David dans la brume *

Photo @ David Large

Photo @ David Large (même que tu peux aller voir sur son site http://www.davidlarge.fr)

*brume, brouillard…

J’aime bien les vins qui me prennent par surprise. J’adore ouvrir une bouteille, après l’avoir tâtée, observée, soupesée, imaginé comment le liquide serait, et puis… Bam, aouch, uppercut, pas le temps de riposter. T’es un peu sur le cul, tu te poses des questions. C’est bon. Lire la suite

Bordeaux et Sud-ouest Connection

Finalement ce qui m’a le plus chagrinée dans Vinobusiness, c’est l’image qu’en ont retiré certains de Bordeaux: un nid à investisseurs peu scrupuleux, manipulant le vin au moyen de divers produits louches, et de grande sorcellerie comme « l’assemblage » (sic), faisant enduire leurs vignes de poisons à des employés dans des combinaisons de cosmonautes.

Sauf que…

Sauf que Bordeaux est bien autre chose que ce neuvième cercle de l’Enfer. Lire la suite

Ca maranges, ça maranges grave*

Marcello-Mastroianni-by-Bert-Stern-for-Vogue-Tumblr_Mjbdjwhpwg1Ri50Lgo1_500*voilà voilà

Ce qui est merveilleux quand on est bordélique et qu’on ne fait rien pour y remédier, c’est qu’il suffit de peu de choses -enfin si on considère que déménager quelques dizaines centaines milliers de bouteilles est peu de choses- pour vous faire pousser un sourire de là à là.

Constater que ma collectionnite de sauternes réclame sans doute l’aide d’un spécialiste, la question cruciale étant « pourquoi en mets-je tellement en cave alors que je ne les bois jamais? » Lire la suite

Life in pink*

*je peux pas me résoudre à écrire « ROSE », eurk, caca.

On ne reviendra plus sur les vins de meufs, de mecs, de gouines, de pédés, de vieillards, de trans, de portugais poilus, de hippies, de djeuns, et autres catégories absconses et absurdes.

Non, parce qu’à force, je finis par être connue « dans le milieu » (pas celui-là, l’autre) pour ça. Pas un jour sans « hé t’as vu, Sand, un rosé de nanas » ou « mate moi ce commentaire tu vas hurler ».

Et hurler à force, c’est fatigant.

Ça épuise.

Puis, surtout, on oublie un truc: toute l’énergie qu’on dépense à défoncer la connerie, c’est de l’énergie perdue pour parler de ce qui est bien.

D’où me vient ce subit accès de sagesse zen?

J’en sais rien, juste recentrons nous.

J’ai déjà écrit, dit, disserté, décortiqué en long et en large sur les raisons qui font qu’il n’existe pas de champagne de filles.

Le FAMEUX champagne de filles: le rosé.

Le champagne rosé est presque aussi déconsidéré que son confrère vinique sans bulles. C’est pas du vin, c’est un truc de boîte de nuit, de saint Tropez, des starlettes au tour de poitrine plus élévé que le QI.

Et pourtant: le champagne rosé, quand il est bien fait, honnêtement, et quand il ne veut pas s’inscrire dans une niche marketing, KESSKESSEBON.

Les bulles d’un champagne ne viennent pas du saint Esprit, pour se remémorer comment on les obtient, c’est là.

Le rosé?

Le rosé, c’est comme un champagne blanc, sauf que c’est rosé.

Bah oui, enfonçons des portes ouvertes: la façon d’obtenir la bulle est strictement la même, ce qui change, c’est le vin de départ.

Deux possibilités:

  • Soit on assemble du vin blanc et du vin rouge (dans des proportions qui regardent chaque maison de champagne) et on obtient un rosé de très clair à très foncé selon ce qu’on souhaite élaborer.
  • Soit on fait comme pour un rosé tout à fait classique: une saignée ou une presse. Rappel là.

Dire que le champagne rosé est un sous-champagne est donc complètement con. C’est un champagne différent d’un blanc, par ses arômes, par les accords qu’il offre et par sa propension à s’allier à certains plats.

Du coup, quand il y a quelques jours, on m’a fichu ce « champagne de filles » (un chaton mignon décède dans d’atroces souffrances chaque fois qu’on utilise cette expression) entre les mains, j’avais un sourire de là à là.

lah

Parce que le blanc de blancs de chez Laherte m’avait déjà beaucoup plu: précision, finesse. Un fouet qui claque sur une peau rougie. Même qu’on en redemande, ahem.

Laherte rosé, les beaudiers extra-brut: du pinot meunier pur.

Je le confesse, j’ai un crush pour le pinot meunier. Parce que c’est un peu le mal-aimé, parce qu’on le trouve rarement seul.  Voilà, je suis déjà à moitié acquise. Fermentation alcoolique en barriques (de minimum 4 vins) et élevage sur lies fines classique. Dosé de 0 à 5 gr/litre (je dis ça pour les maniaques, l’important c’est surtout de voir l’équilibre en bouche).

Au nez, on a de la soupe de fraises, les bonnes, celles qu’on vient juste de ramasser, toutes odorantes. Y a une pointe de jasmin, de l’iris de quoi s’en humecter le cou (ben quoi, je fait de l’imagerie « parfum » pour que les meufs puissent comprendre, hinhinhin). C’est extrêmement plaisant, mûr, sans démonstration vulgaire, sans show-off.

En bouche, la bulle est là sans être agressive, elle titille plus qu’elle ne pique, la fraise devient onctueuse, crémeuse, on est très loin d’un machin léger et court. C’est dense, en guest apparait de la cerise bien juteuse, qui tire juste assez le spotlight à elle, avant de se faire surprendre coté cour par un bouquet de pivoines. Applause!

C’est bon, c’est complet, c’est pas un jus de fillettes, c’est un vin avec de la personnalité, séducteur, complexe.

Comme on dit dans les milieux autorisés: Putain ça déchire.

And I just can’t get enough…