Le livre des potions Gastronogeek

wpid-dsc_5089-1.jpgJe vais encore vous parler d’un livre: désolée tous ceux qui n’aiment pas la lecture peuvent sortir (en fermant bien la porte, il fraîchit).

On ne devrait pas se fier à la couverture d’un livre: c’est un peu comme boire des étiquettes. On ne devrait pas et pourtant je l’ai fait: mea maxima culpa.

Maintenant que ma coulpe est bien battue, sortons les coupes et trinquons! Lire la suite

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Boire sans grossir, le bouquin *

Il ne suffit pas d’avoir de bonnes idées ni même de bonnes intentions pour faire un bon bouquin. Dit comme ça, c’est à la fois un peu lapidaire et évident.

Mais voilà.

On ne peut pas dire que j’attendais beaucoup d’un ouvrage comme celui-ci:

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D’abord parce que les guides d’une façon générale m’ennuient, parce que les régimes m’ennuient, parce que la modération m’ennuie.

Mais je pensais y apprendre des choses, voire réviser mon jugement sur certaines habitudes.

Je l’ai donc commencé l’esprit ouvert, ne sachant pas au juste ce que j’allais y trouver.

L’auteure, dans l’intention manifeste de promouvoir le vin, et pour contrer les méchants emmerdeurs prohibitionnistes tend à démontrer que le vin est un aliment, et même un aliment bon pour la santé.

Bonne idée. On découvre donc -bon, j’exagère, on le savait déjà- que le vin contient des minéraux, des polyphénols, des acides, des tanins, de l’eau, du sucre et de l’alcool. Que c’est probablement l’alcool qui joue le plus grand rôle dans les effets bénéfiques (à petite dose) du vin, les minéraux présents y étant en quantités tellement infimes qu’ils ne peuvent pas avoir une incidence réelle. C’est un nutritionniste qui le dit.  Ou alors il faudrait en boire des litres. Sauf qu’on ne peut pas, et pas uniquement pour préserver son foie.

Méga-surprise: pour ne pas grossir, il ne faut pas se priver de vin, mais ne pas en boire beaucoup (1 verre à 1 verre et demi pendant le repas).

Boire en dehors des repas, c’est mal, grignoter c’est mal, les chips c’est mal…

Pondre plus de deux cent pages pour révéler ça c’était un peu light, non?

Du coup, l’auteure évoque une théorie assez fumeuse de groupes sanguins, sans s’appuyer sur rien de scientifique, elle l’affirme elle-même. Moi, ce genre de pseudo-science alimentaire me fait doucement rigoler.

A ce sujet, sa théorie sur l’explosion (sic) des ventes de vins rosés est très rigolote: on boit du rosé parce que c’est plus léger en couleur donc moins alcoolisé, moins nocif, moins caloriques (idées reçues, bien sûr) et parce que le rose, couleur pimpante est un remède anti-crise.

Toujours aussi étranges, les vertus des vins selon leurs couleurs et régions:

Le champagne fait péter, le vin blanc est à éviter pour les sportifs, le vin jaune est antibactérien, le côtes-du-rhône est riche en calcium, le sud-ouest antioxydant…

Bref, on n’apprend pas grand chose, mais s’il le fallait on se déculpabilise d’aimer le vin. Ou de ne pas l’aimer, puisque d’après l’auteure, notre corps sait instinctivement si nous en avons besoin ou pas (les groupes sanguins).

Bon:

  • cette histoire de groupe sanguin me turlupine un max: on sait que génétiquement, certains individus sont hypersensibles à l’alcool, et ça n’a rien à voir avec leur groupe sanguin, mais plutôt avec une mutation génétique en rapport avec une origine ethnique .
  • faire une analyse de ce que contient le vin (acides, minéraux, etc) sans parler une seconde des pesticides me semble assez biaisé, pour le coup. C’est encore bon pour la santé, si c’est blindé de pesticides, dites?
  • les vins natures en prennent pour leur grade: mal maîtrisés selon l’auteure, effaçant le terroir, faits trop rapidement, ne pouvant pas vieillir, voire carrément mensongers. Heureusement qu’elle est trop polie pour parler de leur goûts de poneys … enfin « c’est une mode, une étiquette, un signe de reconnaissance qui permet aux jeunes consommateurs de se rallier à un groupe et ainsi de se rassurer ». Et puis, d’après l’auteure il contient moins de polyphénols (sic). Bref, ne buvez pas de vins naturels pour votre santé, en plus ils sont même pas tous bios (re-sic). wpid-DSC_3627.jpg
  • les vins bios sont parfois très très méchants aussiwpid-DSC_3628.jpg
  • la liste de vignerons par région en fin de bouquin, s’apparentant à un mini-guide, est surtout pas mal pour dégraisser… le porte-feuille. Beaucoup des vins présentés sont tout de même relativement onéreux (surtout sur le bordelais). Présenter des grands noms (qu’on ne présente plus d’ailleurs) c’était un peu court- jeune homme.

Voilà un bouquin que je n’achèterai pas -ça tombe bien, c’est la maison d’édition qui me l’a envoyé. Et je me demande à qui il est destiné au juste?

Les gens qui veulent maigrir n’y trouveront pas d’astuces autres que faites-vous plaisir mais en limitant les quantités et évitez les vins trop sucrés/trop alcoolisés.

Les gens qui cherchent du rationnel et du scientifique seront également très peu servis: beaucoup de choses floues, ou servies avec des « si ». Affirmer que le champagne est « tonique » comme -oh étonnement- à peu près tous les vins, okay, mais sur quelles bases?

Bref, la seule chose qui ressort de ce bouquin, c’est que le vin est à prendre comme un plaisir, et que même si ses effets scientifiques ne sont pas prouvés de façon claire et précise, il a très certainement des effets sur la bonne humeur et la convivialité. Et ça, c’est bon pour la santé.

En revanche, si un vigneron nature me lit et veut prendre l’auteure en stage pour lui montrer deux-trois trucs, j’appuierai à fond l’initiative …

 Sur ce pour me remettre, j’en ai appelé au saines vertus d’un Hurluberlu, 100% cabernet franc, en carbonique.

wpid-IMG_20140331_214332.jpgC’est en bio, l’élevage est court, c’est tout fruit tout flamme. Je sais plus, c’est quoi déjà la vertu des vins de Loire?

(j’ai eu un sourire de là, à là, mais en très mauvaise élève, je crois que je n’ai pas respecté le pas plus qu’un verre. C’était trop bon, chef).

 

 Boire sans grossir, sans excès, et sans nuire à sa santé, Laure Gasparotto, Flammarion 17 euros.

 

Vinobusiness: un pavé qui fait flop*

wpid-DSC_3006.jpg*dans une toute petite mare

Je l’évoquais dans mon dernier billet: il fallait que je lise Vinobusiness. Ne serait-ce que pour comprendre les énervements, et le remous que ce bouquin a provoqué sur la blogosphère vineuse. Pas tant que ce petit monde là ait besoin de grand chose pour s’étriper joyeusement, mais là, le niveau -le caniveau plutôt- était tel que forcément, on se demande.

Je l’ai lu, en deux heures, dimanche. Lire la suite

A peine cru, à dévorer

Allez hop, je vous donne non pas une mais DEUX idées de chouettes cadeaux pour les fêtes.

En réalité, il s’agit de deux bouquins. On va souligner la meuf d’agence à l’affût qui fait un super boulot (pour une fois), coucou Laurie et le chouette accident d’envoi, qui m’a filé du coup deux bouquins à lire au lieu d’un.

C’était déjà Noël avant l’heure, pour moi. Lire la suite

Lettre à France*

*non, je déconne et puis c’était déjà pris, et puis là, en plus elles sont deux, mais personne à ce que je sache n’a jamais écrit de chanson sur « Laurie et Nicole », excuse my digression.

Très chères Laurie et Nicole,

Permettez que je vous tutoie, au nom de la grande fraternité sororité qui nous unit? Oui, femmes nous sommes, sœurs donc quasi, puisque nous avons la joie de pouvoir enfanter, grâce à notre utérus. De pouvoir porter du rouge à lèvres. Et de séduire des hommes. Certaines vous diraient que c’est un peu léger comme définition de la femme, mais après tout ça nous va si bien, la légèreté. Lire la suite