Vins du futur?

barouilletJe me pose beaucoup de questions. Beaucoup trop, eu égard à mon rapport sommeil-activité, pour lequel le premier est largement en déficit.

Parmi celles-ci, en revient une: quelle sera la gueule du vin du futur?

Imaginons – projetons nous un peu – dans vingt ans, que boirons-nous?

Comment vont évoluer nos goûts, nos habitudes, nos envies? Lire la suite

Le vin nature encadré?

Maintenant que tout le monde s’est un peu calmé dans la blogosphère, que les billets assassins succédant aux commentaires perfides, que les imprécations, les insultes, et la mauvaise foi ont un peu déserté les réseaux sociaux, on va pouvoir parler de cette fameuse reconnaissance des vins nature (ou naturels, va déjà falloir se mettre d’accord les biquets).

Je ne le cache pas: j’aime beaucoup certains vins nature (et parfois, souvent corollairement les vigneron(ne)s au bout de la grappe). J’ai très souvent expliqué, réexpliqué pourquoi je pense qu’ils sont à mon sens plus intéressants, à plusieurs titres que d’autres types de vins. C’est une opinion.  Pas tous: il existe une frange de vins mal foutus, mal torchés, malhonnêtes. C’est un fait. Lire la suite

Le (dé)goût ça s’apprend*

Parfois, l’envie d’écrire un billet me prend comme ça, dans les situations les plus improbables.

Mettons -pour ceux qui ont suivi, j’ai fait l’acquisition il y a quelques mois d’une minuscule crevette devenue grosse gamba- que je sois en train de nourrir l’engin.

Je me refuse aux pots-tous-prêts donc tous les matins je prends le temps de découper, peler, préparer des légumes. Variés. De saison, si possible. Ce matin, c’était mâche et patate. Cuite, la mâche (essentiellement pour des raisons turpides et digestives que je m’abstiens de commenter plus avant). Première fois pour moi, mais dans ma caboche: ça ressemble à des épinards, et puis on cuit certaines salades, celle-ci est toute fraiche, allons-y.

Mise en route du cuiseur vapeur, quand soudain… Lire la suite

Le brame du caviste, le soir au fond des bois*

*l’appel de la nature.Parfois je me fais peur, vous savez?

Aujourd’hui je vais écrire en tant que caviste. Même si je ne le mets jamais tout à fait de côté, j’essaie souvent sur ce blog de m’ouvrir un peu plus. A d’autres choses. D’autres vins. Parce qu’il serait dommage de se priver de goûter ce que je ne peux pas , pour un tas de raisons, vendre.

Mais une énième discussion sur facebook, en réaction au billet de David sur les natures me fait penser que parfois entre les amateurs stricts et ceux qui en plus vivent de la vente du vin, il y a parfois des fossés. Je m’explique.

On ne peut pas dissocier pour moi une bouteille de son coût. Et que toute cette imagerie carpe diem machin plaisir quand il est là aléatoire n’a pas sa place chez moi. Ou dans une moindre mesure. Je ne vends pas des émotions aléatoires. Je vends du vin, point. Duquel j’exige certaines qualités.

Les quilles sur lesquelles on ne peut pas compter, ça m’emmerde. Peut être que je vieillis mais des canons à boire en une demi heure parce qu’au-delà ce n’est plus bon ça me soule. Et d’autant plus que je sais qu’on peut bosser sans soufre et être stable. Les exemples de vignerons qui bossent propre et dont les vins sont stables et sans défauts ne manquent pas. Le défaut, ce n’est pas une réduction (qui peut arriver potentiellement à tous les vins) et qui n’est qu’un souci ponctuel et réversible. Le défaut, c’est une bouteille rendue imbuvable: piquée, oxydée, bouchonnée, etc.

Je n’ai  pas envie d’accepter n’importe quoi sous prétexte que c’est propre. Ne nous méprenons pas je suis sensible à l’émotion qui peut se dégager d’un vin, qui ne serait pas strictement dans les clous. J’aime aussi retrouver la personnalité du vigneron quand je goûte son vin.  Mais ce serait pousser l’anthropomorphisme trop loin que de dire que si l’on accepte des défauts chez les hommes, on peut bien aussi les accepter chez les vins.

Et puis, cette opposition systématique entre les vins chiants et les autres…

Les vins « conventionnels » seraient tous sans âme et chiants et les supers natures forcément toujours géniaux et parés de toutes les vertus?

Non. Le souci c’est qu’on parle un peu trop de ce qu’il y a autour avant de s’attacher au goût. C’est tout de même ça l’important, non?

Dans mon métier, il faut bien comprendre que mon conseil s’arrête à la porte de la cave. Je ne suis pas chez les gens a goûter avec eux. Bref. J’en ai marre d’entendre ou de lire que vendre du vin (nature ou non) c’est tout con.

Ce n’est pas « tout con ». Je ne fais pas bar à vin, je ne fais pas déguster (hors séance mensuelle payante et à thème), du coup le gars qui vient m’acheter du pinard ne se fie qu’à moi et mon conseil, il n’a rien d’autre comme choix. Étant donné que la plupart sont des clients réguliers (80 % je dirais), j’ai intérêt à ce qu’ils reviennent. Or, si je leur propose des vins qui se retrouvent systématiquement barrés, ils ne reviendront pas… Les gens qui vont vraiment chercher à comprendre pourquoi le vin est barré sont une très petite minorité. Les grands amateurs, les pointus représentent une minorité faut en être conscients. Comme le fait d’aller chez un caviste est un réflexe minoritaire. Alors, mes clients, je veux les chouchouter: je veux être sûre qu’ils aiment ce qu’ils ont choisi, sinon je ne  passerai pas parfois 30 min à conseiller une quille à 8 euros. La plupart des clients paient une bouteille, attendent que ce soit bon, point. Voilà pourquoi je bosse avec certains natures, que j’aime, qui me semblent « stables » (comprendre: qui ont des réactions normales de vin qui vit, mais qui restent buvables).
Je le redis: je suis persuadée qu’on peut faire des très bons natures, et qu’une frange des natures est tout à fait incorrecte mais défendue par certains parce que c’est l’idéologie qu’ils défendent plus que le vin.

Je goûte à tout, avant-hier j’ai bu un excellent carignan sans soufre (stable, haha, vu qu’il est là depuis quelques mois, qu’il a un peu évolué arômatiquement mais sans dévier).

Quand vient le moment de choisir les vins que je vendrai, un tas de choses rentrent en compte. Oui.

Le goût, l’histoire, le vigneron. Le fait qu’il soit « propre » ou non (je n’aime pas tellement ce terme qui sous-entend que les autres sont sales mais je n’en ai pas de meilleur). Le prix. Et même mon goût, puisque je l’impose. En exemple: je ne bosse quasi que des champagnes très peu, voire pas dosé.  A ma grande surprise, il parait que c’est un marché de niche: il se trouve que pour moi ils sont plus intéressants comme ça, et donc j’impose cette vision à mes clients.

Tout le monde n’est cependant pas prêt à entendre de la pédagogie trois heures à chaque achat. Certains oui, et c’est un bonheur de transmettre le peu que je sais, mais pas tout le monde.  L’idéal serait qu’on puisse prendre n’importe quelle bouteille dans un rayon, sans moi, et ne jamais être déçue. Voilà pourquoi il est si difficile de tenir une sélection cohérente. Voilà pourquoi j’essaie tant que je peux de laisser place à la poésie mais il faut qu’elle soit cadrée pour rester belle. Et puis j’ai toujours été partisane de la tolérance et de l’ouverture, alors j’essaie de pas m’enfermer ni dans un sens ni dans l’autre.

Je vous jure, on fait pas des métiers faciles …

Esthétique du cool, ça va trancher chérie*

Some cool stuff

*je sais pas titrer, on en est tous conscients.

Il me turlupine depuis quelques jours ce billet. Mais emménagement épique (et j’ai pas encore déménagé la cave, haha, qu’est-ce qu’on va se marrer) et accouchement imminent j’ai du mal à trouver de l’énergie pour rassembler mes quelques neurones et écrire ici des conneries des jolis billets bien ficelés.

Sauf que là, nantie de mon seul courage et de deux biscottes wasa, je me lance.

J’aime beaucoup ce blog et in extenso son auteur, parce qu’il y a souvent un paquet de choses intéressantes à y lire. Mais cet article précisément m’a fait tiquer.  Lire la suite