Les FAV, le vin et la féministe*

blida

Va donc voir là: Caro est caviste, Caro fait cave à manger, Caro est à Caen.Et Caen on n’a que l’Amour…

*un conte moderne

Re-vlà samedi, déjà. Les semaines filent à toute vitesse, on n’a même plus le temps de se poser qu’elles sont déjà finies. Dire que j’ai toujours un billet sur les vins de New-York sur le feu, et aussi des envies d’explorer le soufre… Ce sera pour plus tard, en attendant, concentré d’humeur. Lire la suite

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Tar’ ta gueule à la récré *

Je suis extrêmement prévisible. Certains mots me font bondir, et il allait de soi qu’en lisant ceci j’allais réagir. Oui mais pourquoi ?
Parce que tout ceci n’est pas très grave au fond.
Parce que oh y a rien de mal à boire ce genre de vins. Et puis bon ça va deux secondes l’intelligentsia hippie-bobo-mélanchoniste-biffez les mentions inutiles. Comme je fais partie de ces intellos rétrogrades (sic) qui exhortent à surtout boire autre chose que du tariquet, je vais prendre le temps d’expliquer deux minutes. Pour ceux qui débarquent, en plus de ne pas être sympa, je suis caviste. Ce qui fait beaucoup pour une femme, I know. Ma petite expérience du monde du vin (15 ans que j’y bosse) me fait aller, et de façon naturelle, vers une sorte de militantisme.

Oui, je défends le bio, oui je défends l’artisanat: parce que je suis moi-même un maillon de cette chaine artisanale. Parce qu’indéniablement nous disparaissons, comme les libraires, comme les bouchers, comme les crémiers. Notre savoir-faire, notre savoir-expliquer passe à la trappe. Les gens ne veulent plus découvrir un vin, une histoire, un accord ils veulent consommer. De façon décérébrée, souvent. La transmission s’est perdue. Ne cherchons pas de vains coupables mais constatons. Nous avons perdu une grande partie de notre savoir gastronomique. Nous ne savons plus cuisiner, déchiffrer des mentions, des termes. Lire la suite

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur … le CAVISTE *

lenez

Vu chez l’Excellent le Nez-en-l’air

*qui est comme chacun le sait, des deux sexes.

Parfois, aller chez un caviste, ça intimide. Je vous comprends. Ca me ferait le même effet si je devais aller chez un garagiste (allelluia, je ne conduis pas). Bon, disons que c’est un peu pareil que chez un doc’. J’ai beau avoir vu toutes les saisons d’Urgence, avoir maté House frénétiquement et continuer à zieuter Grey’s anatomy, il se trouve que parfois il y a des questions que je n’ose pas poser.

Pour au moins ne pas passer pour plus con que je n’en ai l’air.

Alors j’ai réfléchi, et je me suis dit: aidons ces braves petits à se sentir confiants chez le caviste, répondons ici aux questions qu’on se pose-mais-qu’on-pose-pas-pour-pas-avoir-l’air-con. Lire la suite

Le brame du caviste, le soir au fond des bois*

*l’appel de la nature.Parfois je me fais peur, vous savez?

Aujourd’hui je vais écrire en tant que caviste. Même si je ne le mets jamais tout à fait de côté, j’essaie souvent sur ce blog de m’ouvrir un peu plus. A d’autres choses. D’autres vins. Parce qu’il serait dommage de se priver de goûter ce que je ne peux pas , pour un tas de raisons, vendre.

Mais une énième discussion sur facebook, en réaction au billet de David sur les natures me fait penser que parfois entre les amateurs stricts et ceux qui en plus vivent de la vente du vin, il y a parfois des fossés. Je m’explique.

On ne peut pas dissocier pour moi une bouteille de son coût. Et que toute cette imagerie carpe diem machin plaisir quand il est là aléatoire n’a pas sa place chez moi. Ou dans une moindre mesure. Je ne vends pas des émotions aléatoires. Je vends du vin, point. Duquel j’exige certaines qualités.

Les quilles sur lesquelles on ne peut pas compter, ça m’emmerde. Peut être que je vieillis mais des canons à boire en une demi heure parce qu’au-delà ce n’est plus bon ça me soule. Et d’autant plus que je sais qu’on peut bosser sans soufre et être stable. Les exemples de vignerons qui bossent propre et dont les vins sont stables et sans défauts ne manquent pas. Le défaut, ce n’est pas une réduction (qui peut arriver potentiellement à tous les vins) et qui n’est qu’un souci ponctuel et réversible. Le défaut, c’est une bouteille rendue imbuvable: piquée, oxydée, bouchonnée, etc.

Je n’ai  pas envie d’accepter n’importe quoi sous prétexte que c’est propre. Ne nous méprenons pas je suis sensible à l’émotion qui peut se dégager d’un vin, qui ne serait pas strictement dans les clous. J’aime aussi retrouver la personnalité du vigneron quand je goûte son vin.  Mais ce serait pousser l’anthropomorphisme trop loin que de dire que si l’on accepte des défauts chez les hommes, on peut bien aussi les accepter chez les vins.

Et puis, cette opposition systématique entre les vins chiants et les autres…

Les vins « conventionnels » seraient tous sans âme et chiants et les supers natures forcément toujours géniaux et parés de toutes les vertus?

Non. Le souci c’est qu’on parle un peu trop de ce qu’il y a autour avant de s’attacher au goût. C’est tout de même ça l’important, non?

Dans mon métier, il faut bien comprendre que mon conseil s’arrête à la porte de la cave. Je ne suis pas chez les gens a goûter avec eux. Bref. J’en ai marre d’entendre ou de lire que vendre du vin (nature ou non) c’est tout con.

Ce n’est pas « tout con ». Je ne fais pas bar à vin, je ne fais pas déguster (hors séance mensuelle payante et à thème), du coup le gars qui vient m’acheter du pinard ne se fie qu’à moi et mon conseil, il n’a rien d’autre comme choix. Étant donné que la plupart sont des clients réguliers (80 % je dirais), j’ai intérêt à ce qu’ils reviennent. Or, si je leur propose des vins qui se retrouvent systématiquement barrés, ils ne reviendront pas… Les gens qui vont vraiment chercher à comprendre pourquoi le vin est barré sont une très petite minorité. Les grands amateurs, les pointus représentent une minorité faut en être conscients. Comme le fait d’aller chez un caviste est un réflexe minoritaire. Alors, mes clients, je veux les chouchouter: je veux être sûre qu’ils aiment ce qu’ils ont choisi, sinon je ne  passerai pas parfois 30 min à conseiller une quille à 8 euros. La plupart des clients paient une bouteille, attendent que ce soit bon, point. Voilà pourquoi je bosse avec certains natures, que j’aime, qui me semblent « stables » (comprendre: qui ont des réactions normales de vin qui vit, mais qui restent buvables).
Je le redis: je suis persuadée qu’on peut faire des très bons natures, et qu’une frange des natures est tout à fait incorrecte mais défendue par certains parce que c’est l’idéologie qu’ils défendent plus que le vin.

Je goûte à tout, avant-hier j’ai bu un excellent carignan sans soufre (stable, haha, vu qu’il est là depuis quelques mois, qu’il a un peu évolué arômatiquement mais sans dévier).

Quand vient le moment de choisir les vins que je vendrai, un tas de choses rentrent en compte. Oui.

Le goût, l’histoire, le vigneron. Le fait qu’il soit « propre » ou non (je n’aime pas tellement ce terme qui sous-entend que les autres sont sales mais je n’en ai pas de meilleur). Le prix. Et même mon goût, puisque je l’impose. En exemple: je ne bosse quasi que des champagnes très peu, voire pas dosé.  A ma grande surprise, il parait que c’est un marché de niche: il se trouve que pour moi ils sont plus intéressants comme ça, et donc j’impose cette vision à mes clients.

Tout le monde n’est cependant pas prêt à entendre de la pédagogie trois heures à chaque achat. Certains oui, et c’est un bonheur de transmettre le peu que je sais, mais pas tout le monde.  L’idéal serait qu’on puisse prendre n’importe quelle bouteille dans un rayon, sans moi, et ne jamais être déçue. Voilà pourquoi il est si difficile de tenir une sélection cohérente. Voilà pourquoi j’essaie tant que je peux de laisser place à la poésie mais il faut qu’elle soit cadrée pour rester belle. Et puis j’ai toujours été partisane de la tolérance et de l’ouverture, alors j’essaie de pas m’enfermer ni dans un sens ni dans l’autre.

Je vous jure, on fait pas des métiers faciles …

Caviste VS GD: vino à vino*

*t’as vu, un titre presque en rapport, je m’améliore

Je vais aujourd’hui vous parler d’un être sensible et fragile, qu’on devrait selon moi élever au rang des espèces protégées:

Le caviste.

Oh, pas n’importe quel caviste, hein, le bon caviste.

La différence entre un bon caviste et un mauvais caviste?

Ben, le mauvais caviste, il voit un client, il lui file des bouteilles moyennant paiement.

Le bon, ben… pareil, mais lui c’est un bon caviste. Lire la suite

Cher M. B.

Cher Éric,

Nous ne nous connaissons pas. Pour être exact, vous ne me connaissez pas car moi, oui, je vous connais. J’en ai lu sur vous autant que de vous tant votre omniprésence médiatique est inévitable.  Le personnage, blagueur, volontiers hâbleur et pas prise de tête me plaisait beaucoup. Ha, enfin un type qui parle de pinard sans prout-prout, avec de la gueule et de la circonférence, un mec qui vous donne envie de picoler les jus les plus nobles, et sincères, il va sans dire. Lire la suite

Des pouilly sur la tête *

*oui, j’ai cherché.

Il y a ces gens qui n’aiment pas le lundi. Genre Claude François, et Bob Geldof. Et puis y a moi.

J’aime les lundis parce que c’est mon jour de congé et donc l’occase de vadrouiller. Quand je ne cours pas les librairies, on me trouve où ? Je vous le donne en mille : chez des cavistes, pardi !

Direction Bruxelles, et un caviste donc. Y déposer quelques caisses de champagne, et puis le rencontrer tiens, parce que voir les gens en vrai, avec des os , de la chair et des sourires, c’est pas mal non plus. Cap chez Tonton Marcel. Lire la suite