Trophées du vin RVF 2017

Un petit mot sur les Trophées du Vin RVF?
Allez, hop. Comme je l’avais fait en 2016, et 2015, mon avis sur les prix RVF. 
Parce que singulièrement, alors que les femmes sont très présentes dans les vignobles et les caves, elles ne trustent jamais les palmarès. Lire la suite

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Sexistes, les trophées du vin?

On évoquait la possibilité de faire un Trophée « Machos du vin » avec un tire-bouchon zizi en guise de récompense. Ça existe. Hé ouais

Hier, le monde de la bédé a été un peu secoué. En gros, pour la faire courte, au Grand prix de la bédé d’Angoulême, sur trente nommés, zéro femme. Tollé général, évidemment réaction immédiate des autrices (une centaine). Et défection d’auteurs masculins pour dénoncer le manque de représentation féminine. Angoulême a plié de mauvaise grâce concédant de nommer quelques femmes en plus des hommes déjà nommés. Lire la suite

And the winner is? *

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* pas la parité, c’est certain

Ça y est, il est connu: le blogueur de l’année RVF est Antonin!

C’est lui le vendu, le salaud, l’homme sur qui on pourra déblatérer à loisir, celui qu’on pourra accuser de collusion, voire de coucherie(s).

J’attendais, je dois bien le dire, les réactions blogosphériques, tant il est avéré qu’elles peuvent être violentes parfois. Et puis rien. Une belle unanimité, des applaudissements et à défaut, un silence discret.

Je ne suis pas seule à l’avoir remarqué: mon collègue de blog Nicolas aussi s’interrogeait hier, ce à quoi je répondis, en blaguant:

C’est pas une nana.

Puis ce matin, parce que je voulais en être sûre, je parcours la liste des lauréats. Surprise! Il n’y a aucune femme. AUCUNE. Pas l’ombre d’un bout de personnage féminin, même associé à un personnage mâle bien plus sérieux, comme ça a été le cas l’an dernier. Rappel, sur quinze récompensés en 2014, trois femmes. Dont deux partageant le prix avec un homme. Sans doute qu’on a estimé qu’un diplôme, c’était trop lourd à porter. Moi c’est pas pareil: j’avais mes muscles de camionneuse pour moi.

Les Hommes de l’année n’auront jamais aussi bien porté leur nom.

Je refuse de croire que l’ensemble de la rédaction de la RVF soit un ramassis de machos réacs. Je ne veux pas une seconde penser qu’ils sont sexistes. Il n’empêche que le résultat est là: il n’y a aucune femme dans ce palmarès.

N’y aurait-il pas de nanas dans le pinard?

Pourtant, les articles fleurissent un peu partout: femmes du vin, de la vigne, femmes de chai. La presse, les blogs nous en présentent régulièrement. Parfois comme des animaux exotiques, soit. Comme des fleurs fragiles et délicates perdues au milieu des hommes, des vrais. Il n’empêche que des femmes qui font le taf, loin de la caricature, des vigneronnes, des cavistes, des sommelières j’en connais. Des tas.

Alors, la RVF, on n’aime pas les femmes?

Je suis revenue en arrière et évidemment, à l’occasion de la journée de la femme (sic), on sort un palmarès. A ce sujet, comptez avec moi combien posent à côté de leur mari/ d’un homme validant leurs compétences. No comment.

J’ose espérer qu’un jour, peut-être pas si lointain, on aura des « trophées » égalitaires. Avec des femmes, et des hommes. Parce que là, ce que ça donne comme image du monde du vin c’est assez fermé, pour ne pas dire autre chose. Des hommes, de plus de quarante ans, au minimum. Blancs, aussi.

On aura beau dire que ce genre de récompenses ne fait pas tout, ça reste une vitrine. Une façon d’observer le monde du vin, pas la seule, pas l’unique. Mais la vertu d’exemple? La Revue des Vins de France est une institution, et qu’elle le veuille ou non, c’est à elle aussi de bosser là-dessus. Sentir l’air du temps, en récompensant un blog, en n’ignorant pas ce qui se passe sur le net, alors que d’autres revues spécialisées ne semblent pas en saisir l’importance c’est bien. En retard, puisque ça fait une bonne dizaine d’année que les blogs et les forums participent à leur façon à la comm’ du vin, mais c’est mieux que rien.

Ignorer les femmes, alors qu’elles sont une composante non négligeable de l’activité vin en France et ailleurs, c’est un peu ballot. Que les femmes soient cantonnées à n’être représentées dans la presse que par le biais d’articles ghettoïsant me casse les burnes.  Hé oui. On en parle, des femmes, mais soit en les louant de façon dithyrambique car le beau sexe est naturellement plus disposé à l’esthétisme et au goût, soit avec un paternalisme confondant. Rarement on les intègre, comme si cela était parfaitement normal.

C’est paradoxal, à la fois de réclamer l’équité totale de traitement, quel que soit le sexe puis demander à ce qu’on n’oublie pas les femmes? Pas tant.

Je ne suis pas pour l’établissement de quota (quoique belge et femme j’y prétendrais doublement, haha), je crois que seules les compétences doivent prévaloir. Sauf qu’ici, je ne peux que m’interroger: comment est-ce possible de ne pas avoir trouvé au moins une donzelle, dame, bref une créature de sexe féminin et de lui filer un truc? Et pas un tablier pour faire la bouffe, je vous vois venir.

Peut-être qu’en 2014, elles étaient occupées ailleurs, à faire des tartes?

Pas de faux procès, je me réjouis pour le punk: récompenser Antonin, c’est récompenser l’irrévérence, le vin bio, nature, etc.

Je suis assez d’accord, je suis même ravie pour lui (même si le passage sur « la réflexion d’une journée » avant d’accepter le prix me fait doucement rigoler). Il écrit bien, il est drôle, et soulève de vraies questions de fond. Il le mérite son prix.

Je regrette juste que sur douze récompenses, pas une n’échoit à une femme. Pourtant 2015 est censée être l’année de la femme dans le monde du vin. On m’aurait menti?

Rendez-vous en 2016!

(et là, c’est un souhait tout perso: envisagerait-on de changer ce nom en Hommes et Femmes de l’année que j’en rougirais d’aise, mais bon)

We are the champions*

Et bien voilà.

De retour de deux jours un peu fous à Paris, je pose mes fesses sur ma chaise et j’essaie de comprendre.

Quand j’ai reçu un mail émanant de la RVF il y a un mois et demi environ, je n’ai pas réalisé. J’ai cru à une blague. Vraiment.

Quand un photographe est venu à la cave, j’ai commencé à envisager que peut-être, c’était vrai.

Merci à lui d’ailleurs, certains de ses clichés sont très beaux (j’ai du mal à me reconnaitre, haha).

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Il a vraiment fallu que je débarque dans le salon du Bristol, avec tous ces gens, qui semblaient me connaitre en plus pour me rendre compte:

La Pinardothek remporte le prix du blog vin de l’année.

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WOW.

L’occasion de faire mon coming out: je suis un homme!

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Si si, c’est marqué, là…

Mettons tout de suite tout le monde d’accord: ce n’est pas le « meilleur » blog (d’ailleurs ça veut dire quoi meilleur), juste celui qui a marqué l’année d’après la RVF. C’est une récompense pour une année de billets logorrhéiques, de coups de gueule, de coups de cœur, de plein de rencontres.  J’en suis d’autant plus fière parce que je n’ai jamais été complaisante et je n’ai jamais fait de compromis. Et je continuerai comme ça, promis!

Comme c’est la première fois que ce prix est décerné, il y a eu maladresse: aucun blogueur ou quasi parmi les invités, pourtant ça aurait eu de la gueule de les faire participer. L’année prochaine? Encourager le livetweet, bref  faire bouger internet et les réseaux: la RVF a du boulot, encore.

Comment c’était? Au fond très intimidée, juchée sur mes plus jolis talons rouges pour me donner du courage, me voilà au Bristol.

En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, catapultée sur une scène, devant un pupitre, à devoir improviser un discours. Ma nationalité m’oblige à être drôle, c’est ainsi, chacun sa croix.

Les gens ont ri, c’est ma petite victoire.

Bon, après, ça s’est corsé quand on est venu me trouver pour que j’explique ma blague (ne faites pas ça, jamais, c’est le malaise assuré).

L’occasion aussi de découvrir à quel point les mondanités ne sont pas mon fort:

-Je n’avais pas prévu de cartes de visite, et encore moins avec le nom du blog dessus, à distribuer. Ce qui semble être un rite établi, après la poignée de mains, on échange les bristols. (Haha, bristol, merci David pour la vanne)

-Même quand tu n’as jamais rencontré la personne avant, toujours bien assurer « oui, bien sûr que je la connais, nous nous sommes vus plusieurs fois » quand on te présente à quelqu’un (MYTHO over 9000)

-Ne pas prendre peur quand un grand gaillard te tutoie et te félicite, sans se présenter. Il le fera sur facebook plus tard. Réseaux sociaux power.

-Sourire, toujours sourire. Même avec une gambas dans la main droite et un bébé au sein (bon, l’option bébé c’est moi qui l’avais rajoutée pour corser le niveau).

On nous a servi les vins des lauréats. Je n’ai pas pu re-goûter les vins de Romain, du domaine des Pothiers. Pas non plus approcher des bourgognes. Je me suis contentée (arf) de Troplong-Mondot. Vais-je encore dire du bien d’un bordeaux, suspense… Oh que oui. Velouté, adorable comme dirait Nicolas. Le bon vivant avec qui j’ai discuté, tranquille.

Il nous a aussi déniché du champagne, Roederer pour ne pas le nommer. Je n’en avais jamais goûté: j’aurais pu rester ignorante, ce n’est pas ma came. Bon.

Finalement, c’est dans les couloirs qu’on est le mieux. Y a de l’air, et on finit par croiser tout le monde en étant confortable.

Bref, beau moment.

Je suis éminemment flattée, et comme je le disais, jusqu’au bout j’ai eu du mal à ne pas croire à une blague. Parce que ce blog est né sans grandes ambitions, autres que de faire rire et d’informer. Merci Flo, c’est grâce à toi.

Et puis, je veux remercier les lecteurs, les commentateurs, tous ceux qui m’ont supportée (dans tous les sens du terme), parce que sans vous, je parlerais dans le vide, ce qui est tout de même ballot.

J’ai fêté ça hier, en petit comité avec l’excellent crémant de Jean-Pierre Rietsch, et croyez-moi, il envoie.

On peut lire une interview ici si on n’est pas encore gavé 😉

Allez: GROS KISS !