Sexistes, les trophées du vin?

On évoquait la possibilité de faire un Trophée « Machos du vin » avec un tire-bouchon zizi en guise de récompense. Ça existe. Hé ouais

Hier, le monde de la bédé a été un peu secoué. En gros, pour la faire courte, au Grand prix de la bédé d’Angoulême, sur trente nommés, zéro femme. Tollé général, évidemment réaction immédiate des autrices (une centaine). Et défection d’auteurs masculins pour dénoncer le manque de représentation féminine. Angoulême a plié de mauvaise grâce concédant de nommer quelques femmes en plus des hommes déjà nommés. Lire la suite

Brosé in arms

menenough

Instagram @leo_eat.capture.write

Ce matin, je découvre le terme « Brosé ». La tendance à décréter des normes et des modes en reprenant des mots existants ou en les customisant (cf les hipsters devenus depuis peu yuccies) ne cesse d’être un ravissement. Néanmoins ce terme ne manque pas de m’interpeller, comme tout ce qui touche de près ou de loin au vin. Bro-sé est astucieusement formé des termes « bro » (de brother, le pote ou l’ami voire simplement un individu mâle) et de rosé, je vous fait pas un dessin: le brosé est donc le rosé des mecs. Lire la suite

De la bière, des femmes, et …

La bière et la femme: parfaite combinaison !

Il y a quelques jours, j’avais bondi au visionnage d’une « pub » associant femmes et bière. Je découvre aujourd’hui que c’est pas – pas complètement- juste une pub, mais bien une initiative qui dépasse le simple marketing.

Elle émane de la maison des brasseurs et a comme invitées de « prestige » Jacqueline Galant-Lagaffe et Elke Sleurs (en charge de l’égalité des chances au fédéral, quand même).

Pour que vous compreniez pas de quoi on parle, je vous copie-colle. Lire la suite

Faites la mouche, pas la guêpe *

*merci Sttellla

Drôle de semaine: entre les communiqués de presse saint-val’ tous plus dégueulasses de rose et d’imbécillités même pas heureuses, et l’interview du mossieur « ANPAA », il y avait de quoi se trouver une grotte, tout plaquer, et vivre enfin une vie d’ermite à bouffer des glands et s’écouter pousser le poil.

La saint-valentin, j’en ai dit ce que j’en pensais déjà ici. Ce qui est désespérant, c’est qu’un an après, je peux  le réécrire pareil à la virgule près. Ou quasi (de veau).

Oh, pauvres champagnes rosés, ce qu’on fait de vous: des vulgaires roteuses pour tendrons trop maquillées. La surenchère, le too much, toujours surtout au niveau vocabulaire.

« audacieuse et séductrice » « subtilement sucrée » « des dosages subtils et féminins » « il se pare d’une belle robe franche aux reflets saumon pâle »

C’est pas compliqué pour écrire un CP bien sexiste saint-valentin en fait:

  • du rose, partout, overdose de rose
  • répéter et décliner femme, féminin, féminité
  • sous-entendre qu’on est pas là pour rigoler, mais tringler
  • c’est monsieur qui paie, et pour « plaire aux femmes », bonjour l’idée sous-jacente
  • pour pas montrer qu’on a de gros sabots, ajouter des adjectifs censément féminins (subtil, discret, timide, etc).
  • refoutre du rose, pour être sûr

La palme du communiqué le plus sexiste revient sans conteste à Duval-Leroy. Ceci dit, j’ai bon espoir encore de trouver pire, on n’est que le 31 janvier.ladyrose

Il est amusant de constater qui est à la tête de cette maison, d’ailleurs, je vous laisse googler.

Je sais qu’à moi seule, je ne changerai pas le monde, j’ai un peu parfois l’impression de gueuler dans le désert depuis trop longtemps. S’il y avait une mini prise de conscience, mais non, non. Toujours, les mêmes communiqués, le même vocabulaire, pour vendre la même came aux mêmes poules rêvées des agences de comm’. Ecrit par des nanas. Bien entendu, y a le désir du client, puis faut bien vivre et travailler ma bonne dame. Mais si on pouvait éviter les dégueulis féminostériques…

Bref.

Très belle interview, disais-je d’Alain Rigaud. Lisez, c’est assez terrible d’amalgames (ouh, le mot à la mode). On est pas rendus.

Le vin, plus dangereux que les anxiolytiques?

Hey, monsieur Anpaa, relis un peu Charles, va:

Car j’éprouve une joie immense quand je tombe
Dans le gosier d’un homme usé par ses travaux,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe
Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.

Baudelaire, ça fait toujours du bien. Mais poursuivons avec mossieur Anpaa. Pour la fine bouche, j’ai relevé ceci, au milieu du bousin:

Les jeunes et les femmes, on les attrape soit avec le packaging, soit avec le sucre

Forcément, ça m’a fait bondir. Parce que ce n’est pas une réalité: c’est une tendance marketing qu’on veut nous faire entrer dans le crâne. Pire que ça, en catégorisant les jeunes et les femmes, on se retrouve encore déresponsabilisés, sous-espèce qu’on « attrape » au sucre.

BON SANG mais c’est bien sûr. On est des guêpes.

Méfiez-vous les gars, la guêpe femelle, elle est armée d’un dard venimeux. Et elle pourrait bien s’en servir.

D’un dard à l’autre, heureusement, pour se consoler y a du saint-jo.

Dard et Ribo, duo de vigneron rhodanien qui tombe pile là où il y en avait besoin.

saintjoDans une veine « nature » (peu d’interventions, très peu ou pas de soufre), à Mercurol ils font des merveilles. Ce blanc encore tout jeune, tout bébé était pourtant délicieux: un nez complexe, autour de l’amande, de l’abricot, avec des fleurs blanches derrière. Une bouche qui surprend, vive en attaque, pleine de nerf. Puis gentiment, tendrement, elle vous montre le fruit, la rondeur, le velours même. Un poil d’amer sur la fin réveille le tout. Bref, très beau vin, très belle bouteille: le format magnum est un super révélateur pour ce style de pif. On a le temps d’en décoder toutes les nuances, d’en percevoir toutes les strates, d’effeuiller petit à petit le vin jusqu’à parvenir à son essence. Son âme? Allez, oui, sans doute.

Avant de vous la souhaiter bonne, la fin de semaine, clin d’oeil à John, vigneron romantique du minervois, qui identifie ainsi un lot, et croit qu’on ne le voit pas. Nicole étant sa chère et tendre, évidemment.

nicole

Photo de Michel Smith


Bon week-end!

Ajout de 14.00h 

Je viens de tomber là-dessus. « Les amatrices de vin rouge aiment les relations de couple sérieuses; les amatrices de vin blanc préfèrent les aventures. »

Bon, en 2015, une femme écrit encore ce genre de merdes putrides. Voilà. Et on dit que je suis reloue avec mon féminisme …

La Femme est un client comme les autres*

Pochtronne antique

Ce matin je lisais avec une moue genre « je veux pas dire que je l’avais dit, mais… » Eva du blog Oenos. Celle-ci pond une note sur un service exécrable dans un resto, et s’insurge qu’en tant que femme, on ne lui laisse pas l’heur de choisir le vin.

Ha la la, ces bonnes femmes: il a fallu qu’elles votent, qu’elles conduisent, qu’elles ouvrent un compte en banque et désormais elles veulent aussi « s’y connaitre en vin »?

On pourrait encore leur passer ce caprice, si elles gardaient la modestie inhérente à leur sexe et à leur position, et se taisaient. Si ce n’était qu’une marotte intime, que pourrait-on leur reprocher? Lire la suite

VDV #64: Vin divin, ou devil?

J’aime bien le Doc. Non, mais vraiment. Il fait partie de ces quelques rares pour lesquels j’ai sympathie ET estime. Ceci dit, après m’être d’abord écriée « mais il est génial ce thème VDV » (rendons-nous à l’évidence: la drogue), au moment d’être face à face avec mon écran d’ordi désespérément vide- oh, toi interface blanche et nue, que n’auras-tu pas plissé mon front d’albâtre, ahem- je l’ai maudit. Sur quatre générations, au moins.

Qu’est-ce qu’il nous impose donc comme thème, ce fieffé coquin?

 Pour vous, que sera le vin de demain ?!

A quoi le vin de demain devra-t-il « ressembler » pour vous convaincre dans votre passion ?!

Y’a t-il à votre connaissance des vignerons qui font déjà le vin de demain ?!

Va-t-on dans le mur, ou passerons-nous à travers ?!

Hé ben, on a pas l’cul sorti des ronces, moi je vous le dis.

Quel rat! Le rat devil!

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Le sexYsme au mètre*

Le billet d’humeur de ce week-end va être un beau brol, parce que cette semaine l’a été aussi; d’abord un mot sur l’affaire Giboulot qui a secoué les réseaux sociaux. Je suis restée très en retrait, préférant lire et m’informer avant de balancer des conneries plus grosses que moi. Un exploit. Je ne suis pas plus avancée. Et ce sera l’occasion d’un peu de géopolitique belge, tiens. Les lecteurs les plus sagaces ne sont pas sans savoir que je suis moitié wallonne, moitié flamande. Ce qui fait d’une part mon amour pour la rigolade et la fronde, de l’autre mon respect absolu des règles, même quand elles sont un peu absurdes. Lire la suite