Manger bio n’est pas un choix

J’ai tapé « bouffe » dans google ❤

*du moins pas au sens premier

Cet article ne va pas spécialement parler de vin, mais de bouffe, de cuisine, et de tous ces trucs de bonnes femmes (sarcasme inside).

Hier, je lisais dans un papier que si environ 80% des français soutiennent les agriculteurs en colère contre la pression sur les prix, 80% des français continuent à fréquenter les grandes surfaces. Cherchez l’erreur: avec un raisonnement simpliste, on pourrait se dire « il suffirait de ne plus acheter pour que ça ne se vende  plus ». Lire la suite

Sexistes, les trophées du vin?

On évoquait la possibilité de faire un Trophée « Machos du vin » avec un tire-bouchon zizi en guise de récompense. Ça existe. Hé ouais

Hier, le monde de la bédé a été un peu secoué. En gros, pour la faire courte, au Grand prix de la bédé d’Angoulême, sur trente nommés, zéro femme. Tollé général, évidemment réaction immédiate des autrices (une centaine). Et défection d’auteurs masculins pour dénoncer le manque de représentation féminine. Angoulême a plié de mauvaise grâce concédant de nommer quelques femmes en plus des hommes déjà nommés. Lire la suite

Brosé in arms

menenough

Instagram @leo_eat.capture.write

Ce matin, je découvre le terme « Brosé ». La tendance à décréter des normes et des modes en reprenant des mots existants ou en les customisant (cf les hipsters devenus depuis peu yuccies) ne cesse d’être un ravissement. Néanmoins ce terme ne manque pas de m’interpeller, comme tout ce qui touche de près ou de loin au vin. Bro-sé est astucieusement formé des termes « bro » (de brother, le pote ou l’ami voire simplement un individu mâle) et de rosé, je vous fait pas un dessin: le brosé est donc le rosé des mecs. Lire la suite

Tartine gate *

* duquel on peut tirer un modèle de discussion sur le sexisme

Acte un: je suis au boulot, et découvre, par l’entremise d’un représentant, des nouveaux venus dans la gamme d’une société dont j’aime en général plutôt les produits (goûts originaux, et bons ingrédients), et le packaging (messages ludiques, et humoristiques). Ces deux nouveaux produits, les voilà.fem hom

Dire que je m’étrangle est un euphémisme.

Le genre, à son meilleur. Utile de préciser à ce stade que dans le catalogue, la tartine pour femme est vendue comme « aide à conserver un ventre plat » (puisque TOUTES les femmes ont vocation à maigrir/ garder la ligne/ être obsédées par ça) et que la tartine pour homme est vantée comme « aidant à la virilité » (le gingembre, je vous fais un dessin? Oui, tous les hommes réfléchissent avec/ autour de leur pénis).

Je commente le « trop bonne » ou c’est pas trop la peine?

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Mon huit mars*

jourfe

*tu veux pas plutôt 20 balles?

Mon huit mars, il n’existerait pas. Comme toutes ces journées, ces initiatives, ces combats qu’on doit mener parce qu’on ne vit pas encore dans un monde juste, égalitaire, profondément féministe, imprégné de bon sens, d’écologie. Humain après tout.

Mon huit mars vous emmerde, vous les pubards, qui vous appropriez un concept pour le dévoyer, pour en faire une chose cu-cul la praline. Allez bien tous vous faire cuire le cul. IL n’est pas  le huit mars de la repompée des marques, il n’est pas celui de l’appropriation marketing que ce soit les 30% sur le champagne rosé en grandes enseignes, la culotte gratuite, ou autres bouquets de fleurs offerts.

On ne veut pas des promos, mais des droits! Lire la suite

Faites la mouche, pas la guêpe *

*merci Sttellla

Drôle de semaine: entre les communiqués de presse saint-val’ tous plus dégueulasses de rose et d’imbécillités même pas heureuses, et l’interview du mossieur « ANPAA », il y avait de quoi se trouver une grotte, tout plaquer, et vivre enfin une vie d’ermite à bouffer des glands et s’écouter pousser le poil.

La saint-valentin, j’en ai dit ce que j’en pensais déjà ici. Ce qui est désespérant, c’est qu’un an après, je peux  le réécrire pareil à la virgule près. Ou quasi (de veau).

Oh, pauvres champagnes rosés, ce qu’on fait de vous: des vulgaires roteuses pour tendrons trop maquillées. La surenchère, le too much, toujours surtout au niveau vocabulaire.

« audacieuse et séductrice » « subtilement sucrée » « des dosages subtils et féminins » « il se pare d’une belle robe franche aux reflets saumon pâle »

C’est pas compliqué pour écrire un CP bien sexiste saint-valentin en fait:

  • du rose, partout, overdose de rose
  • répéter et décliner femme, féminin, féminité
  • sous-entendre qu’on est pas là pour rigoler, mais tringler
  • c’est monsieur qui paie, et pour « plaire aux femmes », bonjour l’idée sous-jacente
  • pour pas montrer qu’on a de gros sabots, ajouter des adjectifs censément féminins (subtil, discret, timide, etc).
  • refoutre du rose, pour être sûr

La palme du communiqué le plus sexiste revient sans conteste à Duval-Leroy. Ceci dit, j’ai bon espoir encore de trouver pire, on n’est que le 31 janvier.ladyrose

Il est amusant de constater qui est à la tête de cette maison, d’ailleurs, je vous laisse googler.

Je sais qu’à moi seule, je ne changerai pas le monde, j’ai un peu parfois l’impression de gueuler dans le désert depuis trop longtemps. S’il y avait une mini prise de conscience, mais non, non. Toujours, les mêmes communiqués, le même vocabulaire, pour vendre la même came aux mêmes poules rêvées des agences de comm’. Ecrit par des nanas. Bien entendu, y a le désir du client, puis faut bien vivre et travailler ma bonne dame. Mais si on pouvait éviter les dégueulis féminostériques…

Bref.

Très belle interview, disais-je d’Alain Rigaud. Lisez, c’est assez terrible d’amalgames (ouh, le mot à la mode). On est pas rendus.

Le vin, plus dangereux que les anxiolytiques?

Hey, monsieur Anpaa, relis un peu Charles, va:

Car j’éprouve une joie immense quand je tombe
Dans le gosier d’un homme usé par ses travaux,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe
Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.

Baudelaire, ça fait toujours du bien. Mais poursuivons avec mossieur Anpaa. Pour la fine bouche, j’ai relevé ceci, au milieu du bousin:

Les jeunes et les femmes, on les attrape soit avec le packaging, soit avec le sucre

Forcément, ça m’a fait bondir. Parce que ce n’est pas une réalité: c’est une tendance marketing qu’on veut nous faire entrer dans le crâne. Pire que ça, en catégorisant les jeunes et les femmes, on se retrouve encore déresponsabilisés, sous-espèce qu’on « attrape » au sucre.

BON SANG mais c’est bien sûr. On est des guêpes.

Méfiez-vous les gars, la guêpe femelle, elle est armée d’un dard venimeux. Et elle pourrait bien s’en servir.

D’un dard à l’autre, heureusement, pour se consoler y a du saint-jo.

Dard et Ribo, duo de vigneron rhodanien qui tombe pile là où il y en avait besoin.

saintjoDans une veine « nature » (peu d’interventions, très peu ou pas de soufre), à Mercurol ils font des merveilles. Ce blanc encore tout jeune, tout bébé était pourtant délicieux: un nez complexe, autour de l’amande, de l’abricot, avec des fleurs blanches derrière. Une bouche qui surprend, vive en attaque, pleine de nerf. Puis gentiment, tendrement, elle vous montre le fruit, la rondeur, le velours même. Un poil d’amer sur la fin réveille le tout. Bref, très beau vin, très belle bouteille: le format magnum est un super révélateur pour ce style de pif. On a le temps d’en décoder toutes les nuances, d’en percevoir toutes les strates, d’effeuiller petit à petit le vin jusqu’à parvenir à son essence. Son âme? Allez, oui, sans doute.

Avant de vous la souhaiter bonne, la fin de semaine, clin d’oeil à John, vigneron romantique du minervois, qui identifie ainsi un lot, et croit qu’on ne le voit pas. Nicole étant sa chère et tendre, évidemment.

nicole

Photo de Michel Smith


Bon week-end!

Ajout de 14.00h 

Je viens de tomber là-dessus. « Les amatrices de vin rouge aiment les relations de couple sérieuses; les amatrices de vin blanc préfèrent les aventures. »

Bon, en 2015, une femme écrit encore ce genre de merdes putrides. Voilà. Et on dit que je suis reloue avec mon féminisme …

And the winner is? *

blog1

* pas la parité, c’est certain

Ça y est, il est connu: le blogueur de l’année RVF est Antonin!

C’est lui le vendu, le salaud, l’homme sur qui on pourra déblatérer à loisir, celui qu’on pourra accuser de collusion, voire de coucherie(s).

J’attendais, je dois bien le dire, les réactions blogosphériques, tant il est avéré qu’elles peuvent être violentes parfois. Et puis rien. Une belle unanimité, des applaudissements et à défaut, un silence discret.

Je ne suis pas seule à l’avoir remarqué: mon collègue de blog Nicolas aussi s’interrogeait hier, ce à quoi je répondis, en blaguant:

C’est pas une nana.

Puis ce matin, parce que je voulais en être sûre, je parcours la liste des lauréats. Surprise! Il n’y a aucune femme. AUCUNE. Pas l’ombre d’un bout de personnage féminin, même associé à un personnage mâle bien plus sérieux, comme ça a été le cas l’an dernier. Rappel, sur quinze récompensés en 2014, trois femmes. Dont deux partageant le prix avec un homme. Sans doute qu’on a estimé qu’un diplôme, c’était trop lourd à porter. Moi c’est pas pareil: j’avais mes muscles de camionneuse pour moi.

Les Hommes de l’année n’auront jamais aussi bien porté leur nom.

Je refuse de croire que l’ensemble de la rédaction de la RVF soit un ramassis de machos réacs. Je ne veux pas une seconde penser qu’ils sont sexistes. Il n’empêche que le résultat est là: il n’y a aucune femme dans ce palmarès.

N’y aurait-il pas de nanas dans le pinard?

Pourtant, les articles fleurissent un peu partout: femmes du vin, de la vigne, femmes de chai. La presse, les blogs nous en présentent régulièrement. Parfois comme des animaux exotiques, soit. Comme des fleurs fragiles et délicates perdues au milieu des hommes, des vrais. Il n’empêche que des femmes qui font le taf, loin de la caricature, des vigneronnes, des cavistes, des sommelières j’en connais. Des tas.

Alors, la RVF, on n’aime pas les femmes?

Je suis revenue en arrière et évidemment, à l’occasion de la journée de la femme (sic), on sort un palmarès. A ce sujet, comptez avec moi combien posent à côté de leur mari/ d’un homme validant leurs compétences. No comment.

J’ose espérer qu’un jour, peut-être pas si lointain, on aura des « trophées » égalitaires. Avec des femmes, et des hommes. Parce que là, ce que ça donne comme image du monde du vin c’est assez fermé, pour ne pas dire autre chose. Des hommes, de plus de quarante ans, au minimum. Blancs, aussi.

On aura beau dire que ce genre de récompenses ne fait pas tout, ça reste une vitrine. Une façon d’observer le monde du vin, pas la seule, pas l’unique. Mais la vertu d’exemple? La Revue des Vins de France est une institution, et qu’elle le veuille ou non, c’est à elle aussi de bosser là-dessus. Sentir l’air du temps, en récompensant un blog, en n’ignorant pas ce qui se passe sur le net, alors que d’autres revues spécialisées ne semblent pas en saisir l’importance c’est bien. En retard, puisque ça fait une bonne dizaine d’année que les blogs et les forums participent à leur façon à la comm’ du vin, mais c’est mieux que rien.

Ignorer les femmes, alors qu’elles sont une composante non négligeable de l’activité vin en France et ailleurs, c’est un peu ballot. Que les femmes soient cantonnées à n’être représentées dans la presse que par le biais d’articles ghettoïsant me casse les burnes.  Hé oui. On en parle, des femmes, mais soit en les louant de façon dithyrambique car le beau sexe est naturellement plus disposé à l’esthétisme et au goût, soit avec un paternalisme confondant. Rarement on les intègre, comme si cela était parfaitement normal.

C’est paradoxal, à la fois de réclamer l’équité totale de traitement, quel que soit le sexe puis demander à ce qu’on n’oublie pas les femmes? Pas tant.

Je ne suis pas pour l’établissement de quota (quoique belge et femme j’y prétendrais doublement, haha), je crois que seules les compétences doivent prévaloir. Sauf qu’ici, je ne peux que m’interroger: comment est-ce possible de ne pas avoir trouvé au moins une donzelle, dame, bref une créature de sexe féminin et de lui filer un truc? Et pas un tablier pour faire la bouffe, je vous vois venir.

Peut-être qu’en 2014, elles étaient occupées ailleurs, à faire des tartes?

Pas de faux procès, je me réjouis pour le punk: récompenser Antonin, c’est récompenser l’irrévérence, le vin bio, nature, etc.

Je suis assez d’accord, je suis même ravie pour lui (même si le passage sur « la réflexion d’une journée » avant d’accepter le prix me fait doucement rigoler). Il écrit bien, il est drôle, et soulève de vraies questions de fond. Il le mérite son prix.

Je regrette juste que sur douze récompenses, pas une n’échoit à une femme. Pourtant 2015 est censée être l’année de la femme dans le monde du vin. On m’aurait menti?

Rendez-vous en 2016!

(et là, c’est un souhait tout perso: envisagerait-on de changer ce nom en Hommes et Femmes de l’année que j’en rougirais d’aise, mais bon)

La Femme est un client comme les autres*

Pochtronne antique

Ce matin je lisais avec une moue genre « je veux pas dire que je l’avais dit, mais… » Eva du blog Oenos. Celle-ci pond une note sur un service exécrable dans un resto, et s’insurge qu’en tant que femme, on ne lui laisse pas l’heur de choisir le vin.

Ha la la, ces bonnes femmes: il a fallu qu’elles votent, qu’elles conduisent, qu’elles ouvrent un compte en banque et désormais elles veulent aussi « s’y connaitre en vin »?

On pourrait encore leur passer ce caprice, si elles gardaient la modestie inhérente à leur sexe et à leur position, et se taisaient. Si ce n’était qu’une marotte intime, que pourrait-on leur reprocher? Lire la suite