Petite douceur (dans un monde de brutes)

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Revenons un peu au vin, voulez-vous? Mais en douceur, en douceur et profondeur.

Nicolas est un drôle d’énergumène à cheveux longs et idées pas si courtes: poète, jardinier, dessinateur, il est avant tout vigneron au château de Reignac, domaine bordelais dont j’ai déjà un peu parlé ici: c’était en 2013, j’en change pas un mot. Lire la suite

Blabla et vin

Ce matin, l’oeil encore à moitié dans le coussin, l’autre sur twitter, je tombe sur un tweet posté par mon camarade Manu, qui parle de l’inanité d’un commentaire vin.

Bam, mon œil s’ouvre en grand – l’autre l’était déjà, suivez un peu – et je vais voir. Effectivement, l’assemblage de mots est imbitable: il utilise des adjectifs qui objectivement ne peuvent pas qualifier des noms. Un sillage ne peut pas être soyeux, par exemple, pour la bonne et simple raison qu’il s’agit d’une odeur. Et que par nature, elle est impalpable. Difficile donc de lui attribuer un qualificatif qui concerne le toucher. Lire la suite

Vini birre ribelli: instantanés

299C’était le weekend dernier et c’était bien; Patrick (et tous ceux qui l’accompagnaient dans le reste de l’orga) y ont mis beaucoup d’énergie, et du cœur à revendre. Il est comme ça le Pat’, entier: voilà bien une chose qu’on peut porter à son crédit. On peut se fritter avec, on peut un peu s’engueuler, on sait bien qu’au fond, c’est un « binamé » comme on dit chez moi. Un vrai type gentil. Et passionné.

Franchement chapeau bas: organiser un bazar pareil, avec les emmerdements, la pression, le niveau 4, etc mérite les bravo (bravi?).

Depuis le salon de l’année dernière, certaines choses ont évolué: le lieu est différent, ce qui facilite grandement le parking. Plus de vignerons, aussi, et massivement tous plutôt d’excellente humeur, ce qui ne gâche rien.

Et du monde, du monde, du monde, ce qui expliquera sans doute les seules petites choses qui fâchent: beaucoup de bruit, car la salle résonne, rendant parfois difficilement intelligibles les propos des vignerons.

Et du mal, à cause du monde à accéder aux crachoirs.

Parenthèse: oui, j’ai besoin de crachoir(s). Je sais, j’entends « bah, nous on crache pas, on est là pour écouter l’âme des vignerons, c’est pas de la dégust’ prout-prout ».

Sauf que je vais pas sur un salon pour picoler, ça je le fais très bien chez moi, ou dans un bar.

Du coup, je suis bien embêtée: l’idée du crachoir central au milieu des allées est pas mauvaise. Sauf quand lesdites allées sont encombrées, que des gusses tiennent meeting autour des crachoirs, qu’il faut, tel un hamster névrotique aux joues gonflées se frayer un passage, user de sa science du mime pour pouvoir accéder au crachoir, et se soulager sans éclabousser personne. Après quelques temps, j’étais devenue la Noureev du crachoir, la Pavlova du engagez, crachez, retirez.

Ceci dit, pour des raisons de confort, et de concentration, allez fieu, on dit que l’année prochaine y aura un crachoir sur chaque table? S’il-vous-plait?

Prise par le temps, je n’ai pas pu déguster beaucoup de vins, donc en instantanés:

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  • Claquer la bise à Fabien Jouves et goûté en vitesse son amphore 2014, un peu en réduction. On laissera le temps au temps pardi.
  • Enfin vu en « vrai » le Quentin du Sot de l’Ange, qui est encore plus barge qu’il n’en a l’air. Des vins d’une gourmandise réjouissante, encore encore!
  • Découvert le reste de la gamme du Chateau Bas, avec la joviale Marie, un peu au bout du rouleau après deux jours de salon mais gardant la banane.
  • Jura my love: les Bottes rouge avec une mention spéciale à leur superbe chardonnay.
  • Sarnin-Berux: bah c’est bon, qu’est-ce tu veux rajouter?
  • Elsass power: ça se bouge le cul du côté de l’Alsace, les gars! Un petit nouveau pour moi, chez Brand, dont j’ai adoré le pinot gris très mûr et pourtant très équilibré. Les vins des Hauser, qui ont gagné, d’après mes souvenirs en précision. Et le jeune Julien chez Kumpf Meyer, dont je suis ravie d’avoir regoûté le sylvaner restons nature, sur lequel j’étais très mitigée. Il a vachement bien évolué. Comme quoi, y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, n’est-ce pas?
  • Une tuerie, découverte de 2015: du prosecco. Gardez vos spritz loin de moi, hérétiques! Ce serait criminel de foutre quoi que ce soit dans les beaux effervescents chez Colleti. Et clap clap spécial au manzoni « rose »: c’est de la bombe bébé!

Je vous fait ça viteuf, parce que j’aurais pu aussi aller goûter des bières (plein), me faire dédicacer des livres (pleins, aussi) ou écouter des conférences. En décembre, je me transforme en lapin blanc, arf… Bref, j’ai passé un très bon moment: je n’ai qu’un seul regret, pas pu faire une bonne baise à Patrick, qui était débordé.

Vini Birre ribelli 2015, c’est fini! Vive VBR 2016.

 

Le con texte, c’est important *

*ou pas, en fait?

Le vin est semblable à l’homme: on ne saura jamais jusqu’à quel point on peut l’estimer et le mépriser, l’aimer et le haïr, ni de combien d’actions sublimes ou de forfaits monstrueux il est capable.

Charles Baudelaire

Ha ce bon vieux Charlie, il en a écrit de bonnes…

Goûter du vin n’est pas seulement jouir de la chair de son fruit, c’est aussi goûter à un instant, une conversation, un rire, un parfum: tout ce qui n’est pas dans la bouteille et qu’on appelle le contexte.

Oublions ce qu’est une dégustation pro: il n’en est pas question une seconde ici. On parle d’ouvrir une bouteille et de la boire. En dégustation, on essaie d’avoir un environnement neutre, clean: sans odeurs parasites, avec une lumière correcte, de bons verres adaptés, … Quand on boit, on oublie tout ça.

Pas servi à l’exacte température ou au contraire rigoureusement, dans des verres ballons moches ou des zalto, boire n’est plus disséquer. C’est ouvrir le vin à l’humain: ça passe ou ça casse.

Le contexte.

Alors que dire, que poster des bouteilles bues comme ça? Elles ne sont pas neutres, jamais. Un ami cher reçu à déjeuner, la joie de se voir, le plaisir d’une conversation agréable, drôle, tantôt sérieuse tantôt futile…

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J’ai eu plus d’indulgence, d’amour, et de plaisir pour ces deux-ci que dans n’importe quelle autre situation. Parce que J. était là, que j’attendais ça depuis un moment, que ça s’est passé merveilleusement. Au point même de ne pas ressentir de contrariété quand j’ai ouvert le vin du Jura et constaté une effervescence plus qu’importante. A n’importe quel autre moment, j’aurais sans doute un peu râlé. Ça m’aurait agacé, de devoir prendre une carafe pour dégazer. Pas là: j’ai rigolé, expliqué, carafé, secoué. J’ai même foutu du vin sur ma chaise. Un « défaut » mineur, un contre-temps qui n’a eu aucune incidence:  le vin était bon, délicieux même. L’Alsace était ample, dense, comme dans mes souvenirs mais en mieux. On a bu les deux, en les savourant.  Étaient-elles meilleures? Sans doute que non. Les trouvait-on meilleures parce qu’instant particulier, complicité, rires? Sans aucun doute.

Je connais plutôt bien Grittermatte, j’en ai déjà parlé ici à plusieurs reprises.

Pour Buronfosse, c’était ma première bouteille de cette cuvée: là, bue comme ça, dans un contexte très plaisant, je l’ai beaucoup aimée. J’aurais sans doute mis un gros bémol à cette quille si je l’avais dégustée dans d’autres dispositions. J’aurais noté un gros gaz, et selon mon humeur et mon degré d’indulgence, il aurait été de « un peu embêtant » à « carrément chiant ». J’aurais posté, peut-être, un commentaire mitigé sur facebook, m’interrogeant sur les raisons de cette bulle, supposant, … Sauf que je n’en ai pas ressenti l’envie.

Du coup, j’en arrive à philosopher:

Si on n’a pas le droit de dézinguer une bouteille sur les réseaux sociaux parce qu’elle se goûte mal, qu’il faut laisser le bénéfice du doute, qu’il s’agit peut-être juste d’une bouteille à souci, qu’il faut ouvrir une deuxième. Si on doit au vigneron un minimum de respect pour son taf, et une sorte de présomption d’innocence  quand la bouteille est mauvaise, a-t-on le devoir moral d’également fermer sa gueule quand le vin est exceptionnellement bon ? Parce qu’imaginons que, sans préciser le contexte dans lequel je l’ai bu, je fasse un post plein de louanges sur une bouteille, est-ce qu’il y a tromperie? Non pas que le vin ne soit pas bon au départ, mais qu’avec des conditions optimum, il goûte bien mieux que sur une table blanche, sous une lumière artificielle, à l’aveugle, en toute objectivité? Et même peut-on trouver un vin ordinairement « moyen » transformé en bon juste parce qu’on est bien, avec un amoureux, des amis, des personnes qui comptent?

On peut aussi se dire que quelle que soit l’importance qu’on se donne, notre avis n’est qu’un avis, parmi d’autres. Que les gens sont bien assez grands pour me (nous) lire et faire la part des choses. Expérimenter par eux-mêmes et entériner ou pas. Que ce qui compte, ce n’est pas tant d’aimer, détester, critiquer, louer, adorer ou brûler, c’est qu’on finit par parler de vin. En bien, en mal, avec de la subjectivité, de la mauvaise foi, de la passion ou du détachement. Mais parler de vin: bien sûr, ce n’est « que » du jus de raisin fermenté, mais qu’est-ce qu’il peut faire couler d’encre.

Enfin, bon: la prochaine fois que je reçois, j’essaierai quand même de servir des vins dégueulasses, pour voir si d’aventure je les trouvais bon. Niark.

 

 

 

 

Le choc’ des titans

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Je suis pas plombier (bier, bier, bier) mais j’ai un beau métier. Celui qui consiste – aussi- à passer ma soirée à bafrer  goûter du chocolat et picoler déguster du vin. Plaignez-moi.

Un exercice que j’aime particulièrement, les séances d’accord: parce qu’on a toujours des surprises, ce qu’on avait imaginé, construit « intellectuellement » s’effondre ou se révèle, parce que c’est l’occasion aussi de se remémorer qu’en matière de goût il existe une et une seule personne qui a raison: vous. Toujours, vous, quel que soit ce qu’on vous serine (vieille syrah) ou la manière dont on tend à vous influencer. Lire la suite

Toutes quilles dehors, c’est le printemps!

wheterJe crois que c’est la première fois de l’histoire de ce blog que je reste si longtemps muette. Ça ne veut pas dire que je n’écris pas, bien au contraire. Juste que je n’ai plus trouvé de temps pour ici. C’est comme ça, dans les longues relations on a besoin de souffler un moment, de se poser ou de carrément voir ailleurs. Pour mieux revenir ensuite.

Et je suis là! Pas de billet construit, désolée, ça reviendra. Mais un panorama de quelques unes des bouteilles bues, hop. J’affirme encore plus fort mon amour pour le Jura, mon coeur bat la Chamade. Oui, je le redis: Philippe Bornard est un grand vigneron, surtout quand on lui laisse la place de s’exprimer en magnum. Lire la suite

New-york, Newwwww-york!!!

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Le hasard fait parfois bien les choses, lalala.

Un numéro de téléphone mal indiqué, et me voilà avec une charmante dame au bout du fil, représentant des propriétés viticoles new-yorkaises. Hé oui, New-York n’est pas qu’une chanson formidable et une grosse pomme, c’est aussi un état à peu près grand comme les deux tiers de la France. Je ne tente pas la comparaison Belgique, ça me ferait trop de mal. Lire la suite

Je suis ritale, et je le reste*

*et dans le verbe et dans le geste (ce qui fait tout de même beaucoup de personnes à vivre dans ma tête, si on compte la flamande et la wallonne).

C’est très frustrant d’être attachée à une cave, parfois. Remballez les images salaces, point de SM ici, mais un constat: avoir un magasin fixe, qui requiert ma douce et lumineuse présence, presque chaque jour de la semaine, c’est très frustrant parce que je ne peux pas faire tous les voyages dont je rêve. Dont l’Italie. Oh, j’en ai sûrement une vision un peu biaisée, un peu romantique échevelée, pleine de clichés et de vespa, d’oliviers et de gens qui gueulent pour un oui pour un non. Lire la suite

Belgian people do it better *

*mais pas tout le temps

Aujourd’hui, au mépris du qu’en-dira-t-on et de tout, car je suis un artiste contemporain, soyons surréalistes.

Parlons vins belges.

Remballez moi vos rictus et autres moqueries viles: on ne fait pas que du chocolat, des frites, de la bière et de la bédé en Belgique (et vous livrer de grands chanteurs que vous vous approprierez honteusement par la suite). On fait aussi du pinard. Lire la suite

La dégustation: séquadon? *

*un dinosaure

Ce qui est vachement bien avec un blog, c’est que tu as des lecteurs. Ce qui est vachement mieux que tout, c’est que pour peu qu’ils le décident, tu peux même savoir un peu qui ils sont, ce qu’ils pensent, et ce qu’ils aiment ou pas lire.

Je crois que c’est pour ça que le support blog est si gai: parce qu’on peut – si on le veut- créer une interactivité entre moi qui écrit et vous qui lisez. D’où, parfois des mails qui aboutissent sur lapinardotheque@gmail.com (oui, c’est l’adresse officielle pour toutes récriminations, tous griefs et demandes en mariage).

Je me demandais si tu pouvais peut être expliquer dans un billet quel est le but de la dégustation. Mais pourquoi on déguste ? Pour savoir si le vin est bon ? Pour savoir s’il va bien vieillir ? Que cherche-t-on en dégustant ? Est-ce qu’il y a un mode d’emploi des dégustations ? comment mettre des mots sur ses sensations ?

En vlà une question qu’elle est bonne, merci Géraldine! Lire la suite