Brosé in arms

menenough

Instagram @leo_eat.capture.write

Ce matin, je découvre le terme « Brosé ». La tendance à décréter des normes et des modes en reprenant des mots existants ou en les customisant (cf les hipsters devenus depuis peu yuccies) ne cesse d’être un ravissement. Néanmoins ce terme ne manque pas de m’interpeller, comme tout ce qui touche de près ou de loin au vin. Bro-sé est astucieusement formé des termes « bro » (de brother, le pote ou l’ami voire simplement un individu mâle) et de rosé, je vous fait pas un dessin: le brosé est donc le rosé des mecs. Lire la suite

My bloody valentine*

*ben quoi?

J’aime beaucoup l’Italie. Hormis quand ils jouent comme des clettes au ballon rond, même si on n’a pas le droit de le dire. Comme on n’a pas le droit de dire non plus que les français ont quand même été favorisés pas mal par l’arbitrage.

Qui aime bien charrie bien.

Trêves de plaisanterie, sinon je sens que mon cher Ornithorynque va se fâcher, j’ai cru comprendre qu’elle n’aime guère les performances footballistiques.

J’aurais bien trop peur qu’elle ne me fume.

Alors que c’est tellement mieux de fumer de la mozzarella (quelle intro, quel talent, quelle percussion, mesdames messieurs). Lire la suite

Un beau bordal, des beaux bordeaux*

*le retour des titres de la honte

Ce billet va parler de bordeaux: ne vous enfuyez pas en courant, il ne sera plus question du livre-dont-on-ne-prononce-plus-le-nom (sous peine de se faire admonester par un camp ou l’autre, mon côté crypto-complotiste-de-droite enfin révélé, le monde a le droit de savoir, mais je préfère que ça reste entre nous) mais bien de vin.

Le vrai, le qui coule dans les verres et les gosiers, parce que zut, l’essence d’un blog vin ce n’est pas de disséquer les guerres intestines qui régissent le petit monde de la toile, en sus une fois qu’on y met le nez, c’est tout de même vachement moins plaisant que de déboucher une bonne bouteille de pif.

L’essence du blog vin, c’est de parler de vin(s). Lire la suite

Life in pink*

*je peux pas me résoudre à écrire « ROSE », eurk, caca.

On ne reviendra plus sur les vins de meufs, de mecs, de gouines, de pédés, de vieillards, de trans, de portugais poilus, de hippies, de djeuns, et autres catégories absconses et absurdes.

Non, parce qu’à force, je finis par être connue « dans le milieu » (pas celui-là, l’autre) pour ça. Pas un jour sans « hé t’as vu, Sand, un rosé de nanas » ou « mate moi ce commentaire tu vas hurler ».

Et hurler à force, c’est fatigant.

Ça épuise.

Puis, surtout, on oublie un truc: toute l’énergie qu’on dépense à défoncer la connerie, c’est de l’énergie perdue pour parler de ce qui est bien.

D’où me vient ce subit accès de sagesse zen?

J’en sais rien, juste recentrons nous.

J’ai déjà écrit, dit, disserté, décortiqué en long et en large sur les raisons qui font qu’il n’existe pas de champagne de filles.

Le FAMEUX champagne de filles: le rosé.

Le champagne rosé est presque aussi déconsidéré que son confrère vinique sans bulles. C’est pas du vin, c’est un truc de boîte de nuit, de saint Tropez, des starlettes au tour de poitrine plus élévé que le QI.

Et pourtant: le champagne rosé, quand il est bien fait, honnêtement, et quand il ne veut pas s’inscrire dans une niche marketing, KESSKESSEBON.

Les bulles d’un champagne ne viennent pas du saint Esprit, pour se remémorer comment on les obtient, c’est là.

Le rosé?

Le rosé, c’est comme un champagne blanc, sauf que c’est rosé.

Bah oui, enfonçons des portes ouvertes: la façon d’obtenir la bulle est strictement la même, ce qui change, c’est le vin de départ.

Deux possibilités:

  • Soit on assemble du vin blanc et du vin rouge (dans des proportions qui regardent chaque maison de champagne) et on obtient un rosé de très clair à très foncé selon ce qu’on souhaite élaborer.
  • Soit on fait comme pour un rosé tout à fait classique: une saignée ou une presse. Rappel là.

Dire que le champagne rosé est un sous-champagne est donc complètement con. C’est un champagne différent d’un blanc, par ses arômes, par les accords qu’il offre et par sa propension à s’allier à certains plats.

Du coup, quand il y a quelques jours, on m’a fichu ce « champagne de filles » (un chaton mignon décède dans d’atroces souffrances chaque fois qu’on utilise cette expression) entre les mains, j’avais un sourire de là à là.

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Parce que le blanc de blancs de chez Laherte m’avait déjà beaucoup plu: précision, finesse. Un fouet qui claque sur une peau rougie. Même qu’on en redemande, ahem.

Laherte rosé, les beaudiers extra-brut: du pinot meunier pur.

Je le confesse, j’ai un crush pour le pinot meunier. Parce que c’est un peu le mal-aimé, parce qu’on le trouve rarement seul.  Voilà, je suis déjà à moitié acquise. Fermentation alcoolique en barriques (de minimum 4 vins) et élevage sur lies fines classique. Dosé de 0 à 5 gr/litre (je dis ça pour les maniaques, l’important c’est surtout de voir l’équilibre en bouche).

Au nez, on a de la soupe de fraises, les bonnes, celles qu’on vient juste de ramasser, toutes odorantes. Y a une pointe de jasmin, de l’iris de quoi s’en humecter le cou (ben quoi, je fait de l’imagerie « parfum » pour que les meufs puissent comprendre, hinhinhin). C’est extrêmement plaisant, mûr, sans démonstration vulgaire, sans show-off.

En bouche, la bulle est là sans être agressive, elle titille plus qu’elle ne pique, la fraise devient onctueuse, crémeuse, on est très loin d’un machin léger et court. C’est dense, en guest apparait de la cerise bien juteuse, qui tire juste assez le spotlight à elle, avant de se faire surprendre coté cour par un bouquet de pivoines. Applause!

C’est bon, c’est complet, c’est pas un jus de fillettes, c’est un vin avec de la personnalité, séducteur, complexe.

Comme on dit dans les milieux autorisés: Putain ça déchire.

And I just can’t get enough…

My name is Bomb, James Bomb*

*le retour du jeu de mot approximatif, pour toi public.

Je dois bien le confesser, je l’adore, James.

James qui? Il n’y en a qu’un seul, voyons. Bond. L’agent 007, le mec au costard et au cheveu toujours impecc’, celui qui sirote un Vesper tout en sauvant le monde.

Que celle qui ne s’est pas pâmée au moins au fois devant son élégance britannique, que celui qui n’a pas envié sa maitrise parfaite des gros engins me jette le premier diamant. Lire la suite