Nespresso de la bouffe: c’est non!

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Automne-hiver 2015

J’aime manger. Plus que ça: j’aime la bouffe, la nourriture, le produit. J’aime sentir l’odeur des choses, apprécier leurs couleurs, leurs textures. J’aime choisir, imaginer comment je vais associer, mitonner, créer, m’inspirer de, refaire comme.

J’aime poigner dans la pâte à pain, j’aime mettre la main à la pâte, littéralement. D’abord – c’est quelque chose de très égoïste- parce que c’est éminemment sensuel. La première chose que je fais en cuisinant à la maison c’est ôter mes chaussures. Sentir le sol sous mes pieds, sans talons, sans rien entre carrelage et peau. Lire la suite

Hummer: au resto

Photo qui n’a aucune raison d’être là, sauf que j’aime bien sa petite gueule, à Gordon.

Cette scène, vous l’avez tous vécue. On s’attable au restaurant, dans l’idée de passer une bonne soirée, le maître d’hôtel apporte le menu, le sommelier la carte des vins. Quand soudain, le cataclysme: une dame, la quarantaine vient de franchir la porte.

Madame avance petits pas sur talons hauts, elle a d’évidence sorti tous ses bijoux: de la cacaille*, mais l’effet -boeuf- est là. On ne peut pas la rater: elle brille comme la tour Eiffel les soirs de fêtes.
Ce qu’on ne tarde pas à rater non plus, c’est son parfum. Obsédant, entêtant, avec de la vanille, du musc, de la violette? Peu importe: la dose dont elle s’est aspergée (s’est-elle immergée dedans?) est telle que les différents ingrédients ne sont plus identifiables. Là, vous n’avez plus qu’une prière, qu’une requête silencieuse que vous adressez au serveur, cherchant à plonger droit dans son regard:
« Pitié, qu’elle ne s’installe pas à la table à côté! ».
Raté! Le serveur, peu enclin à déchiffrer le langage de l’iris, fut-il désespéré, la place à côté de vous. Oh, quarante centimètres vous séparent, bien sûr. Mais c’est loin d’être assez. Vous êtes pris de nausée: le vin que vous avez commandé n’a plus aucun parfum, votre plat vous semble bien fade, seul persiste le satané jus de cocotte.
Avec un peu d’humour, vous pourriez prendre la chose avec légèreté: trente ans de plus, et vous auriez aussi pu bénéficier d’un bonus… Une odeur de pisse, mal contenue par un Tena, qui aurait ajouté un peu d’âcre à la fragrance.  Estimez-vous heureux.
Ha, les femmes au restaurant: incapables de s’y rendre autrement que pomponnée au dernier degré. Il y a des lieux pour ça, non? Ne devraient-elles pas réserver leurs parades de séduction -oui, ce délire olfactif en est une- à l’objet de leur affection, et à lui seul? Franchement, on devrait leur interdire d’y pénétrer.
Tout à vos réflexions, vous avez failli rater l’entrée suivante: un groupe de jeunes gens.
Visiblement, ils ont quelque chose à fêter: le fait qu’ils soient « entre couilles » est un gros indice. Ils hèlent le serveur, à peine assis, commandent des ricard. Se plaignent qu’il n’y a pas de cacahuètes, et font profiter l’ensemble de la salle de réflexions et de blagues aussi graveleuses que stupides. Matent le cul de la serveuse, osent lui proposer de « boire un verre avec eux ».  Bref, ils sont insupportablement bruyants, grossiers et malappris.
Ha les jeunes, toujours festifs, beaufs, incapables de parler à un niveau de décibel normal. Sans rire, on ne voit pas ce qu’ils viennent faire dans les restos, à emmerder les honnêtes gens.  On devrait leur en interdire l’accès.
Vous reprenez un peu de vin: pas de môme braillard à déplorer, pour une fois. Non, s’il y a des enfants à table, ils se tiennent correctement et mangent sans faire d’esclandre. Sans doute des nordiques ou des belges: ces gens-là éduquent mieux leurs gosses que les nôtres, c’est connu. C’est l’exception, sans doute, parce que d’habitude, les mômes, les chiards quelle plaie! C’est bien simple, ils n’ont rien à faire ici, on n’a qu’à interdire les restos aux mômes, et voilà.
Plongé dans vos pensées, et votre verre, tout à vos ilfaukon/yaka vous grommelez.
Un peu plus loin, à deux tables de vous, une paire d’yeux verts ne vous a pas lâché.
Changeons de point de vue, voici le sien:
Au premier abord. Il est comme vous et moi. D’apparence convenable, discrète, il n’a rien qui se puisse faire remarquer. Lui, il a repéré tout de suite que vous avez posé un de vos coudes sur la table, oh, juste cinq minutes. Il a râlé. Il a vu au fond, la femme qui donne le sein à son enfant, sans ostentation, juste parce qu’il a faim, en tirant son châle devant elle pour ne pas dévoiler un bout de peau de trop. Il a râlé. Il a aussi noté les bruits de succion de son voisin de gauche -inconvenant- sans savoir bien sûr qu’il se remet tout juste d’une hémiplégie faciale. « Fallait pas aller au resto, si tu sais pas manger sans bruit, fallait pas aller au resto si t’es obligée de foutre tes mamelles sous le nez de tout le monde, fallait pas aller au resto parfumée comme ça » marmonne-t-il. Incapable de jouir de son assiette et du moment, il observe impitoyablement tous les défauts de ces compagnons fortuits d’un soir. Franchement, des types comme ça, on devrait les interdire de resto!
  *cacaille: bijoux en toc
 Ce billet est une boutade au sujet d’un billet ayant fait grand bruit. 

 

 

 

 

 

 

La solitude de l’andouillette

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Avant de dresser (avec un fouet) le portrait de l’autre vigneron rencontré lors de ce mini-trip champenois, un billet détente et dégustation. Billet qui ne sera pas exempt de révélations, de suspense et de moments de solitude. Et de champagne, faut pas déconner. La Champagne, c’est très beau, y a pas à tortiller: il suffit de voir cette vue depuis Hautvillers, et la stagiaire attentive aux grappes pour s’en convaincre. C’est beau et ce n’est pas très loin, pour les liégeois: deux grosses heures de bagnole pour atteindre Épernay, compter encore deux heures de plus pour l’Aube, mais quand on aime… Lire la suite

Bruxelles, ma belle!

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Dans un souci constant d’entretenir les relations amicales entre les peuples de Belgique, et de renforcer nos liens, il m’arrive d’aller à Bruxelles. Peuples avec un -s, pas moins car oui, un bruxellois – ou brusselleir- est aussi fondamentalement différent d’un liégeois (un lidjeù) qu’un stoemp d’un boulet. Qu’un waterzooi d’une gaufre au sucre. Qu’un zennepot d’une cùte peùre. Lire la suite

Chefs: la mayo n’a pas pris

Hier matin, j’apprenais avec stupeur qu’une nouvelle série française avec Clovis Cornillac en vedette et tournant autour de la gastronomie allait être diffusée le soir même.

Toute la journée, j’ai essayé d’imaginer à quoi allait bien pouvoir ressembler le bouzin: un chef, une cuisine, brigade, commis, sans doute quelques éléments de suspense, et des dialogues.

La cuisine est à la mode: c’est un fait. On ne compte plus les émissions qui tournent autour. Il était inévitable qu’un projet comme ça naisse. Lire la suite

Initials B.B (beautiful Bordeaux)*

201*bioutifoul bordowwww qu’on dit.

Il est des bonheurs inracontables. Heureusement, ce n’est pas le cas ici, sinon je n’entamerai pas une série qui je l’espère s’avérera intéressante, amusante, passionnante, biffez les mentions inutiles.

Bordeaux, c’est une ville: c’est ballot, je n’y ai pas mis les pieds, malgré les plus de 4500 kilomètres parcourus en 10 jours.

Bordeaux, c’est aussi – surtout- une région viti-vinicole. Mais pas que.

Ce que j’ai envie de vous raconter, ce n’est pas forcément le bordeaux dont on parle à grand bruit, petits souliers et gants blancs. Non, moi je préfère vous emmener dans les jolis bistrots, chez quelques vignerons authentiques, loin des « grands ». Ceux dont je vais vous parler méritent peut-etre encore plus ce qualificatif de « grand ».

Si la petitesse de leurs exploitations, si la petitesse aussi parfois de leurs moyens ne les portent pas au pinacle des classés et autres toqués du tocsin, ils font de ce métier exigeant qu’est la vigne une passion, une gageure, parfois un exploit. Je deviens carrément dithyrambique? Et alors? Lire la suite

La Femme est un client comme les autres*

Pochtronne antique

Ce matin je lisais avec une moue genre « je veux pas dire que je l’avais dit, mais… » Eva du blog Oenos. Celle-ci pond une note sur un service exécrable dans un resto, et s’insurge qu’en tant que femme, on ne lui laisse pas l’heur de choisir le vin.

Ha la la, ces bonnes femmes: il a fallu qu’elles votent, qu’elles conduisent, qu’elles ouvrent un compte en banque et désormais elles veulent aussi « s’y connaitre en vin »?

On pourrait encore leur passer ce caprice, si elles gardaient la modestie inhérente à leur sexe et à leur position, et se taisaient. Si ce n’était qu’une marotte intime, que pourrait-on leur reprocher? Lire la suite

Quand t’es dans le désert

Aujourd’hui, attaquons nous à un problème épineux: non, pas les belles-mères. La carte des vins au restaurant.

tandem

Merci pour ce moment

Hé oui, le pavé est lancé, l’entends-tu faire un gros floc dans la mare?

Parce qu’il faut bien que je l’avoue: ce qui me fait toujours frissonner, quand je découvre un nouveau resto, ce n’est pas la perspective de mal manger, en général on tombe plutôt bien, c’est la perspective angoissante de ne pas savoir quoi boire. Lire la suite

Da-Douro-ron 3*

Va rendre une morue sexy, toi.

*on ne change pas une titraille qui gagne

On se doute bien que si je parle de pinard à longueur de journée (et de nuit, souvent, merci mon métabolisme peu gourmand en sommeil, lui) c’est que d’une façon plus générale je ne crache pas non plus sur les autres plaisirs de table. Plus solides.

Forcément.

J’arrive aussi peu à comprendre les gens qui n’apprécient pas un bon repas que ceux qui disent ne pas aimer le vin. Ca me parait une monstruosité presque, un crime. Lire la suite

Des pouilly sur la tête *

*oui, j’ai cherché.

Il y a ces gens qui n’aiment pas le lundi. Genre Claude François, et Bob Geldof. Et puis y a moi.

J’aime les lundis parce que c’est mon jour de congé et donc l’occase de vadrouiller. Quand je ne cours pas les librairies, on me trouve où ? Je vous le donne en mille : chez des cavistes, pardi !

Direction Bruxelles, et un caviste donc. Y déposer quelques caisses de champagne, et puis le rencontrer tiens, parce que voir les gens en vrai, avec des os , de la chair et des sourires, c’est pas mal non plus. Cap chez Tonton Marcel. Lire la suite