me plait

Ce billet d’humour et d’humeur va être complètement décousu (de fil blanc). Je pose en vrac mes idées là, pour pas qu’elles se barrent à Kouda. 

Je regardais ces petites meufs, iphones à la main, selfiant à tour de bras, gloussant pour les beaux yeux d’un Kevin ou d’un Kendji, dans leurs jeans savamment troués. Comme un réflexe m’est venu: « Pfff, je portais les mêmes à 15 ans » avant de me souvenir que ma mère m’avait dit exactement pareil à cette époque. Rien ne change au fond, on évolue, le mascara quand il coule s’enfonce un peu dans les rides, on continue à glousser pour les beaux yeux d’un Laurent ou d’un Thierry, sauf qu’on ne porte plus de jeans troué.

Le temps passe. Le temps file. Le temps fait tout: il apaise, rassure, colle une furieuse part de doute aussi: comment je serai dans cinq ans, dans dix ? Lire la suite

VDV #74: le vin qui a des haltères *

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*un thème musclé *

Ce mois, c’est l’excellent – pas moins, il est très bien, lisez son blog- Fred du Vortex qui nous impose:

Soyez les chantres des vins simples qui vous désaltèrent. Le blanc vif qui, à grandes gorgées, dissout le gras de la tartiflette hivernale. Le rouge qui glisse et dessale le palais d’un casse-croûte saucisson jambon cru pâté fromage. Le rosé « bien frais, bien agréable » qui, sous le cagnard de l’été, évite la déshydratation devant le barbecue brûlant. Pour cela, il suffit de rédiger un texte avec une petite photo sur votre vin de soif. Dans ce petit texte, n’oubliez pas :- D’annoncer le thème des Vendredis Du Vin. – De Faire un lien vers le blog du président du mois (ma pomme) et vers le blog des Vendredis du Vin. Publier votre participation le Vendredi 27 mars sur votre blog, sur la page Facebook des Vendredis du Vin et sur celle de l’événement. Si vous n’avez pas de blog, ou pas de compte Facebook, vous pouvez m’envoyer vos textes et photos par mail (ftruchon.ft@gmail.com) ou poster votre participation en commentaire ici. Sur Twitter, vous pouvez publier avec le hashtag #VDV.

Bien entendu, fidèle à moi-même, je n’ai pas pu m’empêcher de fiche un jeu de mot dans le titre, il me pardonnera, hein, Fredou?

Il a raison: les gens sont à cran, on a bien besoin, en ce début de printemps d’un immense câlin autour du vin, sans intellectualiser, sans tomber dans les sempiternels et fatigants débats, on a besoin de ces jus clairs avalés en moins-de-deux, et de grosse marrade avec les potes.

Alors quoi, lequel?

Du rouge léger qui glisse?

Du rosé frais comme un baiser ?

Du blanc simple, mais suffisamment nerveux pour pas que tu molisses?

Mettez-m’en un, mettez m’en deux, mettez m’en trois! Au diable les varices !

Commençons par le rouge. 

Drôle d’étiquette, je sais. Drôle d’histoire. Je reçois un échantillon: on me dit, tu verras, c’est le petit frère du château, on a voulu faire une cuvée un peu facile, plus accessible. Je goûte: c’est épatant ! Plein de fruit, avec une fraîcheur à laquelle je ne m’attendais pas. Ça claque, et ça coule tout seul: la bouteille est vidée en trois-quart d’heure maxi. Puis je reçois un coup de fil:

« Ecoute, on a un souci. Notre étiquette est trop ressemblante avec celle d’un autre vin, et même si ce n’est pas dans la même appellation, on va devoir ré-étiquetter, sans doute renommer ce vin. »

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indice

Procédures, quand vous nous tenez. Ce n’est pas le premier vigneron qui doit y faire face, au Mas del Périé Fabien a du par exemple renommer sa cuvée La Pièce. Du coup, le vin restera mystère, jusqu’à ce que cette histoire d’étiquettes soit réglée. Mais promis, je vous en parle dès que c’est possible.

En blanc, je voulais du tonique, du frais, du vif, du qu’on boit sans craindre le mal de crâne et sans regret.

Paf je l’ai ! Un vin de moselle, qu’on boit même sans tonnelle, la vie est belle! La toute jeune vigneronne Eve – et son père, et ses frères- produisent rouges, blancs et effervescent. Elle est même devenue une Tronche, la nana.

De nana à ananas, il n’y a qu’un auxerois (pardon). Celui-ci issu des plus vieilles vignes du domaine bluffe. Son fruit exotique, son charme, sa légèreté, comme une bulle de printemps qui t’éclate à la gueule. T’en redemandes, forcément. Y en a plus, forcément.

Go on Eve, on tient la genèse d’une belle histoire!

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Domaine des Béliers, la vigne aux oiseaux, AOP Moselle

Au printemps, au printemps et mon coeur et ton coeur sont repeints au vin blanc: on va donc se rincer au rosé. Celui-là, déjà, il s’affiche classe avec sa jolie bouteille à bouchon verre, s’il-vous-plait. Tu sens bien que c’est pas la quille vulgaire et sucraillonne des soirées campings. Alors, tarin dedans, tu t’attends à de la rectitude, presque de la sévérité bourgeoise. T’as tort: des petits fruits rouges te titillent, tu vas plus loin, sur la langue la fraise s’éparpille, tes papilles frisent, c’est bon, c’est simple comme une belle tranche de pain beurrée de frais. Clap clap, font les palais en émoi.

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chateau de la Négly, la Natice, AOP Languedoc 2014

Trois vins de soif, de plaisir, de bonheur, de simplicité.

Un mot à ajouter?

Ah oui: picolez !

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Pomerol, c’est bon pour les guibolles*

pomNote: les images que vous rencontrerez peuvent choquer un public non averti. Donc, vous l’êtes. Haha. 

Hier, dégustation ! Et sérieuse: pensez, on devait goûter du pomerol, ce qui n’est pas exactement de la roupie de sansonnet.

Pomerol est une appellation de « vins rouges plutôt foncés » d’après Wikipédia. Raccrochez vos mâchoires, je vais en dire un peu plus. Lire la suite

Le plat: le porc d’Amsterdam!

*Flo, ça s’adresse à toi: je ne pouvais pas laisser passer l’occasion de te taquiner. VIVE LES PAYS-BAS. 

Le plat c’est sérieux! Je sais qu’à Noël traditionnellement c’est la dinde, voire d’autres volailles, plus petites, plus adaptées à nos fours et à des tablées moins conséquentes. En tous cas ici. Car j’ai demandé à Floriana, vous savez la responsable du club Carbonara, de nous parler d’une recette traditionnelle italienne. J’ai des souvenirs encore émus et très repus de réveillons italiens. Ça ne rigole pas avec la bouffe, en Italie, au quotidien. Alors je vous laisse imaginer les jours de fêtes. La mamma, et toutes les autres, grandes ou petites sur le pont, dès l’aube. Ça rissole, ça frit, ça pétrit, ça touille, ça se bouscule, ça frémit, ça remue, et bout, et emballe, et réserve au frais… Y a dans cette grouillance, dans cette urgence, dans ce plaisir de remplir les estomacs un amour  infini. Des rires et des engueulades à n’en plus finir. La nourriture en Italie, peut-être encore un peu plus qu’ailleurs ne sert pas qu’à contenter les panses: elle caresse l’âme, et vous parle de petites et grandes histoires. Lire la suite

Vini Birre Ribelli, en express

wpid-dsc_6383.jpgHier déjà avait lieu et  aujourd’hui se tient encore le salon Vins et bières rebelles à Bruxelles. Une première pour salon qui veut rassembler le meilleur du vin nature, bio, rebelle. wpid-img_20141207_183606.jpg Patrick est une partie de l’organisation: hier on le sentait stressé même si la foule se pressant derrière le stands montre  que cette portée sur les fonds baptismaux s’est plutôt très bien déroulée.

Pour cause d’emploi du temps surchargé je n’y ai fait qu’un bref saut mais voici les choses vues et bues dont quelques coups de coeur.

On entame avec Skerk, vin du Frioul qui comme chacun sait se situe dans le Nord de l’italie. wpid-dsc_6377.jpgLes blancs sont vins de macération (deux mois durant) ce qui leur donne un goût tout à fait particulier.  J’ai aimé la malvasia, mais le coup de coeur va à l’assemblage où le pinot grigio se fait séducteur.  Vin rouge en dessous des blancs.

wpid-img_20141207_182854.jpgLe temps de faire la bise à Philippe, le tenancier géant du Lieu du vin et … ha oui, on a beau être dans un salon belge, y a du frenchie en masse.  Les parisiens Antonin et madame, la ligérienne Eva et monsieur, Antoine le dealer de vin et sa compagne, on dégotte même du blogueur jurassique en pleine forme et conférence. wpid-dsc_6410-1.jpg Mais zou, on enchaîne sur la plus belle découverte du salon.  

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Tous les vins, chez Elio Sandri, que ce soit l’assemblage des trois cépages rouges, ceux vinifiés séparément, tous sont remarquablement construits.  Frais, plein de fruits, gourmands pour reprendre une expression mode.  Le barolo 2007, avec son côté un peu retour en forêt d’automne, son fruit discret mais juste ce qu’il faut et sa finale longue achèvent de me convaincre. « On prend le temps de sortir les barolos quand on peut les boire ». Mettez-m’en un magnum ou deux!

Plus loin,  la Morandina présente deux barbera d’asti, l’un en cuve inox, l’autre passé en fûts. wpid-dsc_6403.jpgBien foutus, ma préférence va au premier, pour le joli fruit.  La surprise viendra d’un muscat pétillant à 5 degrés, chouette comme tout pour les apéros d’été (oui c’est encore loin mais soyons prévoyants).

Toujours en Italie, grand sud, un tout petit monsieur âgé présente trois vins. Le premier, en assemblage de negro amaro et malvasia nera est un concentré d’olives noire.  Le parfum, le goût et même le gras du vin tout rappelle la perle noire.  Fou.  Mon gros crush va au primitivo, du même monsieur.wpid-dsc_6401.jpg  C’est exactement le vin dont on imagine les raisins en plongeant le nez dans le verre. Cuits par le soleil, rôtis, c’est délicieux et suave. Elle avait un joli nom mon guiiiiiiiideuh.

Je vous ai dit que ça regorgeait de français ? Goûté avec plaisir les chinon du domaine de l’R, adoré Cornelie 2008 en haut-médoc,  loupé France Gonzalves en beaujo, qui chaque fois que j’y suis passée était absente du stand…

Le français est parfois culotté, on le sait. Il faut ça, pour venir présenter de la bière française sur un salon belge, non ? Le défi m’effraie pas Pierre et Laurence.

wpid-dsc_6390.jpgSouriants et détendus, avec Noisette le bichon, ils présentent Étienne, une bière d’apero et Océane.  La première est plaisante, mais c’est surtout la seconde qui récolte mon vote.  Aromatisée au gingembre, cette bière en biodynamie est très équilibrée, ni lourde ni piquante comme on pourrait le craindre.  Tout de suite, elle m’a donné envie de sushis, de sashimis, et de cuisine fine mais pleine de goût.  Bref, très très belle surprise.wpid-dsc_6388.jpg Si les français se mettent à faire de la bonne bière, où va le monde ? Il ne nous restera plus qu’à faire du bon vin. Ahem.

Grosse gamme chez Stéphano Belloti, des blancs au top, des rouges qui m’ont un peu moins botté (haha, oui, la Botte, tu es consterné lecteur, tu peux). Néanmoins, je retiens ceci.  Femme toute nue, et grand plaisir.  wpid-dsc_6419.jpg

Il était déjà temps pour moi de m’eclipser: trop court mais c’est la vie d’artiste.

Une dernière tronche pour la route, le François Adam, caviste-resto-comique de Papplevignes.wpid-img_15803302116555-1.jpg

On était bien, tintin.

Si vous avez un peu de temps, foncez donc sur ce salon. Sinon… ben il faudra attendre l’année prochaine.

Les closeries, sans s’faire mousser*

390Aujourd’hui, c’est particulier. Le vigneron est une femme! Plutôt deux fois qu’une, même. Un duo de vigneronnes, ça ne court pas forcément les rues (ça préfère arpenter la vigne).

Je ne sais plus comment j’ai eu des Closeries des Moussis sur le bout de la langue, j’ai égaré la source. Peu importe: j’ai aimé leur vin, et ayant discuté avec une des deux au moins, j’ai supputé qu’aller les voir, chez elles, serait une bonne idée. Lire la suite

Rousset-Peyraguey, l’ilot pirate

278Et un vigneron de plus à croquer ici. Une visite complètement imprévue, en réalité. Je ne voulais pas « charger » mon programme de vacances, laisser des plages de liberté pour les gosses.

Sauf que, d’où je logeais je n’étais qu’à 10 minutes de sauternes.

Tentant. Sans réfléchir trop, une évidence s’est imposée: sil y a un bonhomme à aller voir à Sauternes, c’est lui. Lire la suite

Gombaude, la force tranquille*

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*quand t’as maté les épaules, t’oses plus moufter.

Inaugurons la série de portraits avec Olivier. Je ne sais pas s’il est encore utile de le présenter, tant il a crevé l’écran en arrachant les poteaux dans Vinobusiness. Mais si, vous savez, le jeune ébouriffé de Pomerol. J’aime beaucoup ce type-là: son discours est clair, cohérent. Il a de l’humour. Et il n’est jamais avare d’explications.

Gombaude-Guillot est donc une propriété familiale à Pomerol. Lire la suite

Initials B.B (beautiful Bordeaux)*

201*bioutifoul bordowwww qu’on dit.

Il est des bonheurs inracontables. Heureusement, ce n’est pas le cas ici, sinon je n’entamerai pas une série qui je l’espère s’avérera intéressante, amusante, passionnante, biffez les mentions inutiles.

Bordeaux, c’est une ville: c’est ballot, je n’y ai pas mis les pieds, malgré les plus de 4500 kilomètres parcourus en 10 jours.

Bordeaux, c’est aussi – surtout- une région viti-vinicole. Mais pas que.

Ce que j’ai envie de vous raconter, ce n’est pas forcément le bordeaux dont on parle à grand bruit, petits souliers et gants blancs. Non, moi je préfère vous emmener dans les jolis bistrots, chez quelques vignerons authentiques, loin des « grands ». Ceux dont je vais vous parler méritent peut-etre encore plus ce qualificatif de « grand ».

Si la petitesse de leurs exploitations, si la petitesse aussi parfois de leurs moyens ne les portent pas au pinacle des classés et autres toqués du tocsin, ils font de ce métier exigeant qu’est la vigne une passion, une gageure, parfois un exploit. Je deviens carrément dithyrambique? Et alors? Lire la suite