Atlas de la France gourmande: lisez, salivez!

1540-1Je n’en sais que peu sur Estérelle Payany: elle a d’abord un fort joli prénom (ce qui n’a rien à voir avec le schmilblick, mais passons), elle écrit d’alléchantes – en général – critiques dans Télérama, signe aussi dans Elle, Régal, et écrit des livres. Elle a la manie curieuse d’aimer se cacher derrière des légumes, mais ne soyons pas prudes, on a vu des marottes plus embarrassantes. Lire la suite

Manger bio n’est pas un choix

J’ai tapé « bouffe » dans google ❤

*du moins pas au sens premier

Cet article ne va pas spécialement parler de vin, mais de bouffe, de cuisine, et de tous ces trucs de bonnes femmes (sarcasme inside).

Hier, je lisais dans un papier que si environ 80% des français soutiennent les agriculteurs en colère contre la pression sur les prix, 80% des français continuent à fréquenter les grandes surfaces. Cherchez l’erreur: avec un raisonnement simpliste, on pourrait se dire « il suffirait de ne plus acheter pour que ça ne se vende  plus ». Lire la suite

Nespresso de la bouffe: c’est non!

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Automne-hiver 2015

J’aime manger. Plus que ça: j’aime la bouffe, la nourriture, le produit. J’aime sentir l’odeur des choses, apprécier leurs couleurs, leurs textures. J’aime choisir, imaginer comment je vais associer, mitonner, créer, m’inspirer de, refaire comme.

J’aime poigner dans la pâte à pain, j’aime mettre la main à la pâte, littéralement. D’abord – c’est quelque chose de très égoïste- parce que c’est éminemment sensuel. La première chose que je fais en cuisinant à la maison c’est ôter mes chaussures. Sentir le sol sous mes pieds, sans talons, sans rien entre carrelage et peau. Lire la suite

Chefs: la mayo n’a pas pris

Hier matin, j’apprenais avec stupeur qu’une nouvelle série française avec Clovis Cornillac en vedette et tournant autour de la gastronomie allait être diffusée le soir même.

Toute la journée, j’ai essayé d’imaginer à quoi allait bien pouvoir ressembler le bouzin: un chef, une cuisine, brigade, commis, sans doute quelques éléments de suspense, et des dialogues.

La cuisine est à la mode: c’est un fait. On ne compte plus les émissions qui tournent autour. Il était inévitable qu’un projet comme ça naisse. Lire la suite

L’Hummer noir*

*noir, c’est noir (et pis c’est classe)

Vous êtes nombreux et réguliers à me demander des adresses de (bons) cavistes. Et ça me fait très plaisir de vous confier aux mains de Paco, Philippe, Olivier,  Hervé, Martin, Alexandre, Pascal, .. . j’en passe et non des moindre, puis vous pouvez en retrouver plein ici. Parce que oui, il existe encore de supers cavistes, très compétents un peu partout en France.

Un caviste compétent, c’est outre le fait qu’il t’accueille  convenablement et t’écoute quelqu’un qui ne dit pas de conneries.

C’est pas si évident que ça de prime abord, je vous assure. Cette semaine, test d’un caviste spécialisé « Italie ». C’est juste un crochet parce que dans le coin, le bouclard avait bonne réputation, j’y ai trainé pas mal mes guêtres à un moment. Sauf que de l’eau a coulé sous les ponts.

« Vous auriez un vin, un peu original, bio de préférence? »

« Oulah, on n’a pas ça. Puis en Italie le vin bio, ça n’existe pas! » Lire la suite

Sexual healings*

« Champagne facials » Faut-il vraiment que je commente?

*Marvin pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font

Aujourd’hui, parlons cul.

Oui, carrément.

Allez, osons et écrivons sur le sexe, l’orgasme, les bites, les vagins, le plaisir simulé ou non, les anatomies, la mouille, la bandaison, la demi-molle et toutes ses variantes.

Ne soyez ni choqués, ni interloqués: vous devez être un peu blasés, à force d’en voir défiler partout non, des sexes au garde-à-vous?

A force de libérer la parole sur le cul, à force d’entretenir les femmes et les hommes via magazines et pubs en tous genre des bienfaits du sexe, est arrivé ce qui devait arriver: il sert à vendre tout et n’importe quoi, jusqu’à l’indigestion.

Tout doit être sexuel. Connoté. Bien mouillé ou bien dur selon les aspirations.

Le drame du siècle, c’est qu’il faut jouir et gare aux femmes qui ne connaitraient pas l’orgasme multiple ou aux hommes qui banderaient mous.

Mais la solution existe:

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Projeter tous les fantasmes sur la bouffe.

Ha le mauvais goût de cette pub… J »avoue que je frise l’indigestion mais qui suis-je pour juger de l’esthétique d’une huitre et de la comparaison opportune à une vulve, ou non? Tous les goûts sont dans la nature, tous les goûts sont dans ma nature qu’il nous susurrait, Jacques.  Ça vous remue dans vos slips? Parlons-en, et reprenons un peu d’huitres toujours (décidément…)

Le problème de la pub, c’est exactement comme pour le cul: faut que ce soit bien dosé et ça demande du doigté.

Je n’ai aucun problème à voir la corrélation évidente entre les plaisirs de bouche et ceux de la chair. Oh non.

Combien de jolis repas n’ont pas trouvé une prolongation évidente sous la couette?

Combien de chouettes jus n’ont pas fait naitre quantités d’idées lubriques? (et de bébés quelques mois plus tard, ahem).

Avec un verre de vin, et une assiette alléchante on se détend. On prend des libertés de vocabulaire, la langue claque plus facilement sur le palais, les yeux brillent, les pupilles se dilatent, les joues rosissent, la peau devient plus réceptive et on salive. Exactement les mêmes phénomènes que l’excitation sexuelle. Pas pour rien qu’on emmène le/la personne convoité(e) au resto, vive la confusion des désirs et plaisirs ultérieurs.

Bien évidemment que sexe et nourriture sont indissociables: ils n’ont pas juste cette fonction essentielle de maintenir en vie, de perpétuer l’espèce mais ils amènent du plaisir.

Parler de vin s’avère très proche de parler de cul: y a les préliminaires, respirer humer avant le moindre contact. Puis justement ce contact, la surprise de la température de la texture de la douceur ou non. Une fois mis en bouche, on savoure. Jusqu’à la dernière goutte. On en redemande, parfois.

Pour autant, faut-il en faire étalage?

Il y a une grosse différence entre célébration du plaisir et vulgarité beauf.

Et je dis pas ça parce que j’adore le pinard, mais clairement y en a peut-être une qui fait plus envie que l’autre non, dans ces deux images?

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Un peu de retenue, un peu d’ombre pudique ne ferait pas de mal. De subtilité.

Vive l’érotisme.

Une jarretelle qui claque
dans la tête comme une paire de claques

Conserver du mystère, accepter aussi que ça ne marche pas toujours. Foutre la paix aux gens sur leurs goûts ou dégoûts, et ne pas leur coller de pression sur la jouissance obligatoire.  Les chefs de cuisine sont devenus des rocks stars, garçons sexys et tatoués que les midinettes en chaleur et les ménagères aux âges variables rêveraient de se taper sur le plan de travail.

Quand ils font monter les blancs d’œufs, ce sont les téléspectateurs/trices qui se pâment.

La pâte à pain malaxée par leurs mains manucurées et ce sont des dizaines de paires de seins qui s’érigent.

Quand ils troussent la volaille, y aurait des cuisses qui s’ouvriraient ostensiblement que ça m’étonnerait même pas.

Les vignerons, même les vignerons deviennent ces garçons sexys qui ont un tel rapport sensuel à la terre que forcément au pieu ça doit être quelque chose.Un mec qui passe son temps près de jus tièdes, à caresser des douelles ça te libère l’imaginaire.

Je ne me fais plus trop d’illusions, cela dit. Depuis que j’ai vu apparaitre successivement les mots métrosexuels (qui n’est pas un monsieur qui baise dans le métro, non), gastrosexuel (rien à voir avec le transit, mais bien avec le sujet qui nous occupe, les mains. Ha), et même sexygénaire. Je prends deux secondes pour ce dernier, comme il est récent: le sexygénaire est un mot formé par la contraction de « sexy » et de « sexagénaire ». Nous sommes donc heureux d’apprendre que nos amies les personnes âgées ont visiblement encore du sex-appeal et la vie sexuelle qui va avec. Nous qui pensions qu’à ces âges avancés regarder « questions pour un champion » en buvant une tisane était le climax de leurs jouissances, ouf ! Heureusement qu’on a inventé un mot pour nous rassurer, dites-donc!

Absurde? Stupide? Merdique?

Je vous le fais pas dire.

Instrumentaliser le sexe pour vendre la bouffe ou le vin et vice versa, ça me gave.

Et quand je suis gavée, j’ai plus envie. Je ne bande plus, voilà.

Arrêtez de nous prendre pour des cons. Oui, dans les deux sens du terme.

Dernière minute, allez-lire ça. Analyse plus poussée et plus digitale, on n’a pas tous les mêmes méthodes pour obtenir le même résultat. Hinhin.

Pour se dé-stresser, écoutons cette perle sur laquelle je suis retombée ce matin. Non, ne me demandez pas où je vais chercher tout ça.